SUIVEZ-NOUS

Evénement

Finances publiques : La situation est maîtrisée

Le gouvernement maintient les équilibres macroéconomiques, tout en dégageant une marge confortable pour financer les grandes réformes, l’État social et l’investissement.

Publié le


Mis à jour le

Comment concilier les besoins financiers croissants de la consolidation de l’État social et la stabilité budgétaire, sans trop forcer sur le budget de l’État? C’est l’équation à laquelle s’attèle le gouvernement dans la préparation et la finalisation du projet de Loi de finances 2026.

D’un côté, il faut trouver les moyens financiers, nécessaires pour financer le chantier de la réforme de la santé, l’AMO-Tadamon en premier lieu, les aides directes qui vont en s’améliorant, mais aussi la généralisation de l’école puis le collège pionniers.

Tout cela en ramenant le déficit budgétaire au niveau le plus bas possible, à 3,5%, et en maintenant l’inflation et les autres indicateurs macroéconomiques à un niveau acceptable, voire confortable. Au vu de l’évolution économique depuis le début de l’année, qui s’inscrit dans une tendance positive amorcée depuis la première année du mandat du gouvernement, le pari est déjà donné pour gagné.

C’est d’ailleurs ce qui ressort du discours fort optimiste de la ministre de l’Économie et des finances, Nadia Fettah, dans sa présentation du cadre général d’élaboration du projet de Loi de finances 2026 devant les deux commissions réunies des deux Chambres parlementaires.

Le gouvernement, comme il s’y était engagé le jour de son investiture, poursuivra cette année encore (soit 2026) la mise en œuvre des piliers de l’État social, à travers plusieurs mesures phares. Il entend d’abord, souligne la ministre, compléter la généralisation effective de la protection sociale.

Plus particulièrement, la réforme du système de santé, à travers le déploiement et l’entrée en activité des groupements de santé territoriaux, le développement des ressources humaines et la digitalisation. C’est un chantier majeur qui sera complété par des partenariats avec le secteur privé pour élargir l’offre de soins.

Sur un autre volet, l’Exécutif s’emploiera à l’amélioration de l’école publique. Cela à travers la poursuite de la généralisation de l’enseignement préscolaire et l’appui aux écoles pionnières. Évidemment, il y a aussi l’emploi. Le gouvernement vient de lancer un plan national, mais le gap est difficile à combler d’autant qu’il fait face à une mutation profonde dans le domaine.

L’exemple de l’agriculture est frappant à ce niveau. L’impact prolongé de la sécheresse s’est traduit par la perte dans le milieu rural d’environ 905.000 emplois dans le secteur agricole, depuis 2019, majoritairement des emplois non rémunérés.

Tenant compte de sa modernisation, par le changement des modes de production, la mécanisation renforcée et la digitalisation, le secteur est de moins en moins demandeur en emplois. Il fallait donc trouver la solution ailleurs pour absorber les masses de jeunes qui arrivent sur le marché chaque année. La stimulation de l’investissement en est une.

Sur ce volet, le gouvernement compte maintenir un niveau élevé de l’investissement public, grâce notamment à la mobilisation du Fonds Mohammed VI pour l’investissement et l’accélération des projets dans les secteurs productifs : industrie, agriculture, tourisme, logement.

Investissement, souveraineté
L’Exécutif entend également soutenir l’investissement privé grâce au déploiement de la nouvelle Charte de l’investissement, la simplification des procédures administratives, la mise en œuvre du guichet unique régional et le renforcement de l’accompagnement des TPME et start-up. D’ailleurs, les mesures mises en place ont déjà commencé à donner leurs fruits.

La ministre a en effet mis en avant, devant les élus, une «amélioration progressive» du marché du travail. Voire, une «inversion de la tendance à la baisse du volume d’emploi à partir du troisième trimestre 2024, avec la création de 82.000 emplois au cours de cette année, et particulièrement au premier trimestre 2025, qui a enregistré la création de 282.000 emplois, soit le taux le plus élevé depuis 2007».

Ce qui s’est traduit par une baisse du taux de chômage. Ainsi, après une légère hausse de 0,3 point en 2024, ce taux a diminué de 0,4 point pour atteindre 13,3% au premier trimestre 2025 (16,6% en milieu urbain, en baisse de 1 point, et 7,3% en milieu rural, en hausse de 0,5 point).

Autre chantier sur lequel le gouvernement planchera au titre de l’exercice budgétaire 2026, celui de la souveraineté nationale, économique et énergétique. La programmation budgétaire renforcera, ainsi, la souveraineté du Maroc dans plusieurs domaines stratégiques.

D’abord, la souveraineté alimentaire, avec le renforcement de l’irrigation agricole, le stockage des produits alimentaires et la valorisation locale. Ensuite, la souveraineté énergétique, avec le développement du mix énergétique national, des énergies renouvelables et de l’hydrogène vert, en plus bien sûr du déploiement du plan gazier.

La souveraineté hydrique aussi, avec le projet d’interconnexion des bassins hydriques, les stations de dessalement, l’économie d’eau et le traitement des eaux usées. Sur un autre volet, l’Exécutif s’engage à poursuivre l’amélioration de la gouvernance et de l’efficacité de l’État. Et ce, à travers la réforme de l’administration, via la digitalisation, la simplification et la déconcentration.

Tout cela en veillant à la maîtrise du cadre macro-budgétaire. En ce sens, le gouvernement s’est fixé pour objectif de réduire progressivement le déficit budgétaire pour le ramener à 3% du PIB à partir de 2026 et le stabiliser à ce niveau. Lequel déficit a été, rappelons-le, de 3,8% en 2024 et sera probablement de 3,5% du PIB en 2025.

Cela dit, comme l’a d’ailleurs souligné la ministre, «l’élaboration du projet de Loi de finances pour 2026 ainsi que la programmation budgétaire triennale 2026-2028 s’inscrivent dans un contexte international marqué par une incertitude persistante, en raison de l’enchaînement et de l’intensification des tensions géopolitiques, du ralentissement de la croissance économique mondiale et des impacts des changements climatiques sur l’économie nationale».

Cependant, malgré ce contexte complexe, «les finances publiques ont fait preuve d’un haut niveau de résilience et de durabilité, grâce aux mesures proactives adoptées par le gouvernement et aux choix stratégiques visant à préserver les équilibres macroéconomiques, tout en garantissant la continuité du financement des programmes sociaux, le soutien à l’investissement et la création d’emplois», a-t-elle souligné.

En poursuivant l’activation des orientations royales, conclut-elle, «le gouvernement s’efforce de mettre en œuvre les priorités stratégiques et d’accélérer le rythme des grandes réformes, tout en veillant à adapter les politiques publiques à l’évolution du contexte national et international».