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En Couv’. Le Maroc, catalyseur de l’essor du ballon rond africain

Entre les Marocains et le football, c’est une histoire d’amour qui ne fléchit pas. Le Souverain l’a consolidé, érigeant le sport comme une véritable économie et un soft power au profit de la jeunesse marocaine et des pays frères et amis du continent.

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C’est acté. Le Maroc coorganisera la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal. Le Royaume fera son entrée dans l’histoire en étant la deuxième nation africaine où se jouera la plus prestigieuse manifestation footballistique. Ce mercredi 4 octobre 2023, les Marocains ont appris la bonne nouvelle via un communiqué du Cabinet royal. «Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, a le grand plaisir d’annoncer au peuple marocain que le Conseil de la FIFA vient de retenir à l’unanimité le dossier Maroc-Espagne-Portugal comme candidature unique pour l’organisation de la Coupe du Monde 2030 de football», indique le communiqué. Le Souverain affirme que cette décision du Conseil de la Fédération internationale de football «salue et reconnaît la place de choix du Maroc dans le concert des grandes nations». Une reconnaissance qui fait la fierté de millions de Marocains, grands aficionados du ballon rond. Sur les réseaux sociaux, nombreux ont manifesté leur joie et leur remerciement au Souverain, ayant inscrit le sport et le football, en particulier, parmi les grands axes de son projet sociétal, et ce, depuis son intronisation.
Une semaine avant cette annonce historique, au Caire, le Maroc a été désigné hôte de la Coupe d’Afrique des nations (CAN 2025). «Derrière la joie et le sourire de Fouzi Lekjaa se cache une confiance inébranlable. L’annonce ne fut pas surprenante pour le président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF). On s’y attendait», se rappelle un proche du dossier qui ne manque pas de relever l’énorme travail entrepris par la Fédération royale, suivi de très près par la plus haute autorité du pays, pour défendre les deux dossiers d’organisation de la CAN et de la Coupe du monde. Et même si dans les deux cas les autres parties n’avaient pas retiré leurs candidatures, le Maroc disposait de fortes chances grâce à un dossier en béton. Le pays présente un véritable gage de réussite d’une CAN et d’une Coupe du monde qui resteront dans les annales du football continental et mondial. «Le Maroc a gagné la confiance de la FIFA à plusieurs reprises. Il a déjà démontré sa capacité à organiser avec brio les événements les plus complexes, et cela lui a valu les félicitations de la Fédération internationale et de toutes les instances régionales et continentales sportives», nous déclare El Mehdi Kasoua. Le consultant en politique sportive, spécialisé dans le football, rappelle par ailleurs que le Maroc a été classé premier sur les 9 critères de la CAF pour l’organisation de la CAN. Il a obtenu une note de 85/100, le hissant à la tête du podium continental en termes de capacité organisationnelle.

Tous les ingrédients réunis, récoltons les fruits !
Si le Maroc a réussi haut la main cette double consécration, ce n’est pas le fruit du hasard. Une politique sportive a été érigée par le Souverain depuis une vingtaine d’années, avec à la clé une stratégie visionnaire où tout a été pensé pour atteindre le niveau d’excellence d’aujourd’hui, notamment dans le football. Le résultat, tous les Marocains et le monde entier l’ont savouré lors de la dernière Coupe du monde au Qatar, où le Maroc a réussi une prouesse historique, en atteignant le carré d’or. Un exploit qui a mis le Royaume sous les projecteurs et a permis un rayonnement exceptionnel de l’image du pays, impactant de manière surprenante l’un des secteurs vitaux de l’économie du pays : le tourisme. Les statistiques le confirment, plus de 71 milliards de dirhams de recettes touristiques durant les huit premiers mois de cette année. Du jamais vu. Un record que l’on doit notamment à la prestation héroïque de nos Lions de l’Atlas, dont certains sont issus de l’Académie Mohammed VI de football, une pépinière de champions du ballon rond.
Ceci dit, le Maroc a réussi ce saut à partir d’une date fatidique : le 11 novembre 2013, date qui a marqué un tournant dans le football national grâce à l’élection de Fouzi Lekjaa à la tête de la FRMF. «On peut parler d’un avant et d’un après Lekjaa», nous lance Kasoua. «Grâce à son pragmatisme et son efficacité, nous avons enchaîné les succès au niveau des différentes sélections hommes et femmes, nous avons marqué un retour triomphal dans la Coupe du monde après une absence de plusieurs années, et nous avons remporté plusieurs coupes au niveau africain et international», énumère-t-il. Ceci sans parler de l’organisation d’événements importants comme la Coupe du monde des clubs en 2013 et 2014, ou encore la Coupe d’Afrique des moins de 23 ans, remportée par les Lionceaux de l’Atlas en 2023. De plus, le Maroc s’est démarqué dans les instances dirigeantes des grandes fédérations et associations internationales comme la FIFA et la CAF. Pragmatisme, stratégie visionnaire bien outillée, mobilisant des moyens importants… c’est ce qu’a apporté Lekjaa au football marocain, le positionnant dorénavant dans «le soft power marocain».

Le Maroc, locomotive du football africain
Le Royaume est devenu, en peu de temps, le catalyseur de tout un continent dans la planète du ballon rond. Le pays a ouvert ses bras à plusieurs pays africains pour jouer des matchs, que ce soit pour les rencontres amicales ou les phases éliminatoires de compétitions internationales, en plus du partage de savoir-faire et de formation au profit des cadres africains. «Grâce à la vision du Roi Mohammed VI qui place la jeunesse marocaine et son épanouissement au cœur de ses priorités, le Maroc est considéré aujourd’hui comme la locomotive du football africain et l’a démontré à maintes reprises. Nous écrivons aujourd’hui l’histoire. Le Royaume est en train d’initier une base africaine de football professionnel qui n’aura rien à envier aux niveaux internationaux», martèle El Mehdi Kasoua.


CAN, coupe du Monde… quel impact économique ?

Investir dans le sport et organiser des compétitions comme la CAN ou la Coupe du monde sont-ils rentables ? Quel sera leur retour sur investissement ? À ces questions, Omar El Kettani nous apporte quelques éclaircissements. Pour l’économiste, il faudrait mieux raisonner en moyen et long termes. «Il va y avoir un coût pour s’équiper, mais qu’on pourrait amortir d’ici 2025. Maintenant, c’est prouvé que l’organisation de la CAN est moins rentable que la Coupe du monde, mais ça va jouer en faveur de plusieurs secteurs comme le tourisme, au moins à l’échelle africaine», déclare-t-il. Plus important, cela va améliorer l’image de marque du Royaume auprès des pays africains, précise par ailleurs l’économiste, «vu que le Maroc joue un rôle de leadership sur le plan économique et diplomatique avec l’Afrique. Ça peut avoir des répercussions positives au niveau des relations qu’entretient le Maroc avec les pays du continent», poursuit-il. «Pour le moment, on ne peut pas estimer quantitativement l’impact économique de la CAN ou de la Coupe du monde, mais une chose est sûre, au-delà des questions de rentabilité et de gains financiers, l’image du Maroc sera rehaussée, particulièrement en Afrique», ex-plique l’économiste.