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Scène politique : Les femmes partisanes au front
La question de la femme n’est pas l’apanage des associations, dont l’importance de l’action est indéniable. L’apport des organisations féminines relevant des parties mérite d’être pris en compte. La preuve par les faits. Tour d’horizon.
Oui, elles sont bel et bien présentes sur la scène politique. Et pas uniquement dans les tribunes du tissu associatif. Et elles ne sont pas là juste pour faire de la figuration sur les vitrines des enseignes partisanes. Aussi, leur présence n’a rien de circonstanciel, ou au gré des sujets qui agitent la scène sociétale, puisqu’elles, pas toutes bien entendu, s’activent à longueur d’année. Elles, ce sont les organisations féminines des partis politiques.
Autant dire qu’il va falloir se détromper face aux assertions qui ne voient l’implication de la gent féminine que dans les actions menées par certaines associations estampillées «féministes». Quand bien même l’on pourrait parler d’une sous-médiatisation qui ferait qu’on ne perçoit pas, à leur valeur, les actions que plusieurs organisations des femmes des partis politiques mènent sur le terrain.
Et ce, contrairement à ce qui a été constaté à la naissance du mouvement féministe dans sa version associative. Bien que la plupart des associations aient, plus ou moins, des liens avec les enseignes politiques. Ou, tout ou moins, ces associations comptaient parmi elles des femmes appartenant à des partis politiques.
Maintenant, à l’opposé d’une certaine parenthèse, quand les partis «utilisaient» les femmes, à la veille des échéances électorales, comme «porteuses d’étendard» ou encore «animatrices de rencontres informelles dans les maisons», les temps changent au fur et à mesure. Pour la simple raison que la société évolue !
Le débat sur la réforme de la Moudawana en tête d’affiche
En effet, pratiquement tous les partis politiques disposent, depuis quelques années, d’organisations entièrement dédiées aux femmes, qui sont au front des batailles pour l’égalité et les droits.
Or, depuis le déclenchement du débat public autour de la réforme du Code de la famille, l’on assiste à un vrai retour en force des voix des femmes partisanes. Des exemples ? Il y en a à en revendre. Au cours des dernières semaines, la douzaine de coordinations que compte la Fédération nationale des femmes RNIstes, présidée par Amina Benkhadra, sont mobilisées, dans toutes les régions du Royaume.
Et ce, dans un élan d’explication et de sensibilisation autour du projet de réforme du Code de la famille, nous dit Zayna Chahim, responsable de la Coordination de la région Fès-Meknès. L’objectif étant, explique-t-elle, de contrecarrer les contre-vérités et les fausses informations, en particulier celles «galvaudées» sur les réseaux sociaux.
Dans cette même dynamique, bien qu’avec «une démarche autre inscrite davantage dans le plaidoyer», une autre organisation des femmes sur le landerneau se fait, aussi, de plus en plus visible ces derniers mois. C’est de celle relevant de l’Union socialiste des forces populaires qu’il s’agit.
D’ailleurs, pas plus tard que le 27 février, l’organisation des femmes ittihadies, dont le secrétariat national est assuré par Hanane Rihab, a organisé un séminaire, auquel ont pris part plusieurs avocates et avocats du parti de la Rose, relatif à la réforme du Code de la famille.
Un événement qui entre, en fait, dans le cadre d’une série de rencontres de débat sur le même sujet tenues dans plusieurs régions du Royaume.
Et les autres, où en sont-elles ?
Les femmes du parti de l’Istiqlal ne sont pas en reste. Loin s’en faut. En effet, l’organisation des Istiqlaliennes, avec à sa tête Khadija Zoumi, est à l’heure des «actions de proximité» qui ont davantage un caractère social. Et ce, sur fond du programme baptisé, par la direction de la formation de la Balance, «2025, année du volontariat».
Des actions ? Sur instructions du secrétariat général du parti, les Istiqlaliennes ont sillonné bien des provinces du Maroc tout au long du mois de février. C’était aussi l’occasion de créer de nouvelles antennes dans certaines zones où l’organisation n’était pas visible.
Au parti Authenticité et modernité, la vie est tout autre, bien qu’elle ne diffère pas trop de ce qui anime les autres formations. En effet, «sans trop accélérer la cadence», les rencontres explicatives de l’organisation, pilotée par Kouloub Faitah, autour des nouveautés qu’apportent les propositions relatives à la réforme du Code de la Famille, sont faites en étroite collaboration avec les secrétariats régionaux du PAM. La dernière rencontre en date remonte à début janvier dernier.
En revanche, hormis quelques sorties éparses, l’organisation des femmes du parti Justice et développement est sous l’ombre du «zaïm».
Leur mode opérationnel est celui qui se résume à ce qu’elle croit être «l’occupation permanente du terrain», puisque, pour les membres de cette organisation, tous les espaces publics sont des tribunes. De la mosquée au hammam, en passant par les maillages dans les quartiers.
En résumé, ces derniers temps, tout l’intérêt des membres de cette organisation, menée par Saada Boussif, se focalise sur l’attaque de celles et ceux qui ne partagent pas leurs idées sur la réforme de la Moudawana. Et ce, à travers tous les canaux disponibles. À commencer par les réseaux sociaux.
Et de réseaux sociaux justement, c’est là où «ça chauffe le plus», mais tout porte à croire que l’appel des micros et caméras reprendra ses droits.
