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Parti socialiste unifié : La formation de la désunion
Le tandem au gouvernail du PSU, Jamal El Asri-Nabila Mounib, est face à une nouvelle épreuve. Un nouveau courant sort au grand jour. Derrière, un ancien de l’OADP, en la personne d’El Alami Lahrouni.
Rien ne va plus dans les rangs du parti socialiste unifié. Tout récemment, un nouveau clan réformateur a vu le jour avec grand fracas. Derrière ce mouvement, on compte plus d’une vingtaine de militants dans un parti qui a été de tout temps traversé par des courants qui se construisent et d’autres qui disparaissent dans le flot de l’actualité.
Contrairement à d’autres, le nouveau clan a opté pour le «frontal» en surfant, notamment, sur la «guérilla par réseaux sociaux interposés», sans omettre l’autre terrain qui consiste à s’assurer la mobilisation autour de lui, en prenant l’opinion publique pour témoin.
La nouvelle gauche rénovée, tel est le nom de baptême que ce courant a choisi, compte sur la «négation» d’un héritage «pris par défaut», nous dit un vieux briscard de l’OADP du temps de l’expérience au premier étage du défunt cinéma Lux à Casablanca.
À croire qu’on met en doute le choix de Bensaid Ait Idder qui a été derrière la création du PSU en 2005, avec quatre étoiles pour logo. Un logo qui s’est éteint !
Côté approche de militantisme, les nouveaux frondeurs du parti de la Bougie se sont constitués en «tansikiya
watania», traduisez «coordination nationale».
Un modèle devenu «le meilleur levier pour mobiliser» au niveau national à travers les régions, où on revendique des dizaines d’antennes. On est dans l’arroseur arrosé.
Or, qui dit «coordination nationale», dit ceux qui se prétendent porte-drapeaux de la nouvelle gauche, ce qui n’est pas sans rappeler d’anciens militants, sortis eux aussi, d’une certaine matrice gauchiste qui remonte à la fin des années 1970 sur fond d’une vague de «renouvèlement de la gauche».
L’apparition du PSD, au milieu des années 1990, est encore dans les mémoires : un parti qui s’est mis avec le PPS en groupe parlementaire avant de se diluer dans l’USFP !
Face à la fronde, la direction opte pour l’éviction de son meneur
D’ailleurs, comme pour «revendiquer» cet héritage, le nouveau courant a signé son acte de naissance publique le 23 mars dernier – un historicisme qui se veut un récit d’ancrage – lors d’une conférence de presse.
Une annonce qui, sans surprise, n’a pas été du goût de la direction de PSU, menée par le tandem Jamal El Asri et Nabila Mounib, respectivement et officiellement secrétaire général et vice-secrétaire générale du parti.
D’ailleurs, à peine l’annonce faite qu’un plan d’attaque est orchestré pour «désavouer» ce mouvement qui se déclare «réformateur» sans renier son «appartenance» au parti. Or, ce dernier leur nie toute légitimité et est allé jusqu’à brandir la menace d’envoyer le «dossier à la justice». Aujourd’hui, on temporise côté siège central !
Mais pas pour longtemps. En effet, aux dernières nouvelles du front, on apprend que la direction du parti de la Bougie s’est prononcée pour l’éviction, pure et simple, du meneur de la fronde Alami Lahrouni des rangs du parti dont il est membre du bureau politique.
Dans les rangs du PSU, c’est le feu qui couve toujours. Mais, en toute vraisemblance, estiment certains observateurs, on ne serait pas loin d’une scission irréversible. De toutes les manières, on en saura davantage d’ici la tenue de la réunion du conseil national prévue ce dimanche 10 mai.
Certes, on reste dans l’expectative vu que ce dossier ne semble pas figurer à l’ordre du jour d’un rendez-vous qui serait axé sur le «rapprochement» annoncé entre le PSU et la FGD. Mais, il n’en demeure pas moins que l’on ne pourrait pas faire l’impasse sur les affrontements intestins en cours !
Après les annonces, la nouvelle empruntera la voie d’un feuilleton à rebondissements. Le 4 avril, le conseil national du PSU tient une réunion formelle pour dire tout le mal qu’il pense de ce mouvement. Dans la foulée, El Alami Lahrouni, coordinateur national de la nouvelle gauche dite rénovée, fait depuis l’objet des attaques orchestrées notamment sur les réseaux sociaux interposés.
Calme total au siège central…
Le 10 avril, le mouvement réagit en niant toute légitimité quant à la tenue de la réunion du conseil national du PSU. Plus encore, un communiqué incendiaire tombe dans l’espace public. La véhémence est sans précédent.
Dans les rangs de ce mouvement, on fait monter les enchères en évoquant que cet acte de naissance est l’aboutissement de tout un processus qui remonte au 5e congrès national de 2023. Un congrès, avance-t-on, qui était entaché de «plusieurs irrégularités». Visiblement, quand on manque d’ancrage, le recours est fait aux réseaux dits sociaux.
Ceci dit, la réaction endémique de la direction du PSU ne s’est pas fait attendre, notamment lorsque ledit parti, beaucoup plus occupé à réagir sur des questions hors des frontières du Maroc, a dû provoquer une conférence de presse pour expliquer les tenants et aboutissants de son initiative.
Dans l’histoire de ce parti, on ne compte plus les dislocations qui sont devenues sa marque de fabrique.
La mainmise de sa dame de fer, Nabila Mounib, serait la cause principale de cette lame de fond, nous dit ce militant de la première heure de l’OADP. Une dame qui occupe les réseaux sociaux pour un oui ou un non en surfant sur toutes les vagues qui se présentent, du Covid au séisme, en passant par d’autres circonstances.
Dont celle du GMT+1 pour programme politique ! Ceci étant, c’est le calme total du côté de la Résidence du Maréchal
Ameziane ces derniers jours où le délabrement du siège crève les yeux !
Les négociations se feraient loin des murs, nous dit cette militante qui attend son tour !
On attend la preuve du terrain !
Depuis quelque temps, on attend une surprise pour les prochaines échéances électorales. Du côté de la gauche marocaine, on a suivi une initiative du patron du parti du livre. Non aboutie. Ni le PSU ni la FGD n’en a voulu.
Puis, on a eu droit à une ligne de conduite entre les deux dernières formations, tendant à présenter des candidatures communes. Ceci étant, les directions des deux partis ont tenu récemment une réunion sur la question du rapprochement à la veille des prochaines échéances.
Bien que le dossier ne semble pas faire l’unanimité dans leurs rangs respectifs, les conseils nationaux des deux formations ont entériné l’accord des directions sur la répartition des circonscriptions où ils se présenteront en «front uni» . Reste la preuve du terrain !
