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Au Royaume

Eau : La station de dessalement de Casablanca dans les tuyaux

Avant la fin 2026, de l’eau de mer dessalée coulera des robinets de Casablanca. Ce sera le cas dans les trois ou quatre années à venir pour toutes les villes côtières.

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Les premiers millions de mètres cubes d’eau produite par la station de dessalement de Casablanca devraient être injectés dans le réseau à compter de cette année 2026.

À plein régime, la première tranche de la station devrait répondre à la quasi-totalité des besoins de la métropole en eau potable. 200 millions de m³ (Mm³) seront produits pour commencer et passer à 300 Mm³ dès 2028, cela au moment où les besoins de la ville sont estimés à 220 Mm³.

L’infrastructure portée par le secteur privé, pour un investissement de 10 MMDH, a ceci de particulier: d’abord, elle fournira de l’eau à un tarif imbattable, l’un des plus bas sinon le plus bas au Maroc. Plus encore, elle dépend entièrement des énergies renouvelables pour son fonctionnement.

Une fois le projet achevé, il devra permettre d’alimenter, en plus du Grand Casablanca, les zones de Berrechid-Settat et d’El Jadida-Azemmour, tout en atténuant le déficit enregistré au niveau du bassin de l’Oum Er-Rbia.

La station va, à la fois, fournir de l’eau pour l’irrigation, avec 50 Mm³ dédiés, et rediriger les eaux transférées depuis le bassin de Sebou vers l’irrigation. La station de dessalement de Casablanca fait partie d’un programme national plus ambitieux visant à couvrir 60% des besoins annuels du Royaume en eau potable au lieu de 30% actuellement.

Le Maroc exploite actuellement 17 usines de dessalement produisant 345 Mm³ par an. Quatre installations supplémentaires, avec une capacité combinée de 540 Mm³, sont en cours de construction et devraient être achevées d’ici 2027.

D’ici 2030, le Royaume compte produire 1,7 milliard de m³ (MMm³). L’eau du dessalement sera également dirigée vers l’irrigation en complément des zones agricoles, et même en irrigation de base comme c’est déjà le cas à Agadir, dont la station est en phase d’extension, ainsi qu’à Dakhla.

À Tan-Tan et Laâyoune, une grande partie de la production des unités de dessalement sera dirigée vers l’industrie, notamment de l’hydrogène vert. Après Casablanca, les projets d’extension des stations de Jorf Lasfar (300 Mm³ dès 2027), d’Agadir, qui va passer de 100 Mm³ à 146 Mm³ en 2027, vont suivre.

En parallèle, d’autres projets d’envergure seront lancés : la station de Tiznit, la plus grande en Afrique avec une capacité de 350 Mm³, dont les études sont en cours et les appels d’offres attendus dans quelques mois pour une mise en service en 2028; le projet de Nador (250 Mm³) dont les travaux de construction ont déjà été lancés; la station de Tanger (150 Mm³), prévue entre fin 2028 et début 2029; et enfin, la station de Rabat, qui produira 300 Mm³ par an.

Depuis son lancement, l’idée sous-jacente du programme PNAEPI 2020-2027 pour la sécurisation de l‘eau potable et d’irrigation est d’alimenter des villes côtières, et même certaines villes intérieures, en eau dessalée produite grâce aux énergies renouvelables, qui couvrira également les besoins industriels et, en partie, agricoles. Le pari est sur le point d’être gagné.