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Marché automobile : Après le redémarrage, La reprise se confirme
Les ventes de voitures neuves ont enchaîné en novembre un cinquième mois consécutif de croissance, confirmant la relance entrevue cet été. Entre percée des marques asiatiques et renouveau du segment VUL, voici les grandes tendances.
Après un premier semestre mitigé, les ventes de voitures neuves au Maroc reprennent du poil de la bête. Le marché automobile domestique vient en effet de signer, en novembre, un nouveau bond dans le vert, avec la cession de 15.826 unités, en progression de près de 15% par rapport aux ventes réalisées en novembre 2023.
Ce volume porte le cumul des ventes depuis le début de l’année à 153.779 véhicules neufs, soit une hausse de 6,8%. Le mois de décembre étant généralement un mois de promotions et d’offres agressives consenties par les concessionnaires, le marché est bien parti pour finir l’année sur une note positive, autour des 170.000 véhicules vendus.
Une performance satisfaisante, mais qui demeure tout de même inférieure au niveau des ventes d’avant-Covid (178.000 voitures cédées en 2018).
Toujours est-il que les conditions d’une relance pérenne du marché semblent aujourd’hui réunies : la reprise de l’économie nationale se confirme et l’inflation, qui a impacté la demande durant ces dernières années, est désormais maîtrisée.
Par ailleurs, au niveau de l’offre, la disponibilité des véhicules dans les showrooms est revenue presque à la normale (même si ce problème persiste chez une poignée de concessionnaires), tandis que les prix se sont, bon an mal an, stabilisés.
À cela s’ajoute la perspective d’une nouvelle phase d’assouplissement des conditions de crédits, suite à la baisse du taux directeur en juin. Une baisse qui, selon toute vraisemblance, devrait se poursuivre au cours des prochains mois et rendre l’accès au crédit plus facile. De quoi stimuler davantage la demande des acheteurs.
Le VUL en forme…
L’analyse des statistiques du marché à fin novembre, rendues publiques par l’Aivam, l’Association des importateurs de voitures neuves au Maroc, permet de dégager certaines tendances du marché.
La première est que le segment des véhicules utilitaires légers (VUL) connaît une forte dynamique commerciale. Lequel segment, dont l’évolution est liée à l’activité économique et à la santé des entreprises, affiche des ventes en hausse de 17,1% sur les 11 premiers mois de l’année, pour culminer à plus de 17.000 unités vendues.
Une hausse solide qui profite toutefois d’un effet de base important : ce segment ayant été l’un des plus impactés par les crises successives, enregistrant trois années de baisses successives. Autrement dit, le rebond constaté cette année dans ce segment est dû, en partie, à un «effet rattrapage».
Pour ce qui est du segment des véhicules particuliers (VP), qui représentent 90% du marché, la situation est bien meilleure qu’au premier semestre où les ventes avaient fini dans le rouge.
Depuis l’été, les ventes de ce segment (citadines, compacts, SUV, etc.) sont sur un trend haussier et affichent 136.741 véhicules vendus sur les 11 premiers mois de l’année, soit une croissance de 5,65% par rapport à la même période de l’année dernière. Sur le seul mois de novembre, les ventes du segment VP ont enregistré une hausse de 15,81 % par rapport à novembre 2023, avec 13.921 unités vendues.
Les chinoises aussi
Ce segment est toujours dominé par le trio Dacia, Renault et Hyundai, avec des parts de marché respectives de 25%, 15% et 8,2%. Mais ce qui frappe, c’est la percée spectaculaire des marques chinoises nouvellement introduites dans le marché marocain.
C’est le cas du géant chinois de la mobilité électrique BYD, qui commercialise ses véhicules dans le Royaume depuis l’année dernière. Les chiffres de l’Aivam montrent que les ventes de la marque totalisent 447 véhicules sur les 11 premiers mois de l’année contre seulement 28 l’année dernière.
Le constat est le même pour les marques Changan et Geely, dont les ventes sont passées en un an de zéro à respectivement 447 et 461 véhicules. Si aujourd’hui leur part de marché reste encore faible, la percée de ces marques chinoises sur le marché domestique est amenée à se poursuivre, à mesure que leur réseau de distribution s’étoffe.
Il faut dire aussi que les Marocains semblent de plus en plus séduits par ces véhicules qui allient technologie, design attractif et surtout un bon rapport équipements/prix.
Le haut de gamme garde le cap
Les véhicules du segment premium continuent d’afficher une forme olympique, et les marques allemandes caracolent en tête. Malgré une décélération de ses ventes (+4% à fin novembre), Audi reste leader de ce segment avec 4.124 voitures vendues en 11 mois.
La marque aux anneaux est talonnée par son rival, BMW, dont les ventes culminent à 3.942 unités, en progression de 27,7%. Mercedes complète le podium, avec 2.708 voitures vendues de janvier à novembre 2024, en hausse de 15,4%.
Porsche, de son côté, continue d’exploser les compteurs. La célèbre marque au cheval noir a écoulé pas moins de 566 véhicules en 11 mois, soit une moyenne de plus de 50 par mois, en croissance de 48,5% par rapport à fin novembre 2023 !
Timide progression des véhicules électriques
Le marché automobile marocain commence à connaître de légers changements avec l’adoption, timide certes, des voitures hybrides rechargeables ou totalement électriques.
La part de marché de ces véhicules reste faible (autour de 1%), mais en constante progression. Elle est amenée à grandir au fil des ans avec l’objectif de se rapprocher d’une part de marché de 20% à la faveur de la diversification continue de l’offre, mais aussi d’une baisse attendue des prix de ces véhicules.
Des incitations fiscales et financières pour encourager l’adoption des véhicules électriques ont été mises en place. Mais leur impact reste limité tant que les infrastructures de recharge ne sont pas massivement développées. En attendant, le diesel continue de dominer les débats, avec une part de marché d’environ 90%.