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En Couv’. Maroc-Chine : Le business en plein boom

Les IDE chinois au Maroc sont sur une trajectoire résolument haussière, à mesure que les relations entre les deux pays se raffermissent et gagnent en confiance. Retour sur les raisons d’une idylle économique.

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Le Maroc s’impose de plus en plus comme une destination privilégiée pour les investisseurs chinois. Au sortir de la crise sanitaire, et dans un contexte de réorganisation des chaînes de valeur mondiales, les projets d’investissement dans le Royaume portés par de grands groupes chinois se multiplient dans des secteurs stratégiques et à forte valeur ajoutée, comme les batteries pour véhicules électriques, les énergies renouvelables, les pièces automobiles ou encore le textile. Des projets à coup de milliards de dirhams qui traduisent la relation de confiance qui lie les deux pays et qui est amenée à se consolider davantage au fil des ans.
Tout part de la visite effectuée, en mai 2016, par le Roi Mohammed VI en Chine, et sa rencontre avec le président Xi Jinping, couronnée par la signature d’un partenariat stratégique.

Une visite qui a insufflé une véritable dynamique aux relations de coopération entre les deux pays, notamment dans le domaine économique. Il est vrai que depuis cet événement, le business entre les deux pays s’est considérablement étoffé, que ce soit en termes d’échanges commerciaux ou d’investissements.
L’un des symboles de ce rapprochement est assurément la Cité Mohammed VI Tanger Tech. Lancée à l’occasion de la visite royale à Pékin en 2016, cette cité, qui abrite déjà plusieurs industriels chinois de renom, constitue un projet ambitieux de ville industrielle et intelligente, et illustre la convergence des visions marocaine et chinoise. Elle a vocation à devenir un hub majeur pour les technologies avancées et les projets industriels de nouvelle génération, en particulier dans les secteurs de la mobilité électrique, de l’automobile et des énergies renouvelables.

Une idylle économique bien entretenue
L’adhésion du Maroc à l’initiative de la Ceinture et la Route (Belt and Road initiative, appelée également Nouvelle route de la soie), à la faveur de la signature d’un mémorandum d’entente en 2017, est une autre conséquence importante de la visite royale à Pékin.

En adhérant à cette initiative, le Maroc s’est imposé comme un partenaire idéal pour la Chine pour pénétrer les marchés africains et européens, fort de sa position stratégique en Afrique du Nord et de sa base industrielle éprouvée et compétitive, entre autres atouts.
D’ailleurs, lorsque les opérateurs chinois sont interrogés sur les raisons qui les poussent à investir dans de grands projets industriels au Maroc, ils ont tous, peu ou prou, la même réponse : stabilité politique et économique, positionnement stratégique, ouverture économique, main-d’œuvre qualifiée, infrastructures de qualité et connectivité. Par ailleurs, les accords de libre-échange conclus par le Maroc avec les États-Unis sont une aubaine pour les industriels chinois ciblés par des surtaxations de certains produits, notamment les voitures et les batteries électriques, à leur entrée sur les marchés américains et européens.

La récente visite de Aziz Akhannouch en Chine, où il a représenté le Roi au 24e Sommet de coopération Chine-Afrique, a permis de constater que l’idylle économique entre les deux pays est plus que jamais d’actualité. À la tête d’une importante délégation, comprenant notamment le département de l’Investissement et le patronat, le chef du gouvernement a multiplié les rencontres avec de hauts responsables gouvernementaux chinois, mais aussi avec des opérateurs chinois. Ces derniers «se dirigent vers des secteurs que nous cherchons à développer au Maroc, comme l’automobile, la mobilité électrique, l’énergie et le textile», a déclaré Mohcine Jazouli, ministre délégué chargé de l’Investissement.

Les IDE greenfield en forte hausse
La présentation de la nouvelle Charte de l’Investissement, mise en place en 2023 par le gouvernement, a également figuré au programme. Les opérateurs chinois ont pu ainsi prendre connaissance des nombreuses incitations offertes par le Maroc aux investisseurs étrangers. Tout ceci laisse présager d’un raffermissement des relations entre les deux pays et d’une hausse des IDE chinois vers le Maroc, lesquels sont déjà en forte hausse, supplantant même les investisseurs étrangers traditionnels du Royaume.

Le dernier rapport de suivi de la situation économique au Maroc publié par la Banque mondiale en juillet dernier se fait l’écho de cette percée des IDE chinois au Maroc. Selon ce rapport, «les annonces d’IDE au Maroc sont en forte hausse, marquées par l’entrée en force de la Chine comme investisseur majeur au Maroc». En effet, les nouveaux projets greenfield d’IDE annoncés par des entreprises internationales ont plus que quadruplé, passant de 3,8 milliards de dollars en 2021 à 15,6 milliards de dollars en 2022 et 20,4 milliards de dollars en 2023. La Chine est devenue le nouvel investisseur principal, représentant 29% de toutes les dépenses d’investissements en IDE greenfield annoncées pour 2022–2023. Une part qui reflète l’intérêt croissant des entreprises chinoises pour les opportunités offertes par le Royaume, notamment dans les secteurs des énergies renouvelables et des voitures électriques.
Et ce n’est qu’un début… À en croire nos sources, «plein d’autres projets d’investissement arrivent !».