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Agadir : Une offre hôtelière à renforcer

La ville a réalisé une bonne saison estivale, avec des taux d’occupation frôlant les 80% en août. Mais les professionnels tirent la sonnette d’alarme : sans nouvelle offre, la destination plafonne.

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A gadir et Taghazout Bay ont passé un bel été. La destination a tenu ses promesses, maintenu sa trajectoire et confirmé sa place dans le peloton de tête des destinations touristiques du Royaume.

Septembre se maintient dans la même dynamique. Et du côté de Taghazout Bay, les hôteliers, portés par une demande déjà bien orientée, s’attendent à un excellent mois d’octobre.

La machine touristique tourne dans la région. Mais à Agadir, elle, tend à toucher ses limites. Les chiffres d’août 2026 traduisent cette réalité avec précision.

Globalement, les arrivées progressent de 2,4% par rapport à août 2025, les nuitées de 2,64%. Le taux d’occupation moyen dans les hôtels classés franchit la barre symbolique des 80%, à 80,34%.

Sur les huit premiers mois de l’année, la tendance est encore plus marquée : arrivées en hausse de 4,59%, nuitées de 6,71%, taux d’occupation à 68,67% contre 65,93% en 2025. Agadir tourne bien. Très bien, même.

Le segment 5 étoiles continue de tirer la croissance. En août, les arrivées dans cette catégorie bondissent de 7,86% et les nuitées de 10,89%. Sur les huit premiers mois, la progression est spectaculaire : +23,93% en arrivées et +26,82% en nuitées. Le repositionnement de la destination sur le haut de gamme produit ses effets. Taghazout Bay, avec ses établissements haut de gamme, incarne cette montée en puissance.

La diversification des marchés se poursuit. La Pologne confirme sa montée en puissance avec +43,3% d’arrivées sur les huit premiers mois. Les Pays-Bas affichent +53,27%, le Portugal +14,33%, le Canada +23,4%.

Ces marchés viennent enrichir un mix historiquement concentré sur le Royaume-Uni et la France. Le marché britannique reste le premier marché étranger avec 246.431 arrivées cumulées et une durée de séjour en hausse à 5,80 nuits. La France, en revanche, recule de 3,77% sur le cumul et de 12,23% en août. Un signal à surveiller.

Le marché national progresse de 4,54% sur les huit premiers mois, représentant plus de 51% des arrivées en août. La clientèle marocaine à fort pouvoir d’achat reste un pilier structurel de la saison estivale.

Mais c’est ici que la question de fond se pose. Salah Eddine Benhamane, président du CRT Agadir Souss-Massa, le dit sans détour : Agadir arrive à saturation.

Avec un taux d’occupation frôlant les 80% en haute saison et une capacité de 31.827 lits, la marge pour absorber une demande supplémentaire sans nouvelle offre est limitée. Les compagnies aériennes renforcent continuellement leur desserte sur Agadir (nouvelles routes, nouvelles fréquences, nouveaux marchés).

Cette connectivité aérienne croissante est un atout précieux qui ne peut produire tout son effet qu’à condition que la capacité d’hébergement suive.
Deux chantiers s’imposent. Le premier: investir dans une nouvelle offre hôtelière.

Pas pour croître à tout prix, mais pour ne pas laisser filer une demande que la destination n’est plus en mesure d’absorber. Le second concerne les 4.500 lits vétustes encore présents dans la destination.

Ces établissements dégradés pèsent sur l’image globale et occupent un foncier précieux. Leur mise sur le marché à un juste prix, leur rénovation ou leur reconversion ne peuvent plus attendre.

Le statu quo n’est plus une option dans une destination qui joue désormais dans la cour du premium.Agadir a réussi sa saison. La prochaine étape est de se donner les moyens de faire mieux. Et cela passe par l’investissement, pas seulement par de bons chiffres.