Au Royaume
50 Projets qui ont changé le Sahara (5/5)
Depuis un demi-siècle, le Royaume investit massivement dans ses provinces du Sud pour les équiper d’infrastructures de tout genre à même d’assurer à la population les conditions d’une vie digne. Industrie, culture, agriculture, transport, pêche, sport… des projets à foison ont transformé le mirage du développement en réalité. Florilège.
41- Un nouveau port phosphatier à Laâyoune
À Laâyoune, le nouveau port phosphatier sera bientôt opérationnel. En août 2024, les travaux étaient achevés à 85%. Ce complexe de 5,2 milliards de dirhams (MMDH), dont la construction est pilotée par Phosboucraa, filiale du groupe OCP, disposera de plusieurs ouvrages stratégiques, notamment un pont d’accès de 3,5 km de long et 25 m de large, une digue de protection en caisson de 920 m et d’un ouvrage de prise d’eau de mer avec un débit de 30.000 m³/h. Le projet inclut également des opérations de dragage pour le chenal d’accès, le cercle d’évitage et la zone d’accostage, avec une durabilité estimée des infrastructures de 100 ans.
Le port phosphatier devrait, dans un premier temps, assurer un trafic annuel de 5,2 millions de tonnes, extensible à 8,2 millions de tonnes lors de la seconde phase de son développement, grâce à l’ajout d’un quai supplémentaire. Une fois fonctionnel, le site pourra accueillir des navires d’une capacité de 100.000 tonnes (type Post-Panamax). En dehors de son impact pour l’économie régionale, la plateforme portuaire facilitera également l’importation des matières premières nécessaires à la production de fertilisants, ainsi que l’exportation des produits finis, notamment le phosphate, les engrais et l’acide phosphorique.
42- La Grande Médiathèque de Laâyoune : L’oasis des mots
Symbole architectural d’une ville en effervescence, la Grande Médiathèque de Laâyoune, inaugurée le 29 juillet 2023, s’étend sur 23.500 m2, dont 5.500 couverts, pour un investissement de 86 millions de dirhams. Conçue comme un carrefour des savoirs, elle transforme la capitale saharienne en hub culturel, accessible à tous les âges et origines.
Au cœur de ce temple du livre, un auditorium de 450 places accueille conférences, concerts et projections, tandis que la vidéothèque et la salle de lecture multimédia offrent un fonds de 50.000 ouvrages, dont des raretés en hassaniya et tamazight. Des espaces dédiés aux enfants, avec ateliers interactifs, côtoient des zones de recherche numérique connectées au réseau national. L’architecture, inspirée des ksours traditionnels, intègre des patios ombragés et des jardins suspendus, fusionnant modernité et héritage sahraoui. Depuis son ouverture, la médiathèque pulse d’activités : clubs de lecture nomades, expositions sur l’histoire du Sahara, et partenariats avec l’Alliance française naissante. Plus qu’un bâtiment, c’est un vecteur de développement. Proche de la future faculté de médecine, elle forme l’écosystème intellectuel de Laâyoune. Dans un désert où le savoir est précieux comme l’eau, cette médiathèque irrigue les esprits, tissant des liens entre générations et cultures. Elle incarne le Maroc des provinces du Sud : résilient, ouvert et prêt à rayonner.
43- Championnat de Kitesurf : Vents royaux et vagues folles
Placé sous le Haut patronage de SAR le Prince Héritier Moulay El Hassan, ce championnat GKA Kite-Surf World Cup, tenu annuellement à Dakhla, couronne les meilleurs riders mondiaux sur les lagunes venteuses du Sahara. La 15e édition, tenue du 6 au 12 octobre, a vu la Française Capucine Delannoy triompher, face à 150 compétiteurs de 25 nations.
Sur la plage de Dragon, vagues parfaites et alizés constants créent un paradis pour freestyle et wave riding. Épreuves intenses : sauts stratosphériques, figures aquatiques, jugés par experts internationaux. Le public, 20.000 spectateurs, vibre aux sons de DJ sets et food trucks sahariens. Au-delà du sport, c’est un levier économique : hôtels pleins, emplois locaux, promotion touristique. En 2025, des ateliers éco pour la protection des lagunes ont marqué l’événement. Dakhla, «Capitale africaine du kitesurf», attire des stars comme Airton Cozzolino. Ce championnat symbolise la jeunesse marocaine : audacieuse, innovante. Il inspire des écoles de voile et des vocations féminines, prouvant que le Sahara n’est pas qu’un désert, mais un océan de vents libres.
44 – Foum El Oued, où l’océan danse avec les dunes
À 20 km de Laâyoune, la Corniche Foum El Oued s’étire le long d’une plage Blue Flag de 7 km, joyau côtier où sable doré rencontre océan Atlantique. Mise à niveau en 2024 par l’Agence urbaine, elle offre promenades piétonnes, aires de pique-nique et spots de surf, attirant familles et aventuriers. Pavée de dalles résistantes au sel, bordée de palmiers, la corniche invite à la flânerie : vues sur les dunes, pêche traditionnelle en pirogues, couchers de soleil hypnotiques. Spot surf légendaire, Foum El Oued héberge compétitions et écoles, avec vagues roulant sur récifs. Éco-friendly, elle intègre des zones protégées pour tortues marines. En 2025, des festivals de musique sahraouie y animent les soirées. Idéale pour les camping-cars, avec services dédiés, c’est un havre de paix authentique. Foum El Oued, où désert et mer fusionnent, incarne le renouveau saharien : accessible, préservé et vibrant de vie locale.
45- Centrale de Laâyoune: Du fuel à l’hydrogène vert
La centrale thermique de Laâyoune deviendra la première du genre en Afrique à fonctionner totalement à l’hydrogène vert. Le projet est actuellement en cours. Pour ce faire, l’américain GE Vernova, l’ONEE et Nareva ont signé, en janvier 2024, un mémorandum d’entente pour décarboner la centrale, qui est alimentée par trois turbines à gaz GE Vernova à haute performance de type 6B. La centrale thermique de 99 mégawatts (MW), actuellement alimentée au fioul lourd, va utiliser de l’hydrogène vert pour alimenter les turbines à gaz 6B de GE Vernova. Concrètement, dans le cadre de cet accord, GE Vernova aidera la centrale électrique de Laâyoune à fournir de l’électricité à partir d’hydrogène 100% vert produit au parc éolien de Laâyoune de Nareva. Dans une première phase, une étude a été lancée et devrait être achevée début 2026, pour explorer une solution holistique intégrant toute la chaîne de valeur de production pour fournir des quantités suffisantes d’hydrogène vert pour alimenter la turbine à gaz pendant les périodes de pic de consommation. Il faut dire que le partenaire américain a déjà derrière lui une expérience probante dans le domaine, puisqu’il a déjà converti une trentaine de turbines à gaz 6B à l’hydrogène au cours des deux dernières décennies. Toujours est-il, ce projet pilote devrait être étendu aux autres centrales thermiques du Royaume.
46- Un centre d’essai pour décarboner le transport maritime
Le projet a été inauguré en juillet de l’année dernière dans les environs de Dakhla. Le centre d’essai pour la décarbonation du transport maritime, développé par Airseas sur une superficie de 80 ha, a nécessité un investissement de 50 millions de dirhams, avec à la clé 30 emplois permanents. Le centre dispose, selon ses promoteurs, d’installations avancées pour tester et optimiser son dispositif, le «Seawing», qui consiste en une aile automatisée de 1.000 m², conçue pour réduire la consommation de carburant des navires de 20%. Le site comprend un hangar de 2.400 m², avec des ateliers mécaniques et électroniques, ainsi qu’un centre de commande simulant les conditions de navigation. Ce système utilise un pilotage automatisé par l’IA pour optimiser la trajectoire et maximiser l’efficacité. Son installation est rapide et adaptable à divers types de navires. Il utilise la puissance du vent pour tracter les cargos, réduire les émissions carbone et baisser la consommation de carburant. Pour l’entreprise française, lancée en 2016 par d’anciens ingénieurs aéronautiques d’Airbus, la région de Dakhla-Oued Eddahab a été choisie en raison de ses conditions climatiques favorables et de sa vocation de réceptacle de projets liés aux énergies renouvelables.
47- Région pionnière pour l’ammoniac vert
Le projet intégré de production de l’ammoniac vert de Guelmim-Oued Noun est le plus avancé. Le projet Chbika 1 qui a fait l’objet d’une convention signée entre le Maroc et le français TE H2 avec ses partenaires, les deux sociétés danoises, Copenhagen Infrastructure Partners (CIP) et A.P. Møller Capital, prévoit une capacité installée de 1 GW en énergies renouvelables et une production annuelle de près de 200.000 tonnes d’ammoniac vert destiné à l’export vers le marché européen. Au-delà de la production de l’H2V et ses dérivés, le projet promet de remodeler l’économie de toute la région. C’est aussi un projet pilote pour cette industrie naissante dans notre pays et un peu partout dans le monde. Le projet en lui-même prévoit l’installation de toute la chaîne de valeur. Ainsi, TE H2 et CIP auront pour charge de développer la production des énergies renouvelables, le solaire et l’éolien en amont et l’hydrogène vert et ses dérivés en aval. De son côté, A.P. Møller Capital développera le port et les infrastructures associées. Début septembre, en finalisant sa phase préliminaire, le projet s’apprêtait à entrer dans sa phase d’études avancées ou encore la phase FEED qui va être sanctionnée par la signature de la convention d’études avancées, suivra la signature de la convention-cadre d’investissement.
48- Alliance française : Un vent de francophonie souffle sur Laâyoune
L’Alliance française de Laâyoune s’implante comme un pont culturel entre le Maroc et la France, annoncée par la ministre Rachida Dati lors de son déplacement dans la capitale saharienne en février dernier. Ce centre, opérationnel dès avril, occupe un espace moderne au centre-ville, dédié à la langue et aux échanges artistiques. Cours de français pour tous niveaux, ateliers de théâtre et projections de films d’auteur structurent son offre, avec un accent sur l’immersion sahraouie-française. Des journées portes ouvertes en avril 2025 ont attiré 500 participants, mêlant enfants nomades et expatriés. Partenariats avec la grande médiathèque locale enrichissent les programmes : bibliothèques francophones, clubs de débat sur l’écologie désertique.
L’Alliance favorise la mobilité : bourses pour stages en France et festivals conjoints comme «Voix du Sahara». Au cours de cette année, une exposition-photos sur les femmes artisanales a voyagé à Paris, amplifiant les voix sahraouies. Symbole de coopération bilatérale, elle combat l’isolement culturel des provinces du Sud. Ici, le français devient outil d’empowerment, reliant Laâyoune à un réseau mondial. Dans le vent du Sahara, l’Alliance française souffle un vent de modernité, tissant des amitiés durables.
49- Laâyoune TV : Voix du désert connecté
Chaîne régionale du groupe SNRT, TV Laâyoune diffuse depuis 2009 sur l’ensemble du Sahara marocain, atteignant 2 millions de foyers via satellite Hotbird et TNT. Généraliste, elle incarne la voix du Sud, mêlant info locale, culture hassanie et divertissement. Émissions phares : «Maa Naha» sur les traditions nomades, reportages sur le Moussem de Tan-Tan, et débats sur le développement durable. Qui plus est, ses couvertures en direct du Championnat de kitesurf à Dakhla ont boosté son audience nationale. Les studios high-tech à Laâyoune produisent des séries documentaires sur la pêche lagunaire et l’artisanat, en arabe dialectal et hassaniya. TV Laâyoune promeut l’inclusion : quotas pour journalistes sahraouis, formations via ISMAC. Elle diffuse aussi en français pour les touristes, couvrant des événements, comme l’inauguration de la Médiathèque. Pionnière du numérique, sa chaîne YouTube compte 5 millions de vues annuelles. Dans un désert connecté, TV Laâyoune unit les tribus et les villes, racontant un Sahara dynamique, fier de son identité marocaine.
50- Guelmim : Des projets d’eau potable à la pelle
L’approvisionnement durable en eau potable dans la région Guelmim-Oued Noun est au cœur des préoccupations. Plusieurs projets ont déjà été mis en place et d’autres sont en cours de réalisation, à l’instar de l’exploitation de nouveaux forages près de l’Oued Sayad dans la province de Guelmim, pour l’ajout d’un débit supplémentaire de 100 litres par seconde, à un coût de 70 MDH. Pareil pour Tan-Tan, nécessitant un budget de 13,6 MDH. Plus important encore, une station de dessalement à Sidi Ifni, d’une capacité de 100 litres par seconde, a été lancée dans le cadre du programme national d’approvisionnement en eau potable. Un autre projet stratégique est en cours dans la zone de la Plage Blanche, avec la future station de dessalement de 230 litres par seconde prévue pour 2027, nécessitant un milliard de dirhams. L’extension de la station de Sahb El Harcha, qui alimente les villes de Tan-Tan et El Ouateya, en service depuis 2013, complète ces initiatives. En parallèle, des actions de gestion durable, incluant petits barrages, forages et lutte contre le gaspillage et les usages illégaux, contribuent à renforcer la sécurité hydrique régionale.
