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Archives LVE 1983 : «Dynamite» de marché
Il y a 40 ans, le premier fabricant de dynamite au Maroc s’apprêtait à lancer un nouveau produit. Le marché des explosifs était en plein essor.
Il est inutile de souligner l’importance des explosifs dans la vie économique moderne: ils servent à extraire du sol les minerais et des combustibles, à construire des routes et des voies ferrées, à libérer les ports des obstacles à la navigation, etc.
Après des débuts rudimentaires, l’industrie des explosifs a vite évolué pour devenir une industrie complexe s’appuyant sur la recherche.
Il faut remonter au XIIIe siècle pour retrouver dans un écrit de l’auteur arabe AhdAllah la première mention documentée du salpêtre, élément de base de la poudre noire. Ce n’est pas avant 1242, quand le moine anglais Roger Bacon publia une formule de poudre noire, que l’on considéra ce produit comme agent explosif. C’est en 1627, en Hongrie, qu’eut lieu la première utilisation de la poudre noire pour faire sauter du roc.
En 1846, Ascanio Sobrero, professeur à l’Université de Turin en Italie, découvrait la nitroglycérine. Cette découverte amena la mise au point de la dynamite, explosif qui pouvait faire infiniment mieux que la poudre noire, c’est-à-dire non seulement déplacer le roc, mais aussi le fracasser.
En 1861, Alfred Nobel construisit une petite fabrique de nitroglycérine à Helenberg, en Suède. Le chargement et le transport de la nitroglycérine liquide étaient très dangereux, produit risquant d’exploser au moindre choc.
En 1867, Alfred Nobel mit au point la première dynamite en utilisant du kieselguhr pour absorber la nitroglycérine et la rendre moins sensible aux chocs. En 1875, il lance la dynamite gélatineuse en dissolvant la nitrocellulose dans la nitroglycérine. On commença en 1867 à exploiter les propriétés explosives du nitrate d’ammoniaque. Son usage se répandit d’abord pour remplacer une partie de la nitroglycérine comme ingrédient dans la dynamite. Par la suite, on l’utilisa pour la fabrication d’explosifs sans nitroglycérine, tels les explosifs typeN, sensibilisés au trinitrotoluène.
Les années 1950 ont vu le déclin des dynamites remplacées par deux nouveaux produits, les mélanges nitrate d’ammoniaque/huile de chauffage et les gélatines aqueuses.
De 1955 à nos jours, la production des explosifs à base de nitrate d’ammoniaque/huile de chauffage ne cesse de croître.
En 1952, la Société du Pont de Nemours commence ses recherches sur les gélatines aqueuses. C’est en 1958 qu’elle débute la fabrication des gélatines aqueuses Tovex pour les trous de grand diamètre et, en 1970, celle des gélatines aqueuses Tovex en trous de petits diamètres en utilisant le nitrate de monométhylamine comme sensibilisant.
Ces gélatines aqueuses ont de gros avantages par rapport aux dynamites. Elles sont plus résistantes que les dynamites à la mise à feu accidentelle, elles éliminent les maux de tête dus à la nitroglycérine et réduisent les gaz et les fumées de tir.
La CADEX, premier fabricant de dynamites au Maroc, en 1933, a évolué dans le sens de l’amélioration technologique des explosifs. En effet, depuis 1970, elle a développé considérablement le marché du nitrate d’ammonique/fuel-oil dont elle occupe la première place avec 90% du marché.
Début 1984, la CADEX commencera à fabriquer et à commercialiser les gélatines aqueuses Tovex de la Société du Pont de Nemours, dont elle est licenciée depuis 1979.
Cette dernière fabrication permettra à CADEX de proposer à ses clients une gamme complète d’explosifs vils.
Le marché marocain est actuellement de 30.000 tonnes d’explosifs se décomposant comme suit :
– 27.000 tonnes d’explosif nitrate-fuel en vrac
– 3.000 tonnes d’explosif en cartouches dynamites, explosifs type N et gélatines aqueuses.
À ce marché s’ajoute celui des accessoires de tir, cordeau détonant, mèche de mineur et détonateurs dont certains sont fabriqués localement (cordeau détonant, mèches de mineur).
Le marché, bien que modeste, devrait bénéficier dans les années à venir du développement du secteur minier préparé par des sociétés de recherche et développement (BRPM, ONAREP) et de la concrétisation de nombreux projets importants (ports, barrages, voies ferrées).

