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Edito

Autoroute politique pour les jeunes

La balle est désormais dans le camp de cette jeunesse qui se dit délaissée, marginalisée, non prise en compte. C’est à elle de prendre désormais son destin en main en créant la surprise lors des prochaines législatives.

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C’est le moment ou jamais d’inverser la tendance, d’en finir avec ce qu’on pensait être une fatalité: cette faible représentativité et participation des jeunes dans le champ politique. Une désaffection réelle, ressentie et qui peut être illustrée par une kyrielle d’indicateurs, dont la participation des Marocains âgés de 18 à 35 ans aux élections ou encore leur implication dans des structures associatives.

Mais désormais, un tapis rouge est déroulé pour cette tranche d’âge afin de participer activement à la vie politique du Royaume. Le dernier Conseil des ministres présidé par le Souverain a adopté des mesures révolutionnaires, en termes de lois électorales, pour ouvrir la voie aux jeunes dans les instances élues.

D’abord, tout candidat âgé de moins de 35 ans peut se présenter à sa convenance, sans forcément passer par la case accréditation d’un parti : cette fameuse «tazkiya» qu’il faut parfois payer en monnaie sonnante et trébuchante chez certaines écuries politiques, juste bonne à rendre lucrative la saison électorale. Et puis, les dépenses de campagne pour ces candidats seront financées à plus de 75% par l’État.

Un dispositif incitatif inédit qui devrait favoriser la participation des natifs des 90’s dans la politique et de mettre les mains dans le cambouis législatif et exécutif. Car c’est dans un cadre institutionnel que les réformes se décident et le développement se dessine et se pilote.

Ceux parmi eux qui ont montré une certaine maturité politique à l’occasion des dernières manifestations peuvent désormais sortir du bois pour mobiliser, militer, influencer et réformer à visage découvert.

Crier à l’hégémonie des partis politiques n’est plus valable, maintenant qu’ils peuvent se libérer du joug de la «tazkiya» et trouver une grande part de financement pour mener campagne.

Évidemment, les portes des formations politiques leur restent toujours ouvertes, surtout celles des partis qui n’ont pas attendu ce coup de pouce législatif pour mettre en valeur les jeunes en leur permettant de devenir élus communaux, parlementaires, ou même responsables gouvernementaux.

Le prochain scrutin législatif de 2026 ouvre à cette jeunesse marocaine – qui semble avoir acquis une conscience politique – une autoroute pour transformer son «cahier revendicatif» en programme convaincant, chiffrable et réalisable. Même en cas d’échec, l’apprentissage des rouages politiques lui serait un grand acquis.

La balle est désormais dans le camp de cette jeunesse qui se dit délaissée, marginalisée, non prise en compte. C’est à elle de prendre désormais son destin en main en créant la surprise lors des prochaines législatives.

Elle peut peser si elle arrive à se mobiliser dans ce cadre démocratique que sont les élections. Autrement, il faut laisser à ceux qui gagneront la légitimité populaire de piloter ce train de réformes et de développement que mène le Royaume, sur la base d’une vision souveraine qui transcende le temps politique des mandats.

La démonstration a été donnée par l’exploit footballistique des U20. Merci les Lionceaux, merci les jeunes… C’est à vous de marquer l’Histoire par une action structurée, sans faute !