Al Boraq, un concept de billetterie puisé dans le « yield management »

La billetterie du TGV s’est inspirée du « yield management », système de gestion tarifaire adopté par les opérateurs de transport aérien, en comprenant des paramètres comme la date d »achat, l’heure du voyage, la classe choisie, le niveau de flexibilité et les cartes de réduction.

Mohamed Rabiï Khlie, PDG de l’Office national des Chemins de Fers (ONCF) a révélé, ce vendredi 16 novembre à Tanger, la grille tarifaire tant attendue du TGV. Une annonce qui vient mettre fin aux rumeurs évoquant un prix exorbitant (800 à 1000 dhs).   « Le ferroviaire est un transport de masse, et non un moyen de locomotion de luxe. Nous ne sommes pas entrain de construire un hôtel de luxe pour une clientèle étrangère, mais prenons bel et bien en considération la réalité de la chose », a expliqué M.Khlie. « Les recettes de la Ligne à Grande Vitesse ont été étudiée en adéquation avec le pouvoir d’achat des passagers, et qu’il seront compensée avec un coût d’exploitation rationalisé et optimisé », a-t-il ajouté. Il donne l’exemple, entre autres, de l’effort requis pour la maintenance de LGV, qui sera « moindre que pour une ligne normale au vu du trafic élevé que connaissent ces dernières ».

La billetterie a été conceptualisée suivant le modèle adopté par les compagnies aériennes. Il est flexible, et le prix du billet varie selon plusieurs paramètres :  date d »achat, heure du voyage, classe choisie, niveau de flexibilité et carte de réduction. Par exemple, un trajet coûtera moins de 10% de son tarif initial si le billet est acquis 24h avant le départ. Idem pour l »heure du voyage, car les trajets aux heures de pointes en 2e classe reviendront plus cher que ceux en période de faible affluence. De même, il est possible de bénéficier de tarifs promotionnels, à condition de réserver au minimum 7 jours à l »avance des tickets qui seront non-échangeables et non-remboursables. Pour un billet de première classe, les prix augmenteront progressivement selon l »évolution des ventes jusqu’à l’instant de départ.

Dans un autre registre, le responsable s’est montré offensé de voir la LGV être qualifiée de projet purement français . »Nous n’avons pas donné l’argent aux français en leur disant de nous installer une LGV.  Nous avons veillé à ce que la maîtrise d’ouvrage soit assumée par l’ONCF. Au volet du Génie civil, qui a représenté 60% de l’enveloppe budgétaire, 90% des travaux ont été réalisés par des entreprises marocaines, avec un coût au kilomètre très compétitif. Au niveau des doublement, nous sommes autonomes à 80% », a-t-il tenu à préciser.