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Énergies renouvelables : Les provinces du Sud, fer de lance de la stratégie nationale

Le Sahara marocain est devenu une terre d’investissement par excellence dans les énergies renouvelables. Solaire, éolien, hydrogène vert…, les projets d’envergure sont légion, et ce n’est qu’un début.

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Les provinces du sud du Maroc jouent un rôle stratégique dans la politique énergétique nationale, contribuant grandement à l’atteinte de l’objectif de 52% d’énergies renouvelables dans son mix électrique à l’horizon 2030.

Ces régions deviennent un hub majeur pour la production d’énergies vertes, mobilisant des investissements considérables dans l’éolien et le solaire, et attirant les grands développeurs et investisseurs internationaux du secteur.

Que ce soit à Dakhla, Laâyoune, Tarfaya, Boujdour ou encore Guelmim, les projets foisonnent, les parcs éoliens font désormais partie du paysage et les centrales solaires sortent de terre.

Les provinces du sud du Royaume ont, en effet, bénéficié d’importants projets d’énergie verte déjà mise en service, et dont la capacité totale dépasse 1,3 gigawatt (GW) à fin 2024, pour un investissement de près de 22 milliards de dirhams.

Autrement dit, les provinces du Sud comptent aujourd’hui pour environ 25% de la capacité électrique installée des énergies renouvelables sur l’ensemble du territoire national, celle-ci ayant atteint 5,3 GW fin 2024.

Une part amenée à grandir davantage : d’ici 2027, le Maroc prévoit de doubler sa production d’électricité issue des énergies vertes pour atteindre près de 2,7 GW dans les provinces du Sud.

Pour cela, 21 milliards de dirhams supplémentaires y seront investis dans de nouvelles capacités éoliennes et solaires totalisant 1,4 GW.

Les projets éoliens et solaires pullulent
Parmi les projets déjà opérationnels, on retrouve le parc éolien de Tarfaya, opéré par Nareva, et en service depuis 2014, répondant aux besoins de près de 1,5 million de foyers. Avec 131 éoliennes et une capacité de 300 MW, c’est l’un des plus grands parcs éoliens d’Afrique.

On retrouve également le parc éolien d’Aftissat, à proximité de Boujdour, développé par la société Énergie éolienne du Maroc (EEM), filiale de Nareva. D’une capacité d’environ 200 MW, le projet a été mis en service dans sa première tranche en 2018 (puis 2023 pour la seconde).

Citons également le parc éolien d’Akhfenir, d’une capacité de 200 MW, mis en service dès 2013 pour sa première phase. L’énergie produite est commercialisée à des clients industriels raccordés au réseau électrique national.

On citera aussi le parc éolien de Dakhla, qui a commencé à injecter de l’électricité dans le réseau en mars 2025, notamment pour alimenter la station de dessalement d’eau de mer à Dakhla. À Laâyoune, un parc éolien de 50 MW est déjà opérationnel.

Une extension (100 MW supplémentaires) est en développement via un partenariat entre l’émirati AMEA Power et Ynna Group, avec une mise en service envisagée vers 2027. En 2023, c’est le parc éolien de Boujdour, d’une capacité de 300 MW, qui a été mis en service, dans le cadre d’un programme éolien intégré de 850 MW.

Côté solaire, la centrale de Laâyoune (80 MW) et celle de Boujdour (20 MW) sont déjà en service, dans le cadre du programme NOOR PV I conduit par Masen. D’autres parcs photovoltaïques sont prévus à Dakhla et Guelmim.

Tous ces projets ont permis d’améliorer de manière significative la sécurité d’alimentation en énergie électrique de la région et contribué à la satisfaction de la demande croissante de la population et des acteurs économiques.

Et ce n’est pas fini, plusieurs projets d’envergure ont été annoncés. L’un des plus prometteurs est celui porté par le consortium composé de Taqa et Nareva pour le développement de 1.200 MW de nouvelle capacité éolienne dans les provinces du Sud.

Premier pas dans l’hydrogène vert
Les projets dans l’hydrogène vert sont aussi légion, le Sahara marocain se positionnant comme un pôle majeur de production pour cette énergie d’avenir.

Six groupements d’investissement nationaux et internationaux ont été retenus dans le cadre de l’Offre Maroc pour développer sept projets d’hydrogène vert, couvrant les trois régions des provinces du sud du Royaume, à savoir Guelmim-Oued Noun, Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla-Oued Eddahab.

De quoi générer environ 20 gigawatts d’énergie renouvelable, dont environ 10 gigawatts d’électrolyseurs, et produire environ 8 millions de tonnes de dérivés d’hydrogène vert, dont l’ammoniac vert, le carburant synthétique et l’acier vert.

Près de Guelmim, c’est le projet Chbika qui retient l’attention. Porté par TotalEnergies, ce projet consiste à construire 1 GW de capacités solaires et éoliennes terrestres qui alimenteront la production d’hydrogène vert par électrolyse d’eau de mer dessalée et sa transformation en 200.000 tonnes par an d’ammoniac vert à destination du marché européen, avec l’ambition d’en faire un centre de production d’hydrogène vert à taille mondiale.

Densifier le réseau de transport
L’un des principaux défis qui se posent désormais c’est l’évacuation de toute cette production de renouvelable vers le réseau national.

À ce jour, la région du sud-est connectée au réseau électrique national via une ligne de transmission de 400 kilovolts (kV) qui achemine actuellement environ 1.400 MW. Celle-ci assure déjà l’évacuation de l’énergie produite par les différents parcs éoliens ainsi que les parcs solaires.

Cette ligne est aujourd’hui saturée, d’où le lancement d’un projet d’extension, à l’initiative de l’ONEE, actuellement en cours de réalisation. La nouvelle extension va permettre d’injecter une capacité supplémentaire dans le réseau national, et ce, en attendant la mise en service de la future autoroute électrique HVDC, prévue avant 2030.

Cette ligne électrique haute tension de 1.400 km, reliant le Sud et le Centre du pays, sera assurée par le consortium formé par Taqa Morocco, le Fonds Mohammed VI pour l’investissement et Nareva.


Une terre gâtée par la nature

Les investissements massifs en plein désert s’expliquent, entre autres, par les atouts remarquables dont disposent les trois régions sahariennes du Maroc, et sur lesquels les pouvoirs publics ont su capitaliser.

D’abord un potentiel naturel exceptionnel, caractérisé par un ensoleillement record et des vents puissants, qui procure à ces régions un avantage concurrentiel déterminant pour devenir des centres de production d’énergie propre, rentable et stable.

En termes d’ensoleillement, les provinces du Sud reçoivent plus de 3.000 heures de soleil par an, avec une irradiation solaire parmi les plus élevées du monde (plus de 2.000 kWh/m²/an), idéale pour développer des centrales solaires.

Pour ce qui est du vent, la nature s’est également montrée très généreuse : sur la côte atlantique, de Tarfaya à Dakhla en passant par Laâyoune, les vents sont constants et puissants (9 à 11 m/s).

Ces conditions, couplées à la disponibilité du foncier sur un large espace, permettent de développer des projets à grande échelle, faisant du Sahara marocain une plaque tournante des énergies verte et décarbonée.