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Tan-Tan : Un futur hub énergétique au Royaume

Portée par un potentiel solaire et éolien exceptionnel, des infrastructures en pleine mutation et des investissements de plusieurs centaines de milliards de dirhams, la région de Guelmim-Oued Noun s’impose comme l’un des territoires stratégiques de la transition énergétique marocaine.

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Longtemps considérée comme la porte du Sahara et un territoire de transit entre le nord et le sud du Royaume, la région de Guelmim-Oued Noun est aujourd’hui en train de changer d’échelle.

Grâce à une combinaison rare de ressources naturelles, d’infrastructures stratégiques et d’une volonté politique affirmée, elle s’affirme désormais comme l’un des principaux moteurs de la transition énergétique du Maroc.

Au cœur de cette transformation se trouvent les énergies renouvelables et l’hydrogène vert, deux filières appelées à jouer un rôle central dans la souveraineté énergétique du Royaume et dans son positionnement sur les marchés internationaux de l’énergie décarbonée.

La région dispose, en effet, d’atouts naturels exceptionnels. Avec plus de 3.000 heures d’ensoleillement par an, elle figure parmi les zones les plus irradiées au monde.

À ce potentiel solaire s’ajoutent des vents réguliers soufflant entre 8 et 10 mètres par seconde sur le littoral atlantique, ainsi que de vastes réserves foncières faiblement soumises à la pression urbaine. Ces caractéristiques font de Guelmim-Oued Noun un terrain particulièrement favorable au développement de projets énergétiques de très grande envergure.

Projets structurants validés
Cette vocation a été consacrée par l’Offre Maroc hydrogène vert lancée par le gouvernement. La région figure parmi les territoires prioritaires retenus pour accueillir les futures infrastructures de production d’hydrogène vert.

Le site de Chbika 1, dans la province de Tan-Tan, a notamment été identifié comme une zone stratégique pour le développement de projets intégrés associant énergie solaire, énergie éolienne, dessalement de l’eau de mer et électrolyse.

L’ambition est claire : produire un hydrogène vert compétitif destiné à l’exportation vers les marchés européens, en s’appuyant sur des infrastructures logistiques modernes et sur la proximité de l’Atlantique.

Cette vision s’inscrit pleinement dans la stratégie nationale bas carbone et dans les engagements du Maroc en matière de transition énergétique.
Parallèlement, la région consolide son rôle dans la production d’électricité renouvelable.

Plusieurs projets structurants sont déjà engagés ou validés. Parmi eux figure le projet éolien d’Aferkat, dans la province de Guelmim, doté d’une capacité de 100 MW pour un investissement estimé à 1,2 milliard de dirhams. À celui-ci s’ajoute le projet solaire Nour Atlas Tan-Tan, également d’une capacité de 100 MW, mobilisant un investissement de 311 millions de dirhams.

Un troisième projet solaire complémentaire à Guelmim-Assa prévoit, lui aussi, une puissance de 100 MW pour un montant de 460 millions de dirhams.

Au total, quatre projets d’énergies renouvelables ont déjà été validés au niveau régional. Ils devraient générer près de 2.500 emplois permanents et plus de 10.000 emplois durant les phases de construction, tout en favorisant l’émergence d’un tissu industriel local spécialisé dans la maintenance, la logistique, le câblage et le génie civil.

Mais c’est sans doute le projet PTX Chbika qui symbolise le mieux les ambitions de la région. Signé le 28 octobre 2024 à Rabat lors de la visite d’État du Président français, Emmanuel Macron, sous la présidence de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, ce projet constitue l’un des investissements les plus emblématiques de la nouvelle économie verte marocaine.

Implanté dans la province de Tan-Tan, il représente un investissement de 5,6 milliards de dollars. L’objectif étant de développer un complexe intégré capable de produire de l’hydrogène vert à partir d’électricité renouvelable et d’eau de mer dessalée, avant de le transformer en ammoniac vert destiné à l’exportation.

Le projet prévoit le déploiement d’un gigawatt de capacités solaires et éoliennes intégrées. À terme, il permettra la production d’environ 200.000 tonnes d’ammoniac vert par an destinées aux marchés européens. Les études d’ingénierie avancées sont actuellement en cours après la validation de la phase préliminaire de conception.

Au-delà de sa dimension industrielle, PTX Chbika constitue un véritable projet de territoire. Plus de 12.000 emplois directs et indirects sont attendus. Il favorisera également l’émergence de nouvelles filières de formation technique et contribuera à l’industrialisation du corridor Tan-Tan-Chbika-El Ouatia.

Cette dynamique s’accompagne de la création d’une vaste zone énergétique de 5.000 hectares à El Ouatia, appelée à devenir l’un des principaux centres de production, de stockage et d’exportation d’hydrogène du Royaume.

La modernisation du port de Tan-Tan et la planification d’un futur port dédié aux énergies propres viendront compléter cet écosystème en offrant un corridor logistique performant vers l’Europe.

L’intérêt des investisseurs internationaux confirme le potentiel du territoire. Plusieurs consortiums majeurs ont déjà annoncé leur engagement. Le consortium Nareva développe des projets liés à la production d’ammoniac, de carburants industriels décarbonés et d’acier vert, avec un investissement estimé à 5,5 milliards de dollars.

Les groupes UEG et China Three Gorges portent, quant à eux, un projet d’unité d’ammoniac vert représentant près de 2,85 milliards de dollars d’investissement.

Au total, les projets énergétiques associés au solaire, à l’éolien et à l’hydrogène vert pourraient mobiliser plus de 250 milliards de dirhams d’ici 2030. Cette trajectoire fait de Guelmim-Oued Noun bien plus qu’une région de production énergétique : elle la positionne comme une future plateforme industrielle, technologique et logistique au service de la décarbonation de l’économie marocaine.

À l’heure où le monde recherche de nouveaux pôles de production d’énergies propres, Guelmim-Oued Noun dispose de tous les ingrédients pour devenir l’un des hubs énergétiques majeurs du continent africain.

Entre soleil, vent, hydrogène vert et infrastructures de nouvelle génération, la région est en train de bâtir les fondations d’un nouveau modèle de développement, capable de conjuguer croissance économique, création d’emplois et transition écologique.