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Ismaïl Saibari. D’un handicap moteur à l’éclosion d’une star

Né en Espagne, formé en Belgique et révélé aux Pays-Bas, il a construit son ascension loin des trajectoires toutes tracées, malgré une enfance difficile, marquée par des problèmes de motricité.

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C’est le 28 janvier 2001 qu’il est né à Terrassa, en Espagne, de parents marocains. Ismaïl Saibari appartient à cette génération de joueurs marocains façonnée par plusieurs territoires et cultures.

Il rejoint la Belgique avec sa famille à l’âge de six ans, un déplacement motivé par la recherche de meilleures perspectives professionnelles. C’est là que son histoire sportive prend véritablement forme.

Avec la sélection marocaine, Saibari a longtemps été identifié comme un milieu offensif susceptible d’évoluer sur les ailes.

La Coupe du monde 2026 lui a offert un rôle nouveau. Mohamed Ouahbi, l’entraineur de l’équipe nationale, l’a repositionné dans l’axe, comme avant-centre, afin d’exploiter davantage ses appels dans le dos des défenses et sa capacité à attaquer la profondeur.

Le choix a immédiatement porté ses fruits. Face au Brésil, lors de l’entrée en lice du Maroc, Saibari a ouvert le score en première période.

Servi par Brahim Diaz après une récupération au milieu de terrain, il a profité de l’hésitation de la défense brésilienne et de la sortie d’Alisson pour glisser le ballon au-dessus du gardien.

Le Maroc obtient finalement le nul (1-1), mais le but du joueur du PSV donne le ton d’une première sortie convaincante face à l’une des puissances du football mondial. Contre l’Écosse, lors de la deuxième journée, il récidive.

Saibari inscrit l’unique but de la rencontre après seulement 71 secondes, offrant au Maroc une victoire 1-0. Avec deux buts lors de ses deux premières apparitions dans le tournoi, il devient le deuxième joueur africain, après Mohamed Salah, à réussir une telle entrée en matière en Coupe du monde.

Avant ces prouesses et ces réalisations hors norme, Saibari a dû faire face à une bataille de taille, la première de sa vie et la plus intime.

À la télévision, lors de différentes interviews et émissions, le joueur a raconté les difficultés motrices rencontrées durant sa petite enfance.

À deux ans, Saibari avait du mal à marcher en raison d’un problème congénital. Il a dû porter pendant plus d’une année un appareil orthopédique destiné à maintenir ses pieds droits et à l’aider à acquérir une marche normale.

À ce stade, il n’était évidemment pas question de carrière sportive ni de football professionnel, seulement de pouvoir marcher.

Des années plus tard, cette épreuve a donné une profondeur particulière au parcours d’un joueur dont les courses, la puissance et les changements de rythme sont devenus des marqueurs.

40 millions d’euros
Saibari commence à jouer, d’abord à Terrassa, avec l’espoir de rejoindre un jour la formation du FC Barcelone. Mais, le départ de sa famille vers la Belgique modifie sa trajectoire.

Il passe alors par plusieurs structures locales, notamment Willebroek-Meerhof, Beerschot, Anderlecht, Malines et Genk. Son passage à Anderlecht est particulièrement révélateur de son tempérament. Libéré à 14 ans après une baisse de forme, à la veille d’une nouvelle saison, il vit cet épisode comme un coup d’arrêt.

Le joueur a ensuite raconté qu’il avait été écarté en raison de son poids. Mais ce revers ne le détourne pas de son objectif. Soutenu par sa famille, il poursuit son apprentissage et se forge une capacité de résilience qui accompagnera toutes les étapes suivantes de son ascension.

Son arrivée au PSV Eindhoven marque un tournant. Il rejoint le club néerlandais en 2020, avant d’intégrer l’équipe première en 2022. Ses débuts ne sont pas faciles.

Sa première saison en Eredivisie est marquée par les blessures. De plus, il dispute 17 rencontres sans inscrire le moindre but. Malgré cela, cette période lui a permis de gagner en maturité et de construire son mental. Ce qui l’a aidé à changer son comportement avec le ballon.

La saison dernière, le milieu offensif a inscrit 15 buts en 27 apparitions d’Eredivisie, participant au troisième titre de champion des Pays-Bas consécutif du PSV.

Désigné joueur de l’année du championnat néerlandais, il s’est imposé comme l’un des éléments les plus influents de son équipe. Il faut dire que sa polyvalence explique en partie cette montée en puissance.

Officiellement milieu offensif, il peut également évoluer en pointe ou sur un côté. Avec son gabarit, sa vitesse dans les appels, sa capacité à casser les lignes et sa présence dans la surface, il possède le profil d’un joueur capable de relier la construction à la finition.

Cette progression se reflète aussi dans sa valorisation. Selon Transfermarkt, Ismaïl Saibari est évalué à 40 millions d’euros.

Toutefois, son parcours ne se résume pas à une progression statistique ou à une valorisation de marché. Il raconte aussi la trajectoire d’un enfant qui a dû apprendre à marcher, d’un adolescent écarté d’un centre de formation, puis d’un joueur devenu décisif sur la plus grande scène internationale.