Au Royaume
Vidéo. Akhannouch fustige l’exploitation électorale de la question des sacrifices de l’Aïd
Le chef du gouvernement a défendu le bon déroulement de la l’Aïd et appelé à recentrer le débat public sur les programmes et les politiques publiques plutôt que sur la polémique.
Lors de son intervention consacrée aux questions orales au sein du Parlement, Aziz Akhannouch a vivement critiqué ce qu’il considère comme une tentative d’instrumentalisation politique de la fête religieuse et du débat autour des moutons. Le chef du gouvernement a dénoncé une dérive qu’il juge «électoraliste» et éloignée des préoccupations réelles des citoyens.
«Certains ont décidé de construire leur programme électoral sur le mouton», a-t-il lancé, en référence à des prises de position politiques récentes qu’il estime réductrices. Pour lui, cette approche traduit un appauvrissement du débat public : «Est-ce qu’ils n’ont pas de programme électoral ? N’ont-ils pas rencontré les citoyens pour connaître leurs besoins ?»
Selon Aziz Akhannouch, la question du développement ne peut être réduite à des sujets conjoncturels ou symboliques. Il s’interroge ainsi sur la vision portée par ses opposants : «Est-ce que la vision de développement qu’ils proposent pour notre pays se résume uniquement au mouton ?»
Le Chef de l’Exécutif a également défendu le bon déroulement de la période de l’Aïd, estimant que les familles marocaines ont pu accomplir le rituel dans des conditions globalement normales. «Les familles qui souhaitaient acquérir un mouton ont pu le faire dans des conditions ordinaires», a-t-il affirmé, soulignant que l’offre était disponible sur les marchés et que les prix restaient variés.
Il reconnaît toutefois l’existence de tensions ponctuelles dans certaines zones urbaines, en particulier dans les dernières heures précédant la fête. Mais il insiste sur leur caractère limité : «Il s’agit de cas isolés qui ne peuvent être généralisés à l’échelle nationale», a-t-il précisé, évoquant des situations rapidement maîtrisées.
Sur le plan économique, Akhannouch rappelle que les fluctuations observées relèvent de mécanismes classiques : «Cela correspond à la logique de l’offre et de la demande, comme chaque année un ou deux jours avant l’Aïd», a-t-il expliqué.
Le chef du gouvernement a surtout dénoncé ce qu’il considère comme une exploitation politique et médiatique de ces épisodes. «Ce que nous regrettons, c’est l’exploitation politicienne, populiste et électoraliste de ces sujets», a-t-il affirmé, pointant des discours qu’il juge alarmistes et non fondés.
Il a enfin regretté la diffusion de narratifs négatifs autour de l’Aïd Al-Adha, estimant qu’ils ont contribué à brouiller l’image de la fête et à jeter le doute sur les acteurs du secteur. «Nous avons vu des récits sombres, des appels à ne pas acheter de moutons alors que les marchés étaient approvisionnés», a-t-il déploré.
Pour Aziz Akhannouch, le débat politique doit rester centré sur les idées et les programmes : «La politique doit se faire à travers des projets et des programmes, pas à travers la polémique», a-t-il conclu, mettant en garde contre toute tentative de «manipulation des rites religieux», qu’il juge «contraire à l’éthique politique et au bien du pays».
