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Fonds d’investissement régionaux : Zoom sur le «dernier-né»
Le Fonds d’investissement de la région Casablanca-Settat, dédié aux très petites entreprises et aux PME, devrait être opérationnel au premier trimestre 2025. Le nouveau véhicule financier ciblera, dans un premier temps, 25 à 30 entreprises avec un ticket moyen d’investissement de 10 MDH par structure. Éclairage.
Après la création du Fonds d’investissement régional de l’Oriental (FIRO) en 2007, le lancement du Fonds du Nord pour le développement et l’investissement (voir encadré), il y a un an (octobre 2023), c’est au tour du Fonds d’investissement dédié aux très petites entreprises et aux PME au niveau de la région Casablanca-Settat de voir le jour. Le Conseil régional a approuvé, le 7 octobre 2024, en session ordinaire, plusieurs mesures structurantes pour la mise en place et le démarrage du nouveau véhicule financier qui s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Plan de développement régional 2022-2027. Le nouveau fonds d’investissement de la région Casablanca-Settat, doté de 241 MDH, vise prioritairement la création d’emplois au niveau du territoire, assimilé au poumon économique du Royaume. Fonctionnement, modalités d’intervention, date d’opérationnalisation du Fonds, processus de sélection des entreprises éligibles, gouvernance de la société gestionnaire du nouveau véhicule financier…, sont autant d’axes parmi d’autres, expliqués par Nacer Mekouar, conseiller auprès du président du Conseil régional de Casablanca-Settat, sollicité par La Vie éco.
Un fonctionnement calqué en partie sur le FM6I
Notre source évoque plusieurs aspects similaires au mode de fonctionnement et d’intervention du Fonds Mohammed VI pour l’investissement (FM6I), dont le démarrage effectif des fonds sectoriels est très attendu dans les cercles des investisseurs et des entrepreneurs.
Nacer Mekouar explique dans ce sens qu’avant le démarrage effectif du fonds qui devrait coïncider avec le premier trimestre 2025, un appel à manifestation d’intérêt (AMI) sera lancé. L’objectif étant de sélectionner une société de gestion du véhicule financier pour lequel la région contribue à hauteur de 200 MDH et la CDG à hauteur de 41 MDH.
«Il incombera à la future société de gestion désignée suite à l’AMI de sélectionner les entreprises, et ce, dans le cadre d’un comité d’investissement», explique en substance notre interlocuteur.
Dans le même sillage, il importe de rappeler qu’en début d’année, le FM6I avait dévoilé la présélection de 17 sociétés de gestion de fonds sectoriels et thématiques, censées hâter l’émergence d’une industrie du capital-investissement robuste au Maroc.
Ces fonds thématiques du FM6I interviendront en prenant des participations directes dans les entreprises présentant une particularité : l’ambition de se développer tout en améliorant leurs fonds propres, une étape charnière avant le recours au financement classique (marché des capitaux, système bancaire) ou le développement à l’international.
En clair, à l’instar des fonds sectoriels du FM6I, le nouveau fonds d’investissement régional interviendra via l’equity.
Une trentaine d’entreprises ciblées dans un premier temps
Nacer Mekouar est formel : «Parmi les principaux objectifs chiffrés du Fonds d’investissement régional, il y a lieu de mentionner environ 25 à 30 entreprises ciblées avec un ticket moyen d’investissement de 10 MDH».
Ceci dit, le nombre d’entreprises investies par le Fonds peut être supérieur à 30 si le ticket moyen d’investissement est inférieur à 10 MDH. Tout en mentionnant le plafonnement du ticket d’investissement à 10 MDH par structure, notre source ne manque pas d’attirer l’attention sur le fait que le nombre d’entreprises financées par le fonds dépend également du niveau des besoins de financement de celles-ci. «Par exemple, si les besoins de financement se situent en moyenne à 5 MDH, près d’une cinquante d’entreprises pourront être financées», explique notre interlocuteur.
Au registre des critères de sélection des entreprises, notre interlocuteur insiste sur le paramètre hautement cardinal de la capacité et du potentiel de création d’emplois des futures structures qui seront investies par le nouveau Fonds.
Autre précision de taille : les financements apportés par le Fonds sous forme de capital-risque ne sont pas des fonds perdus. Par conséquent, les entreprises ou «start-up» ayant déjà fait leurs preuves sur le marché local ou à l’international et qui présentent un bon rythme de croissance, couplé à un business model déjà éprouvé, auront plus de chance d’être sélectionnées.
En d’autres termes, le profil-type des structures susceptibles d’être financées est celui de la «gazelle», en l’occurrence une jeune pousse dont la croissance soutenue pendant plusieurs exercices corrobore l’extensibilité du modèle économique.
Ainsi, à côté de l’ambition affichée de créer un effet d’entraînement sur le segment du capital-risque, au profit des entreprises régionales en renforçant leurs fonds propres, le véhicule financier régional est doté d’une stratégie de sortie (désinvestissement).
«Le mécanisme de désinvestissement permettra à terme de financer une prochaine salve d’entreprises à l’échelle régionale», confie notre interlocuteur.
En définitive, notons que la société anonyme (SA) qui sera chargée du pilotage du nouveau fonds aura un conseil d’administration, composé de 5 administrateurs (3 représentants de la région et 2 représentants de la CDG Invest).
Nordev, un véhicule financier qui ratisse large
Bien que disposant d’un nombre d’actionnaires plus important à son lancement, le Fonds d’investissement de la région de l’Oriental (FIRO) présente des similarités avec le fonds d’investissement régional de Casablanca-Settat. Ce qui n’est pas le cas du Fonds du Nord pour le développement et l’investissement (Nordev), aux antipodes du financement en capital-risque, lancé il y a juste un an par le Conseil régional de Tanger-Tétouan-Al Hoceima.
Doté d’une enveloppe de 1 MMDH sur cinq ans, Nordev s’adresse à cinq catégories de porteurs de projets nationaux ou internationaux. Le véhicule financier du Nord ratisse large et sa cible va des coopératives aux grandes entreprises. Les investissements de Nordev qui prennent la forme de subventions (jusqu’à 30% de l’investissement, plafonné à 10 MDH pour les grandes entreprises) peuvent porter sur de nouvelles créations ou des extensions de projets existants.
