Chronique
Que vive le Maroc béni par l’histoire et la géographie !
Dans la configuration géostratégique actuelle du monde, il y a des pays que la géographie et l’histoire ont bénis et d’autres qui en sont quasiment maudits.
«Malheur à celui qui possède un bienfait et le mésestime !», dit l’adage arabe. Ils sont nombreux dans la blogosphère marocaine à méconnaître et, parfois, à mépriser la bénédiction qu’est l’appartenance à notre vieux Royaume.
Les plus virulents d’entre eux sont les plus paresseux, les moins entreprenants et les aigris chroniques. Or, une nation aussi paisible, si enracinée dans l’Histoire et si gâtée par la géographie, constitue une chance pour chaque citoyen dès lors que celui-ci s’active à bénéficier de ses belles opportunités.
Bénéficiant de deux façades maritimes, situé à quelques brasses de l’Europe et dorénavant solidement collé à l’Afrique subsaharienne, le Maroc dispose d’atouts rares dont peu de pays peuvent s’enorgueillir.
Dans la configuration géostratégique actuelle du monde, il y a des pays que la géographie et l’Histoire ont bénis et d’autres qui en sont quasiment maudits.
En dépit de sa superficie naguère allongée par la colonisation française au point d’en faire le plus vaste territoire d’Afrique et du monde arabe, l’Algérie demeure néanmoins cloisonnée, ne disposant que d’une minuscule fenêtre maritime d’un millier de kilomètres sur la Méditerranée.
À bien scruter le relief de cette «élastique» contrée devenue État par la magie du référendum initié par De Gaulle le 1er juillet 1962, force est de constater l’exiguïté de l’unique partie fertile de ce mégaterritoire, à savoir la bande – bien mince – qui va de Tlemcen à Annaba.
Tout le reste du territoire est partagé entre récifs montagneux et étendues désertiques. À cette malédiction géographique s’ajoute celle d’une gouvernance désastreuse, incapable de viabiliser un aussi vaste territoire.
Et c’est bel et bien cette double malédiction qui est à l’origine de la jalousie et de la haine viscérale qu’oppose la gérontocratie militaro-politique d’Alger au Maroc. Baigné et béni par ses 3.500 kilomètres de littoraux atlantique et méditerranéen, le Maroc, loin de négliger ses parties désertiques, développe son aménagement de territoire d’une manière soutenue et globalement intelligente.
En cette matière, ce qui a été déjà accompli dans ses provinces sahariennes force l’admiration non seulement des pays qui ont dûment installé leurs consulats à Laâyoune et à Dakhla, mais également des nations les plus développées qui comptent résolument y investir dans des secteurs de pointe, l’agriculture, l’énergie et les technologies hydrauliques.
En ces temps où la globalisation des échanges exige la fluidité et, par conséquent, l’accès aux océans et aux mers, la pire des malédictions de la géographie qu’est l’exiguïté ou l’absence de littoral plombent les économies des pays «cloisonnés».
La récente proposition royale de permettre aux pays du Sahel d’utiliser la façade atlantique marocaine constitue, à n’en point douter, une bénédiction inédite pour ces derniers.
En lançant son initiative atlantique au profit de ces pays enclavés, le Maroc soumet la géographie aux exigences de l’Histoire, ce qui est le propre des grandes nations. «La géographie, c’est une littérature humaniste appliquée à l’espace.
(Elle) nous explique, jour après jour, pourquoi, face aux menaces et aux risques qui sont brandis sans cesse au-dessus de nos têtes, il ne faut jamais désespérer, mais agir ensemble, au contraire, au service de l’humanité», écrit Sylvie Brunel dans «Bonheur de la géographie» (in «La géographie», hiver 2009, p. 98).
En vérité, à quelques exceptions près, les malédictions de l’Histoire sont généralement passagères, tandis que celles de la géographie sont de nature quasi structurelle.
Mais cela n’a nullement empêché certains grands leaders de restituer intelligemment la géographie à l’Histoire, comme le fit Bismarck en son temps. Que fit feu Hassan II sinon accomplir le même dessein, le 6 novembre 1975, au moyen de la glorieuse Marche verte ?
Nous sommes donc bien loin de la nature des pays «fomentés» hasardeusement par les puissances coloniales sur des cartes d’état-major ! Ou encore des pays qui sont arrivés à la surface de l’Histoire par inadvertance comme ce fut le cas d’une poignée de contrées arabes sans background identitaire ou ethnoculturel enraciné.
Si certains de ces pays se sont inscrits résolument dans une œuvre salutaire et constructive d’homogénéisation sociopolitique et ethnoculturelle, à l’instar de l’Arabie saoudite ou des Emirats arabes unis, l’Algérie, après 62 longues années d’existence, n’arrive toujours pas à entreprendre le début du commencement d’un destin national librement consenti et assumé par l’ensemble de ses populations.
Aussi, n’est-il guère étonnant que ce peuple frère d’Algérie continue à subir l’indéracinable malédiction des errements pseudo-idéologiques ruineux qui ne cessent d’animer une mafia surgalonnée, mais ô combien sourde et aveugle face à ses responsabilités devant l’Histoire.
Ce qui distingue le Royaume béni de l’Extrême-Couchant est donc non seulement sa situation géographique idéale, mais également son background historique. Ces deux atouts majeurs lui confèrent de facto un rôle de premier plan dans son environnement africain, arabe, méditerranéen et au-delà.
Or, ceux, parmi nous, qui lui opposent des qualificatifs proprement insultants à leur pays ne le font souventement pas par quelque souci de le voir plus performant ou plus rayonnant, mais par inconscience, sinon par pure irresponsabilité.
Si la critique constructive est la bienvenue dans tout débat démocratique, les remontrances teintées d’insultes n’ont pas leur place dans une approche que d’aucuns prétendent patriotique.
Je prétends, quant à moi, que ce vieux et beau Royaume est bel et bien béni par l’Histoire, la géographie et… ses saints dont la majorité s’était vaillamment battue à travers les siècles pour la pérennité et l’indépendance de la patrie !
