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Aménagement des zones industrielles : Où en est le Maroc ?

Le foncier industriel aménagé s’étend sur une superficie globale d’environ 14.500 hectares, répartis sur plus de 157 zones. Ce patrimoine sera renforcé par d’autres projets en cours d’aménagement et programmés, couvrant au total une superficie d’environ 5.500 hectares. Éclairage.

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L’amélioration de l’accès des entreprises au foncier et infrastructures industrielles est au cœur de la stratégie industrielle du Royaume, laquelle érige l’industrie en un puissant levier d’émergence.

D’ailleurs, le ministère de l’Industrie et du commerce ne manque pas de rappeler que les zones industrielles jouent un rôle crucial dans le développement économique et social du Maroc, dans l’attraction des investissements nationaux et étrangers, ainsi que dans la croissance des exportations.

Ceci dit, après plusieurs années de mise en œuvre de stratégies industrielles, il est légitime de s’intéresser au bilan du Maroc en matière de développement de parcs industriels. Au-delà de l’existant, un tel exercice a de surcroît l’avantage de permettre de cerner le portefeuille des zones industrielles (de dernière génération), en cours de réalisation (projets).

Autre interrogation et non des moindres que soulève le sujet : dans un contexte en proie à la nécessité d’optimiser les dépenses publiques, comment est financé le développement des zones industrielles en cours de réalisation ?

5.500 ha supplémentaires
Sollicité par «La Vie éco», le département de Ryad Mezzour a apporté des éléments de réponse aux multiples questions cruciales en lien avec la mise en place de parcs industriels, désormais régie par la loi 102-21, entrée en vigueur en début 2023.

Le ministère de l’Industrie et du commerce est formel : le foncier industriel national aménagé s’étend sur une superficie globale d’environ 14.500 hectares répartis sur plus de 157 zones.

Toujours selon la tutelle, ce patrimoine sera renforcé par d’autres projets en cours d’aménagement, couvrant une superficie de 2.400 hectares, auxquels s’ajouteront les projets programmés au cours des cinq prochaines années, estimés à 3.100 hectares supplémentaires.

En d’autres termes, le foncier industriel sera renforcé au cours des prochaines années par une superficie totale de 5.500 hectares. Notons que ces efforts visent, entre autres, à doter le pays d’une offre de foncier industriel diversifiée, couvrant l’ensemble des régions.

Ce qui permet aux différents territoires de répondre aux besoins des investisseurs nationaux et internationaux.

Dans le même ordre d’idées, la réalisation de projets de zones industrielles devient donc un enjeu essentiel, d’autant plus que les infrastructures industrielles contribuent à réduire les disparités territoriales.

Et ce, à travers la répartition raisonnable et équitable des projets de zones industrielles durables sur l’ensemble du territoire national, selon les atouts et les spécificités de chaque région.

16 MMDH injectés depuis 2021
Concernant les investissements consentis au cours des cinq dernières années, il importe de préciser que le ministère de l’Industrie et du commerce a accompagné, depuis octobre 2021, 64 projets de création et de réhabilitation de zones industrielles, avec un investissement global de plus de 16 MMDH.

Pour mutualiser les efforts en matière d’investissement et de mobilisation des fonds, et dans l’optique de réaliser, dans des conditions optimales, les parcs industriels, l’institution collabore avec plusieurs partenaires, notamment les aménageurs-développeurs, les conseils régionaux et communaux et les autorités locales.

Mieux encore, elle accompagne les porteurs de projets des zones industrielles du secteur public et privé via des appels à manifestation d’intérêt (AMI), pour bénéficier d’un appui technique et financier notamment dans le cadre du Fonzid (Fonds des zones industrielles durables).

Pour avoir un ordre de grandeur, ce véhicule financier dédié octroie une subvention pouvant atteindre 50% du montant global de l’investissement, plafonnée à 30 MDH pour les projets de création ou d’extension et à 20 MDH pour ceux inhérents à la réhabilitation de zones industrielles.

Un arsenal juridique modernisé
Il existe des différences marquées entre les parcs industriels créés il y a une vingtaine d’années et ceux qui ont vu le jour plus récemment, notamment à partir de 2010.

Dans ce sens, notre source indique, en substance, que les zones industrielles et les zones d’accélération industrielles nouvellement créées sont mieux équipées et disposent généralement d’un organisme de gestion opérationnel, lequel assure la gestion et la maintenance.

Aujourd’hui, certaines zones industrielles plus anciennes nécessitent encore des mises à niveau. Pour préserver et améliorer leur attractivité, le ministère de l’Industrie et du commerce et ses partenaires s’emploient à réhabiliter ces infrastructures.

Par ailleurs, concernant le processus d’aménagement, de commercialisation et de gestion des parcs industriels et leur valorisation, l’une des avancées les plus significatives au cours de ces dernières années peut être reliée à l’adaptation et à la modernisation du cadre législatif et réglementaire, relatif aux parcs industriels.

Pour rappel, la loi 102-21 relative aux zones industrielles (publiée au BO en février 2023) et ses textes d’application prévoient la mise en place d’un plan national déterminant les orientations stratégiques du Maroc en matière de planification du foncier industriel.

De plus, la loi prévoit aussi l’établissement d’un règlement général d’aménagement qui fixe les exigences, les normes et les spécificités techniques relatives à l’aménagement, le développement et la commercialisation de ces zones.

Autres exigences du dispositif législatif: la mise en place d’un règlement général de gestion de la zone industrielle par l’aménageur à qui il incombe de préciser les règles appliquées dans le domaine de la gestion et de l’entretien de la zone industrielle.

Enfin, la loi prévoit également un règlement intérieur définissant les règles à respecter par les investisseurs. Et ce, afin de garantir le bon fonctionnement de la zone et de préserver un environnement favorable pour tous les usagers de la zone.


Une zone modèle inaugurée au 2e semestre 2025
Au Maroc, l’un des derniers parcs industriels inaugurés (fin juillet 2025), incarnant l’ère de la modernisation des infrastructures industrielles, est celui d’Ahl Loughlam (Sidi Bernoussi) qui s’étend sur 10 Ha.

Résultant d’un partenariat entre le ministère de tutelle, la région Casablanca-Settat, Chaabi capital-investissement, Millennium Challenge Corporation (MCC) et la Fédération des industries du cuir (Fedic), le site industriel de dernière génération a mobilisé près de 250 MDH d’investissements.

Fort d’un modèle d’affaires basé sur le locatif (50 unités industrielles prêtes à l’usage et 40 lots de terrains aménageables), le parc industriel destiné au secteur du cuir et textile est un modèle de durabilité au niveau national, puisqu’il est conçu pour abriter un centre de tri des déchets issus de la production des différentes unités industrielles.