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Textile : Les exportations toujours tirées par la confection
À l’export, le textile et habillement se porte bien et les industriels restent globalement confiants. Cependant, ils estiment nécessaires le développement de l’amont et la promotion du label «Made in Morocco» pour un meilleur positionnement à l’international.
Les exportations textiles enregistrent une hausse de 11,5% selon les derniers chiffres de l’Office des changes. Le secteur a réalisé un chiffre d’affaires de 28,6 milliards de dirhams, soit 2,956 milliards de dirhams de plus par rapport à la même période de 2022. Selon les professionnels, cette hausse est portée par la filière de la confection dont les exportations ont augmenté de 15,4% par rapport à l’an dernier. Les confectionneurs ont exporté 18,6 milliards de dirhams contre 16,1 milliards de dirhams en 2022. Les articles de bonneterie ont évolué de 5,2% avec un chiffre d’affaires qui s’est situé à 5,2 contre 5 milliards de dirhams l’an dernier.
Pour les industriels, la croissance sera maintenue durant les prochains mois et «l’année devrait se terminer avec une bonne performance», même si, notent-ils, certains donneurs d’ordre ont revu leurs commandes à la baisse.
Les industriels qui réalisent actuellement les collections du printemps et de l’été 2024 disent avoir «travaillé à une cadence plus élevée il y a quelques années». Expliquant ce qu’ils appellent «un petit essoufflement», certains opérateurs du secteur soulignent le recul des exportations vers l’Espagne qui se situe à 15,3% depuis le début de l’année. L’Espagne a plutôt misé, cette année, sur les importations européennes, notamment en provenance de la France. Par ailleurs, sur le marché français, les industriels estiment que, d’une part, la baisse des commandes est due d’abord à la réduction des achats de produits de textile puisque selon un sondage OpinionWay pour La Retail Tech, 63% des Français ont revu à la baisse leurs dépenses habillement. Et d’autre part, les Français semblent opter de plus en plus pour les achats de seconde main. Une tendance forte qui justifie le recul des commandes de réassort.
Le Made in Morocco boostera les exportations…
Au-delà de l’actuelle conjoncture, les opérateurs demeurent optimistes quant aux perspectives du secteur. Les projets d’investissements en cours ainsi que l’intégration des filières devraient contribuer à l’amélioration de la compétitivité du Maroc. Celui-ci reste fortement dépendant des marchés extérieurs et sa capacité d’exportation des produits finis est fortement tributaire de ses importations des matières premières (fil, tissu et accessoires). On notera que près de 90% des intrants sont importés. D’où l’importance de renforcer l’amont du secteur qui, étant capitalistique, n’enregistre que très peu d’investissements. Le développement de l’amont est un facteur principal pour le renforcement de la compétitivité du textile national.
Cependant, d’autres mesures devront être déployées pour un meilleur positionnement du Maroc sur le marché mondial. Pour les industriels, les pouvoirs publics devraient soutenir les entreprises textiles via la formation en matière de gestion de la qualité, l’adoption de normes internationales et l’optimisation des chaînes d’approvisionnement. Mais aussi la promotion du label «Made in Morocco» pour mettre en avant la qualité de la production nationale. Et enfin, les opérateurs appellent à des mesures pour encourager et faciliter l’accès aux marchés internationaux. Parmi les outils à mettre en place, l’octroi d’une prime à l’exportation ou encore la renégociation des accords commerciaux avantageux pour le Maroc.
