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Prix, obligataire, actions, pétrole : La lecture de BKGR sur la désinflation

Retombée à -0,3% en août, l’inflation reste principalement tirée par le recul des prix alimentaires. BMCE Capital Global Research y voit davantage un effet d’offre qu’un affaiblissement de la demande, avec un environnement plutôt favorable aux obligations et aux valeurs de consommation.

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L’inflation reste particulièrement faible en 2026, mais sa trajectoire ne traduit pas, à ce stade, un affaiblissement de la demande intérieure. Après avoir culminé à 1,7% en avril, elle est retombée à -0,3% en août, après -0,6% en juillet. Dans une note consacrée à la soutenabilité de la désinflation au Maroc, BMCE Capital Global Research estime que le recul des prix reste avant tout lié à l’amélioration de l’offre agricole et à la baisse des prix alimentaires. Une configuration favorable au pouvoir d’achat et, plus largement, aux actifs domestiques, même si les risques énergétiques continuent de peser sur les perspectives

La baisse reste en effet largement concentrée sur l’alimentaire, dont les prix reculent de 3,9% en glissement annuel. À l’inverse, les prix non alimentaires progressent de 2,5% et l’inflation sous-jacente revient légèrement en territoire positif à 0,1%. Autrement dit, le mouvement désinflationniste ne s’est pas diffusé à l’ensemble de l’économie.

Cette configuration s’explique en grande partie par le redressement agricole. La meilleure pluviométrie de la campagne 2025-2026 s’est traduite par une hausse de 18,4% de la valeur ajoutée agricole au premier trimestre, améliorant la disponibilité de plusieurs produits alimentaires. Pour BMCE Capital, la baisse des prix relève donc davantage d’une normalisation de l’offre que d’un recul de la demande.

Une demande intérieure toujours solide

Les données d’activité confortent ce diagnostic. Le PIB a progressé de 4,6% au premier trimestre, tandis que la demande intérieure augmentait de 6,5%. La consommation finale des ménages a avancé de 4,6% et l’investissement brut de 10,8%. Des niveaux qui écartent, pour l’heure, le scénario d’une désinflation liée à une contraction généralisée de la dépense privée.

La détente des prix alimentaires peut même constituer un facteur de soutien à la consommation, en améliorant le revenu disponible réel des ménages. Le scénario central reste ainsi celui d’une inflation faible à court terme, avant une normalisation progressive. Bank Al-Maghrib table désormais sur une inflation moyenne de 0,7% en 2026, puis de 1,5% en 2027.

Dans ce contexte, le maintien du taux directeur à 2,25% en septembre confirme la posture d’attentisme de la Banque centrale. La faiblesse de l’inflation ne suffit pas, à elle seule, à justifier un nouvel assouplissement immédiat, d’autant que la demande intérieure reste robuste et que les risques énergétiques demeurent élevés. bkgr-flash-express-inflation-20…

Obligations et valeurs de consommation bien orientées

Cette configuration reste globalement favorable aux actifs domestiques. Sur le marché obligataire, la faiblesse de l’inflation améliore le rendement réel des placements à taux fixe et soutient les actifs de duration. Mais le potentiel de détente supplémentaire des rendements apparaît plus limité, une partie de l’environnement désinflationniste étant déjà intégrée dans les niveaux actuels de taux. Les besoins de financement du Trésor et les incertitudes géopolitiques pourraient également freiner une nouvelle baisse marquée de la courbe. Les obligations conserveraient néanmoins un profil attractif en matière de portage et de préservation du capital.

Côté actions, les valeurs tournées vers la consommation domestique pourraient profiter de l’amélioration du pouvoir d’achat et d’un éventuel regain des volumes. BKGR cite notamment Label Vie, Lesieur Cristal, Mutandis, Dari Couspate et SBM parmi les sociétés susceptibles de bénéficier de cette dynamique. bkgr-flash-express-inflation-20…

Le pétrole reste le principal risque

Le principal point de vigilance vient désormais de l’énergie. Un Brent durablement installé autour de 130 dollars le baril pourrait ajouter entre 0,8 et 1 point à l’inflation sur six à douze mois et porter la facture énergétique annuelle autour de 175 milliards de dirhams.

À l’inverse, un retour du Brent entre 60 et 80 dollars pourrait retrancher de 0,2 à 0,6 point à l’inflation et ramener la facture énergétique entre 107 et 128 milliards de dirhams. Un tel scénario prolongerait la désinflation, soutiendrait le pouvoir d’achat et offrirait davantage de latitude à Bank Al-Maghrib.