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Séisme : Parer aux urgences avant la restauration
Trois structures muséales ont été affectées par le séisme. Les équipes de la FNM ont procédé aux premiers diagnostics et une étude minutieuse est attendue. La réhabilitation suivra.
Outre les dégâts humains et matériels qui ont affecté les populations et les régions sinistrées, des monuments et des sites historiques ont été également touchés. Notamment à Marrakech.
En effet, comme il fallait s’y attendre, les lieux culturels de la ville ocre n’ont pas été épargnés par les effets du séisme du 8 septembre. Outre les dégâts constatés dans certaines zones de la médina, des parties de ses remparts qui se sont effondrées, ce sont surtout des musées emblématiques qui ont ressenti, à des degrés divers, l’onde de choc.
Particulièrement le Musée des Confluences, Dar El Bacha, le Musée national du tissage et du tapis, Dar Si Saïd, ainsi que le Musée du patrimoine immatériel à Jamaâ El Fna, apprend-on du côté de la Fondation nationale des musées (FNM). Aux premières heures du samedi 9 septembre, la FNM était sur le qui-vive, en dépêchant, dans l’urgence, ses experts sur place pour évaluer les dommages causés par ce tremblement de terre. Mais aussi, et surtout, pour prendre les mesures qui s’imposent afin de garantir la sécurité des visiteurs. Il faut dire que le topo dégagé de ces trois structures muséales est assez préoccupant, au point qu’on annonce, du côté de la Fondation, que les travaux de restauration pourraient durer au moins deux mois.
L’état des lieux, en attendant la réhabilitation
Ainsi, plusieurs zones à risque ont été identifiées au Musée des Confluences, notamment au niveau de l’entrée principale, ainsi qu’au niveau du plancher au-dessus de celle-ci, sans omettre, entre autres, des fissures structurelles dans les murs. C’est d’ailleurs ce qui a poussé la Fondation à décréter la fermeture de ce site, comme autant d’autres, par mesure de précaution, en attendant l’achèvement des travaux de restauration.
Par ailleurs, l’on apprend que l’état général du Musée national du tissage et du tapis est, lui aussi, jugé grave. En particulier, au niveau des acrotères des murs de façades qui présentent, explique-t-on auprès de la Fondation, un risque d’effondrement à tout moment. Ce qui représente, précise-t-on, une menace directe pour la sécurité des visiteurs. De même que des signes d’inclinaison de murs, des torsions, des poteaux penchés ainsi que des chutes de fenêtres ont été relevés, note la Fondation, tout en soulignant que le 1er étage de la bâtisse est considéré comme une zone à haut risque.
En revanche, le Musée du patrimoine immatériel de la place Jamaâ El Fna, situé dans l’ancien siège de Bank Al-Maghrib, semble avoir bien résisté. En effet, aucun signe de dégradation des planchers en béton armé n’a été constaté, ni de signe d’affaissement ou de tassement n’a été relevé, ce qui est, aux yeux des experts de la FNM, «encourageant en termes de stabilité des fondations». Cette structure, ouverte au public en février dernier, présente néanmoins quelques fragilités qui risquent de la compromettre. Aussi quelques fissures structurelles ont-elles été constatées au niveau d’un mur en terrasse et nécessitent, explique-t-on, «une attention particulière».
En plus du travail consistant à évaluer les dégâts, la réactivité de la Fondation s’est également illustrée par la mobilisation de toutes les ressources nécessaires, humaines et matérielles, pour parer au plus urgent. En effet, avec l’aide d’un bureau d’études et une entreprise de construction, des échafaudages de consolidation provisoire ont été installés pour soutenir les structures de ces musées. C’est dire qu’un travail titanesque devrait être fait pour tout remettre en l’état. Parce qu’il ne s’agit pas uniquement de sécuriser les lieux, mais surtout d’établir, sur la base des diagnostics qui se poursuivent, plus d’action appropriée pour restaurer ces sites qui figurent parmi les attractions phares de la ville ocre. Toujours est-il que ce n’est pas demain la veille que les choses reviendront au statu quo d’avant. C’est que, tout en apportant les actions d’urgence, un «bureau d’études compétent» devrait procéder à une étude minutieuse, qui devra baliser la voie pour la réhabilitation.
Autres sites touchés
Alors qu’elle était en rénovation, la Mosquée de Tinmel, dont la construction remonte au XIIe siècle, a été terrassée par le tremblement de terre du 8 septembre. Un monument d’une rare importance historique, situé dans la localité adjacente aux communes Talat N’Yaacoub et d’Ighil, comme tous les autres sites affectés, devra faire l’objet des études nécessaires précédant l’élaboration d’un projet de réhabilitation, annonce-t-on auprès du département de la Culture. Dans la région de Ouarzazate, la Kasbah Aït Ben Haddou et celle de Taourirt ont aussi tremblé et sont, actuellement, sous étude en vue de leur restauration, assure-t-on. À Marrakech, les Palais El Badii et Bahia, ainsi que les Tombeaux des Saadiens ont été, légèrement, touchés, mais resteront partiellement ouverts, assurant une capacité d’accueil de 50%.
À Taroudant, l’ancienne médina a aussi subi l’onde de choc. Mais, ce sont surtout les remparts de la ville qui inquiètent. La 3e plus grande muraille du monde, haute de 8 à 14 mètres et longue de 7 kilomètres, exige, elle, des interventions d’urgence pour éviter les risques d’affaissement de certains tronçons. Et ce, en attendant que les experts terminent le travail d’évaluation et de diagnostic, avant de passer à l’étape de restauration.

