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Agriculture

Ricardo Santin : «Le Maroc dispose d’une industrie avicole importante et efficace»

L’International Poultry Council (IPC) a récemment tenu sa réunion annuelle pour la première fois au Maroc, à Casablanca, en partenariat avec la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole du Maroc (FISA). Son président nous apporte son regard sur l’industrie avicole marocaine.

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L’industrie de la volaille peut contribuer fortement à la sécurité alimentaire de par le monde. Le Maroc, pays membre de l’IPC à travers la FISA, n’a de cesse de déployer les moyens nécessaires pour continuer à améliorer aussi bien les pratiques d’élevage que de production, mais aussi de partager son expérience au profit des pays qui en expriment le besoin. De l’avis du président de ce conseil international de la volaille, l’industrie avicole marocaine est «très efficace».

Quel est le rôle de l’International Poultry Council dans la promotion d’une industrie avicole solide, durable et inclusive ?
L’IPC est la voix de l’industrie avicole dans le monde. Notre rôle est de représenter les entreprises et les associations nationales dans les institutions mondiales, comme la FAO et l’OMS, et de travailler ensemble sur les questions communes.

L’objectif est de développer l’industrie avicole et d’assurer la sécurité alimentaire mondiale, de sorte à équilibrer l’alimentation des pays développés et ceux en développement également, tout en échangeant les technologies, les connaissances et les expertises.

Cet événement a rassemblé 46 pays, plus de 83 entreprises, et ce sont environ 230 personnes qui y ont participé. Tous œuvrent à développer une industrie solide et durable.

D’ailleurs, les efforts finissent par payer, puisque nous élevons et produisons des poulets beaucoup plus rapidement qu’auparavant, parce que nous avons intégré la technologie et la génétique et amélioré l’alimentation en protéines animales, car, il faut le dire, la protéine avicole est la plus abordable dans le monde, mais aussi la plus durable.

Il est important aussi de combattre certains mythes qui sont communs aussi bien au Maroc qu’au Brésil ou encore dans l’UE ou d’autres pays. C’est l’ajout des hormones à la production avicole. Il n’en est rien. Les pays membres de l’IPC travaillent ensemble pour améliorer la production, sans s’adonner à des pratiques contraires à la santé. La finalité est de faire profiter les uns aux autres de leurs expériences.

En parlant de technologies justement, comment les nouvelles technologies agricoles et l’IA peuvent-elles contribuer à améliorer la production avicole ?
C’est l’un des thèmes abordés durant cette réunion annuelle de l’IPC. L’IA est là pour aider à la production, pour vérifier les process et gérer l’élevage. Nous avons, par exemple, des capteurs capables de mesurer la température de l’air et de l’eau à l’intérieur de l’exploitation avicole.

Cela permet de disposer d’une meilleure façon de régler les modes d’élevage pour obtenir une production élevée. Autrement dit, il s’agit de produire plus, avec durabilité, tout en perdant le moins de viande possible.

Avec l’IA, l’industrie avicole africaine devrait se développer davantage pour conduire aussi bien l’élevage, les fermes que les abattoirs. Bien sûr, l’État doit apporter sa contribution à travers, entre autres, une aide financière pour les industriels.

Il n’en demeure pas moins que, sur le continent africain, il existe de grandes entreprises qui ont l’un des meilleurs niveaux de production dans le monde. Mais des opportunités d’amélioration sont à saisir pour améliorer cette industrie. Et cela ne concerne pas que l’Afrique. C’est valable dans tous les pays du monde.

Dans ce contexte, comment jugez-vous l’industrie avicole marocaine en termes de production, d’utilisation
des technologies… ?
Le Maroc a une grande et efficace industrie avicole, grâce aussi bien aux conditions climatiques favorables qu’au niveau élevé des industriels. L’un des grands avantages de cette filière est qu’elle assure l’autosuffisance du pays, que ce soit en viandes ou en œufs. Ce qui contribue à maintenir la sécurité alimentaire du pays.

Dans ce cadre, la FISA (Fédération interprofessionnelle du secteur avicole) contribue fortement à la promotion de bonnes pratiques d’élevage et de production.

Au sein de l’IPC, la Fédération ne lésine pas sur les moyens pour partager son expertise en la matière et plusieurs pays apprennent du Maroc.

Quelles sont alors les principales conclusions tirées de cette réunion annuelle ?
Je tiens à souligner que cet évènement, qui coïncide avec le 20e anniversaire de la création de l’IPC, compte le plus grand nombre de participants. Parmi les sujets principaux traités, en plus des technologies et de l’IA, les maladies qui touchent tous types de volaille, spécialement la grippe aviaire.

Le Maroc a bien démontré sa résilience face à cette maladie, mais ce n’est pas le cas pour tous les autres pays. Partager les expériences et les expertises en matière d’élevage et de production est le pilier essentiel de nos rassemblements. Mais il s’agit aussi de trouver des solutions pour protéger les fermes de toute sorte de maladie qui pourrait impacter la volaille produite et nuire ainsi à la sécurité alimentaire.

Nous comptons mettre en place un plan national et mondial de prévention contre la grippe aviaire, tout en intégrant l’utilisation des nouvelles technologies. Au final, il faudra produire mieux, plus, avec davantage de durabilité, tout en assurant l’accès à l’alimentation à tous les citoyens des pays du monde entier.