Chronique
Iran vs pays du Golfe : L’alerte si précoce de Mohammed VI
Avec le recul, on mesure l’ampleur du mal fait à nombre de pays arabes durant les deux mandats de Barack Obama, sans compter l’impunité assurée à l’Iran dont les menaces à l’encontre des monarchies du Golfe étaient pourtant évidentes.
Je n’ai cessé ces dernières semaines de revenir au texte du discours prononcé par SM le Roi Mohammed VI il y a dix ans, précisément le mercredi 20 avril 2016 à Riyad, devant le Sommet Maroc-Pays du Golfe. Comme il était pertinent et surtout prémonitoire ce discours !
Ces quelques passages sont d’une actualité époustouflante :
«Que veulent-ils de nous ? Nous faisons face à des complots visant à porter atteinte à notre sécurité collective.
Ceci est clair et n’a pas besoin d’analyse. Ils en veulent à ce qui reste de nos pays, qui ont pu préserver leur sécurité, leur stabilité et la pérennité de leurs régimes politiques (…).
De fait, le Maroc a toujours considéré que la sécurité et la stabilité des pays du Golfe Arabe sont indissociables de la sécurité du Maroc.
Ce qui vous porte préjudice nous affecte aussi et ce qui nous touche vous touche également». On dirait ces mots prononcés à l’instant même où j’écris ces lignes.
C’était l’ère Obama qui a ouvert la voie à la mouvance islamiste et permis la désintégration institutionnelle et parfois territoriale de nombre d’États de la sphère arabe sous le label du sinistre printemps du même nom.
Mais le Monarque a eu l’audace d’affronter la désinvolture d’Obama au sujet de notre intégrité territoriale, tout en tissant des liens stratégiques parallèles avec la Russie, l’Inde, la Chine populaire.
Avec le recul, on mesure l’ampleur du mal fait à nombre de pays arabes durant les deux mandats de Barack Obama, sans compter l’impunité assurée à l’Iran dont les menaces à l’encontre des monarchies du Golfe étaient pourtant évidentes.
Avec le même recul, on s’aperçoit de la hauteur comme de la longueur de vue du Souverain qui a su, contrairement à beaucoup d’autres de ses pairs, non seulement faire éviter à son peuple l’une des pires déconvenues de l’histoire de la région, mais surtout transformer le piège tendu en opportunité tout aussi historique.
Une nouvelle constitution riche en acquis démocratiques fut ainsi proposée par le Souverain et validée par les Marocains. Ailleurs, ce ne fut qu’anarchie, décomposition d’États et, au mieux, remake de dictatures.
La face lumineuse du royaume
Chaque fois que j’entends parler de l’avenir de la démocratie au Maroc, je pense à quelques aspects lumineux de la pratique démocratique qui font la fierté de notre pays.
Le fait que les 1re, 4e et 8e villes les plus denses du Maroc soient administrées par des femmes en est un. Nabila Rmili, Fatima-Zahra El Mansouri et Fatiha El Moudni gèrent respectivement Casablanca, Marrakech et Rabat. Un pied de nez aux forces régressives qui ne cessent de menacer la marche de notre pays vers son destin modernitaire et démocratique. Bravo Mesdames !
Je pense également à la Confédération patronale nationale, qui ne cesse d’administrer la preuve de sa maturité démocratique, politique et corporatiste.
À la faveur de l’assemblée générale ordinaire élective de la CGEM qui a consacré, le 14 mai dernier, l’élection de Mehdi Tazi et Mohamed Bachiri à la tête du patronat marocain pour le mandat 2026-2029, il nous a été permis de voir à quel point l’élite entrepreneuriale marocaine a gagné en dimension capitalistique comme en densité innovationnelle.
Une autre fierté pour le Royaume qui a transformé sa force de frappe entrepreneuriale en arme diplomatique redoutable, non seulement en Afrique, mais également face à l’Europe et au sein du monde arabe.
Que de conseils de coopération édifiés entre l’organisation patronale marocaine et ses semblables en Afrique, en Asie, en Europe ou dans les Amériques ! Bravo à Chakib Alj et bon vent à Mehdi Tazi !
Enseignement : le bout du tunnel !
Dans quelle langue faudra-t-il encore et encore répéter que le Maroc avance sûrement et résolument sur le chemin du développement humain, principalement dans les domaines vitaux que sont l’éducation et la santé ?
Hélas, le «défaitisme nihiliste» arrange la mauvaise foi des bras cassés aux gueules grandes ouvertes. «Et que s’envole la chèvre !», semblent vociférer sans répit nos négationnistes.
«On était en retard, nous serons toujours en retard», la voilà la ritournelle favorite des tenants de ce «défaitisme nihiliste» ! Les 21.465 enseignants du primaire et du secondaire promus par l’actuel gouvernement au grade de l’excellence ne semblent pas suffisants pour corriger le jugement défaitiste de nos négationnistes.
Pas même le témoignage du président français qui déclara lors du dernier Sommet France-Afrique : «Franchement, ce qu’a fait le Maroc, c’est une révolution !» Les régressifs négationnistes n’en ont rien à braire parce qu’ils n’en ont rien à fiche de l’éveil des nouvelles générations.
La campagne ignoble lancée contre le ministre Mohamed Saad Berrada pour son peu de maîtrise de la langue arabe participe de cette bassesse morale.
L’esprit entrepreneurial axé sur l’obligation de résultat dont peut s’enorgueillir à juste titre le ministre Berrada semble déranger une galaxie où prospérait la gabegie et ne se distinguaient que les bras cassés.
Le limogeage de seize directeurs provinciaux l’année dernière, le resserrement de la gestion des écoles pionnières, le renforcement de la gouvernance du système scolaire ne sont apparemment pas du goût de ceux qui ont lancé la honteuse opération de recrutement des enseignants par contrat en 2016.
Dieu merci, sans broncher, le ministre, dûment soutenu par le gouvernement, continue son œuvre salutaire, permettant à l’IDH national de gagner en crédibilité. Sommes-nous au bout d’un tunnel ?
70e anniversaire des FAR
Redoutables et redoutées par les ennemis du Royaume, les FAR fêtent glorieusement leur 70e anniversaire. Ici, l’armée défend la patrie sans se mêler du jeu politique.
Ce faisant, elle a gagné la bénédiction de son Roi et l’amour de son peuple. Est-ce le cas ailleurs ? Suivez mon regard !
