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Agriculture

OCP met les femmes au cœur de la transformation

Une conférence internationale organisée à Benguerir a permis d’identifier des solutions concrètes et des modèles pouvant être déployés à plus grande échelle, afin de renforcer le rôle des femmes dans les systèmes agricoles.

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À Benguerir, la place des femmes dans les systèmes agricoles et alimentaires était au centre d’une rencontre internationale organisée du 15 au 17 septembre par le groupe OCP, en collaboration avec l’UM6P à travers son initiative Al Moutmir.

L’événement, inscrit dans le cadre de l’Année internationale des agricultrices 2026, avait pour thème «Where Women Lead, Food Systems Transform».

Agricultrices, scientifiques, entrepreneures, experts, acteurs publics et représentants d’institutions internationales et d’organismes de développement ont participé aux travaux.

Objectif : faire émerger des solutions concrètes et des innovations de terrain, mais aussi identifier des modèles susceptibles d’être déployés à plus grande échelle. Dès l’ouverture, le constat était posé : «Les femmes agricoles sont déjà centrales dans les systèmes alimentaires». L’enjeu est désormais d’«avancer vers des solutions et des actions».

La première journée a été consacrée aux leviers économiques, scientifiques et technologiques. Un premier panel a notamment abordé l’accès au financement, au crédit et à l’assurance, la réduction des risques, ainsi que le développement des entreprises agricoles dirigées par des femmes, des coopératives et des mécanismes d’agrégation.

Du financement à l’innovation
Les échanges ont aussi porté sur la manière de considérer les agricultrices. «Nous parlons souvent des femmes agricultrices en termes de participation, de vulnérabilité ou de bénéficiaires du développement», a-t-il été relevé. L’objectif est, au contraire, de les considérer comme des «actrices économiques, dirigeantes, entrepreneures et créatrices de valeur».

Le deuxième panel a placé la science, les données et l’innovation au centre des discussions. Un constat s’est particulièrement dégagé : «Si les femmes ne sont pas vues dans nos données, elles ne peuvent pas être vues dans nos politiques». Il ne s’agit donc pas seulement de compter les femmes présentes dans l’agriculture, mais de comprendre leurs contributions : tâches réalisées, rémunération, transformation des produits ou encore partage de la valeur.

Les participants ont également insisté sur la nécessité de faire évoluer la recherche agricole. Les agricultrices ne doivent pas être de simples bénéficiaires des technologies développées par les chercheurs, mais participer à leur conception.

«L’impact est créé quand les agriculteurs deviennent partenaires de l’innovation», a souligné Pooja Bhatnagar-Mathur, de l’IAEA. Cette logique de co-innovation suppose également de mieux mesurer les effets des solutions déployées : non seulement la production ou les revenus, mais aussi le temps de travail économisé, l’accès aux services et le contrôle des revenus générés.

La deuxième journée a porté sur les conditions permettant de transformer les solutions identifiées en politiques, programmes et modèles déployables à grande échelle.

Une présentation de la feuille de route mondiale de la FAO pour la sécurité alimentaire dans le contexte de l’action climatique figurait également au programme.

Un projet de conservation agricole associant notamment Al Moutmir et le ministère de l’Agriculture a ainsi été présenté. Selon les éléments communiqués lors de la rencontre, il concerne quelque 120.000 femmes et pourrait permettre d’économiser jusqu’à 10 millions d’heures de travail physique par an, avec la possibilité de réorienter ce temps vers l’agro-transformation ou l’agro-commerce.

La rencontre s’est achevée par une immersion dans les parcelles de démonstration Al Moutmir et auprès de coopératives féminines accompagnées dans la province de Rhamna, ainsi que par la mise en avant de start-up portées par de jeunes femmes et de participantes aux Summer Camps Al Moutmir Next Gen.

L’enjeu : faire des femmes des actrices à part entière de la transformation économique, scientifique et entrepreneuriale des systèmes agricoles et alimentaires.