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La Bourse au coude-à-coude avec les OPCVM

Le marché actions a survolé l’année d’une hausse à l’autre grâce à la succession d’indicateurs favorables. Les produits de taux, eux, ont évolué dans une conjoncture confortable. Les fonds investis en actions ou en taux ont suivi la performance de leurs sous-jacents.

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Quel produit financier a remporté la palme d’or cette année ? Les dés ont été jetés et l’heure des comptes est arrivée. Alors que l’année dernière tous les produits de placement sont ressortis en territoire positif, avec toutefois une distinction des produits investis en taux, 2024 est celle du marché actions par excellence.

Au 24 décembre, le Masi a affiché une progression de 21,7% depuis le début de l’année.

L’amélioration continue des indicateurs macroéconomiques, le reflux de l’inflation, les réalisations et les perspectives de croissance des sociétés cotées ont été les principaux catalyseurs de la progression de la Bourse.

Il faut dire que tous les secteurs n’ont pas profité de cette embellie au même degré. Les secteurs phares de cette année sont représentés par l’immobilier et le BTP.

En fait, la Bourse a été animée durant cette année par la poursuite de l’effet de l’annonce de l’organisation de la Coupe du monde 2030 à laquelle s’est rajoutée celle de la CAN 2025. Tous les chantiers lancés par l’État, en préparation à ces évènements, en termes d’infrastructures routières, autoroutières, portuaires, aéroportuaires…, ont porté la performance des titres des sociétés industrielles.

Ce sont des marchés en milliards de dirhams qui sont à saisir et qui devraient hisser les réalisations commerciales et financières des sociétés cotées du BTP et, partant, leur cours en Bourse. D’ailleurs, l’indice sectoriel des bâtiments et matériaux de construction a affiché une hausse de 24% depuis le début de l’année.

Deux valeurs se distinguent particulièrement dans ce secteur : TGCC dont la performance annuelle a atteint 153%, pour un cours de 470 DH, et Jet Contractors qui a affiché une hausse year-to-date de plus de 600% à 1.800 DH.

Les valeurs immobilières, elles, ont explosé leur record, avec des performances allant de 283% pour Alliances Développement Immobilier à un cours de 443 DH, à 253% pour Résidences Dar Saada à 76,6 DH et 156% pour Addoha à 36,7 DH. Ce secteur a tiré profit dès le début de cette année du lancement du dispositif d’aide au logement, qui a remplacé l’ancien système arrivé à échéance en 2020.

Les mines et la santé s’illustrent
D’autres secteurs se sont également démarqués après une année 2023 où ils avaient une petite santé. À leur tête, les mines qui ont fini l’année avec une performance sectorielle de 60%, bénéficiant de la hausse des métaux précieux et des perspectives favorables attendues dans les prochaines années.

N’oublions pas le secteur de la santé avec comme vedette Akdital qui a réalisé une croissance de 108%, grâce à son programme d’investissement mais aussi à son augmentation de capital d’un milliard de dirhams. Akdital n’est pas la seule à avoir procédé à ce type d’opérations sur titre.

Plusieurs ont enrichi le marché comme celles du Crédit du Maroc, du CIH, de Jet Contractors…, et pour finir l’année en beauté une IPO de CMGP de 1,1 milliard de dirhams.

Ce qui a donné un coup de boost au marché actions également, ce sont les résultats semestriels de la cote, qui sont ressortis très favorables et en ligne avec les estimations des analystes de la place. En effet, le chiffre d’affaires a enregistré une augmentation de 4,3% à 151 milliards de dirhams et le résultat part du groupe de 21% à 21 milliards de dirhams.

Rappelons tout de même qu’il a été plombé par les résultats de Maroc Telecom qui avait écopé d’une amende de 6 milliards de dirhams, en faveur de Wana Corporate et qui a fait plonger le résultat total de 2,6%.

Le Trésor en situation aisée
Bref, le marché actions a évolué cette année dans un environnement serein, au gré de la succession des évènements favorables, au point que même l’abaissement du taux directeur survenu en juin de 25 points de base, à 2,75%, censé pousser les investisseurs à procéder à un réarbitrage vers le marché des taux, n’a pas eu lieu.

Ce n’est certes pas la seule raison. Le Trésor a montré une situation financière confortable, recourant à des levées tant sur la partie courte que la partie longue de la courbe, tout en répondant à la demande des investisseurs, sans créant de zizanie ou de déséquilibre. En effet, l’argentier de l’État a géré prudemment ses besoins le long de cette année.

Ce qui n’a pas exercé un effet notable sur les taux obligataires. Ils ont connu une détente plus remarquable ces derniers mois, portés certes par une situation satisfaisante des finances publiques mais aussi par les projections d’une sortie imminente sur le marché international.

À la dernière séance d’adjudication de cette année, ils ont varié sur le marché primaire de 2,28% pour le 13 semaines, à 2,63% pour le 2 ans, en allant jusqu’à 3,24% pour la maturité 10 ans.

Les OPCVM ont évolué à l’instar des produits qui y sont investis. Les fonds actions ont réalisé une performance de 24,3%, les monétaires de 26,3%, les obligataires de moyen et long terme de 20,6% et de courte échéance de 10%.

Et comme le rendement des produits bancaires, notamment les comptes sur carnet, est calqué sur ceux des bons du Trésor à 52 semaines observé un semestre auparavant, diminué de 50 points de base, il a été fixé par Bank Al-Maghrib à 2,78% les six premiers mois et à 2,43% pour les six derniers de cette année.

 


Les particuliers, des plus dynamiques
Il est à souligner cette année l’intérêt grandissant des particuliers pour le marché actions. Bien que leur part dans le volume global soit encore faible comparativement aux OPCVM et aux personnes morales, à 27%, leurs interventions étaient des plus intéressantes.

Au 2e trimestre, les personnes physiques marocaines ont augmenté leurs achats de 5 fois par rapport à la même période en 2023 et de 62,8% par rapport au trimestre précédent, pour un montant qui s’est élevé à 4,5 milliards de dirhams.

Parallèlement, elles ont effectué des ventes pour un montant presque similaire de 4,4 milliards de dirhams, en hausse de 4 fois par rapport au T2 2023 et de 58,7% par rapport au T1 2024. Résultat d’une éducation financière, de l’appât du gain rapide, d’une démocratisation de la Bourse ? On n’en saura pas plus !