Territoires
En Couv’. Sahara : Le momentum à saisir
Le Conseil de sécurité conforte la position du Maroc. Sa dernière résolution s’inscrit dans la droite ligne de la doctrine du Royaume. L’Algérie a beau guerroyer, elle a fini par se dévoiler et choisi de ne pas voter quitte à accentuer son isolement international.
Aujourd’hui, l’initiative d’autonomie proposée en 2007 par le Maroc bénéficie du soutien de plus de 112 pays à travers le monde. Parmi eux, une vingtaine d’États des Amériques, près des trois quarts des pays africains et, dans la même proportion, des pays membres de l’Union européenne.
C’est une réalité dont le Conseil de sécurité, dont deux membres permanents (la France et les États-Unis) reconnaissent la marocanité du Sahara, ne peut faire fi. Même plus, au moment où presque tout le monde s’attendait à une réédition de celle de 2023, la résolution 2756, adoptée le 31 octobre dernier, consacre deux évolutions importantes qui confortent la position du Royaume.
Dans le premier ajout, lit-on dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères qui reprend des paragraphes du texte adopté à la majorité de 12 voix et deux abstentions, le Conseil «s’est félicité du momentum récent et a demandé instamment à ce que l’on construise autour».
De ce fait, explique la même source, le «Conseil fait sienne la dynamique internationale que connaît le dossier du Sahara marocain». Désormais, l’action de l’ONU ne peut que s’inscrire dans le cadre de cette dynamique. Le second ajout concerne l’appel du Conseil de sécurité aux autres parties «d’éviter les actes qui pourraient compromettre le processus politique».
Le Conseil, poursuit le ministère, «se fait, ainsi, écho de la position officielle claire du Royaume, il n’y a pas de processus politique sans respect du cessez-le-feu».
Le Conseil, tout en insistant à nouveau pour «une solution politique réaliste, pragmatique, durable et mutuellement acceptable», appelle les parties, y compris l’Algérie, à reprendre le processus des négociations dans le cadre des dispositions des précédentes résolutions votées depuis 2007.
C’est à s’y méprendre, et c’est ce qu’ont d’ailleurs souligné plusieurs observateurs, le Conseil de sécurité reprend à peu de choses près les quatre conditions posées par le Maroc pour poursuivre le processus des négociations.
Pour rappel, les quatre principes fondamentaux de la position du Royaume sont le soutien aux efforts du secrétaire général et de son envoyé personnel pour trouver une solution politique réaliste, pragmatique, durable et fondée sur le compromis, la reconnaissance de l’autonomie, sous souveraineté marocaine, comme solution unique à ce différend régional et la tenue de tables rondes impliquant toutes les parties, notamment l’Algérie, comme cadre exclusif du processus.
Le quatrième point est le respect strict du cessez-le-feu par toutes les parties, condition préalable à la poursuite du processus politique.
Enseignements à tirer du vote
Autant dire que cette dernière résolution est «le dernier tournant» d’avant la solution définitive de ce différend. C’est dûment inscrit dans le texte, «le statu quo n’est pas acceptable», et l’Algérie, principale partie à ce conflit et qui en empêche la résolution, a pratiquement tout essayé et battu toutes ses cartes.
La dernière étant celle du Conseil de sécurité, puisqu’en tant que membre non permanent, tout ce dont elle a été capable c’est de se retirer au moment du vote. Une situation, du reste, inédite dans les annales de cet organe de l’ONU. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé de peser sur la résolution.
Elle a même pu faire parvenir à l’étape du vote intermédiaire deux amendements liés à la question des droits de l’Homme, dont l’un réitère une vieille proposition américaine d’élargir le mandat de la Minurso au monitoring des droits de l’Homme.
Les deux amendements n’ayant pas atteint le quorum nécessaire pour être retenus, d’autant que, portant sur le fond du texte de la résolution, ils sont susceptibles d’être rejetés par le véto de l’un des membres permanents. Donc aucune chance de passer.
La réaction du représentant permanent de l’Algérie, surtout la manière avec laquelle il s’en est pris au «Rédacteur», c’est-à-dire les États-Unis, en dit long sur la frustration et la déception de ce pays qui finalement n’a été appuyé par aucun autre membre dans sa croisade contre le Maroc. L’Algérie a pesé de tout son poids, quitte à compromettre définitivement son soi-disant statut de «non partie», mais elle n’a rien obtenu en contrepartie.
Au contraire, sa non-participation au vote confirme l’isolement de sa position au sein du Conseil de sécurité, et au-delà de la Communauté internationale. La Russie et le Mozambique ne l’ont pas suivie. Une question d’intérêts sans doute.
Autre enseignement et non des moindres à tirer du vote de cette résolution : la France, joignant l’acte à la parole, s’est pleinement rangée du côté du Maroc, au même titre d’ailleurs que les États-Unis. Dans le commentaire de son vote, le représentant permanent de l’Hexagone a réitéré la position de son pays selon laquelle «le présent et l’avenir du Sahara occidental s’inscrivent dans le cadre de l’autonomie sous souveraineté marocaine». C’est la seule solution politique juste, a-t-il assuré. Une page est définitivement tournée.
Le Maroc se félicite
Pour le Royaume, cette résolution intervient dans un contexte marqué par la trajectoire irréversible imprimée par le Souverain au dossier de l’intégrité territoriale du Royaume. Et ce, à travers les soutiens croissants des membres permanents du Conseil de sécurité et de pays influents à la marocanité du Sahara et à l’initiative d’autonomie, ainsi que la poursuite des retraits des reconnaissances de la RASD.
La résolution préserve tous les acquis du Maroc. Elle introduit également de nouveaux éléments importants pour l’évolution future du dossier au sein des Nations unies.
En effet, le nouveau texte consacre le cadre, les parties et la finalité du processus politique. Ainsi, le Conseil rappelle de nouveau que les tables rondes constituent le seul et unique cadre pour parvenir à une solution politique au différend régional sur le Sahara marocain.
De plus, la résolution identifie clairement les parties au différend, notamment l’Algérie qui en est citée autant de fois que le Maroc.
De même, le Conseil de sécurité réaffirme que la solution politique ne peut être que réaliste, pragmatique, durable et basée sur le compromis, des éléments cardinaux de l’initiative d’autonomie, dont la prééminence a été réaffirmée.
