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Pouvoirs

En Couv’. Reconstruire, reloger, développer…

Après l’intervention d’urgence, la vie continue. C’est toute une région qu’il va falloir rebâtir sur de nouvelles bases. Une mission qui va nécessiter des milliards de dirhams.

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Le gouvernement est déterminé. Il s’attelle à la reconstruction de l’ensemble des zones détruites par le séisme d’Al Haouz. Les maisons, les écoles, les centres de santé, les routes… seront réhabilités. Les victimes seront indemnisées et relogées avec l’appui de l’État.
Aujourd’hui, explique le chef du gouvernement à l’issue de la réunion de la commission interministérielle dédiée, tenue lundi 11 septembre, nous sommes encore au stade de la gestion de la crise.

Des victimes encore en vie à sauver, les corps ensevelis à déterrer et à enterrer, les blessés à hospitaliser et les sans-abris à loger et à nourrir. Après cette étape vient celle de la reconstruction et du relogement. Nous sommes actuellement en train de recenser les victimes. Il y aura une indemnité qui sera versée aux sinistrés pour reconstruire leur logement.
Une commission planche sur ce sujet. Elle proposera une offre en ce sens dans les jours à venir, annonce Aziz Akhannouch. Dans un troisième temps, il y aura tous ces services de l’État à refaire fonctionner, enseignement, santé, routes, pistes, réseau de l’eau potable et de l’électricité… Là encore, l’ampleur du travail qui attend le gouvernement est énorme.

Le chef de l’Exécutif évoque, à titre d’exemple, au moins 500 établissements scolaires complètement ou partiellement détruits à rouvrir. Un programme sera lancé pour réhabiliter tous les services publics.
Ainsi, passées les interventions d’urgence et de sauvetage, intervient l’étape la plus lourde à gérer : les réparations et la reconstruction. Et si pour la première phase le Royaume a mis en place un mécanisme d’Organisation de secours (ORSEC) réglé à la minute près (plan amélioré et renforcé depuis le séisme d’Al Hoceima en 2004), une deuxième étape de ce plan n’a été complétée que récemment. Le principal point d’inflexion est la mise en œuvre du Fonds de solidarité contre les événements catastrophiques, entré en service en janvier 2020.
Ainsi, en toute logique, le Chef du gouvernement devrait publier un arrêté déclarant les régions frappées par le séisme comme «zones sinistrées». Cette démarche est nécessaire pour activer les mécanismes d’intervention de ce Fonds. Seulement, comme le précise la loi 110-14, il s’agit d’un fonds d’indemnisation des personnes sinistrées.

Nous parlons, entre autres, de couverture de dommages corporels et incorporels et éventuellement des dépenses à caractère allocataire non prises en charge par les autres systèmes d’assurance. Son rôle va certainement intervenir en complément.
Là, il s’agit d’un séisme dévastateur dont les dégâts ne sont pas encore répertoriés. Mais on sait déjà que les besoins sont énormes et se chiffrent à des milliards, voire à des dizaines de milliards de dirhams. On mesure donc la pertinence des instructions royales données au gouvernement pour l’ouverture d’un compte spécial pour la gestion des effets du séisme, mais aussi la célérité avec laquelle le gouvernement a mis en exécution cette consigne.
Dimanche en fin d’après-midi, un Conseil de gouvernement a été réuni avec un seul point à l’ordre du jour, l’adoption d’un décret portant ouverture de ce compte spécial. La réponse des citoyens, des institutions et différentes organisations ne s’est pas fait attendre.
Dès son ouverture, ce Fonds spécial commence à recevoir les premiers dons. C’est sans doute dans ce fonds que seront également logés les dons internationaux annoncés un peu partout dans le monde, en Europe plus particulièrement.

2004, point d’inflexion
Ce compte sera ainsi destiné principalement à financer les dépenses relatives au programme d’urgence pour la réhabilitation et l’appui des efforts de reconstruction des maisons détruites au niveau des zones sinistrées. Il couvrira également les frais de prise en charge des personnes en situation difficile, notamment les orphelins et les personnes vulnérables, ainsi que ceux inhérents à la prise en charge immédiate des personnes sans abri à cause du séisme et des incitations aux acteurs économiques à la reprise immédiate des activités dans les zones concernées. Les fonds collectés grâce à ce mécanisme vont aussi aider à la constitution de réserves et stocks de première nécessité au niveau de chaque région du Royaume pour parer à tout type de catastrophe, en plus de l’ensemble des dépenses relatives à la gestion des effets de ce tremblement de terre. Plan ORSEC, système de gestion des actions de solidarité, mécanisme de collecte des fonds, et dispositif d’indemnisation et de prise en charge à plus longue échéance, c’est ainsi qu’est déployé le dispositif national de prévention et de riposte en cas de catastrophes naturelles. On l’a compris, depuis l’instant zéro. Le gouvernement, les autorités… ont fait le choix de l’action. Les paroles, c’est bien pour après, elles ne sauvent pas des vies.
Pourtant, sans doute mal informés, pour ne pas dire autre chose, certains partenaires du Maroc ne semblent pas avoir pris la mesure que le Royaume a investi significativement depuis le tremblement de terre d’Al Hoceima de 2004 pour revoir ses approches et renforcer ses outils de gestion de crise.
Une nouvelle réalité qui échappe même à certains de nos concitoyens qui n’arrivent pas à comprendre comment le Maroc accepte en urgence l’aide de tel ou tel pays et ne réagit pas immédiatement à l’offre de tel ou tel autre. «La coordination est l’élément clé», note en ce sens un haut cadre du ministère de l’Intérieur. C’est ce qui explique que l’assistance proposée par certains pays a été acceptée de suite. Le séisme de 2004 a été, il faut le souligner, un point d’inflexion dans la gestion des catastrophes naturelles. La pandémie a montré que le Maroc est désormais capable de gérer n’importe quelle crise. Il a compris que la complexité croissante des crises et les attentes accrues des citoyens envers les pouvoirs publics imposent de constamment ajuster les approches, les méthodes et les moyens de la gestion de crise pour une meilleure efficacité des dispositifs d’intervention et de sauvetage. Il a aussi compris dans le cas des séismes ou des inondations que tout se joue lors des premières heures.
C’est pour cela qu’il a mis en place un cadre décisionnel clair, avec une capacité élevée de coordination entre les différents intervenants. Le Plan ORSEC constitue, dans ce cadre, le plan générique de la réponse d’urgence au Maroc au niveau des territoires. Déclenché par le wali ou le gouverneur, ce plan prévoit la mise en œuvre immédiate des moyens et la mobilisation des personnes nécessaires à la gestion de crise sous son autorité. Son activation entraîne la mise en place d’une cellule de crise et mobilise les acteurs clés de manière coordonnée à l’échelon territorial. Le niveau de mobilisation peut gagner en échelle selon l’étendue de la catastrophe. Dans ce cas, une réunion a été présidée par le Souverain lors de laquelle des instructions ont été données pour mettre en œuvre un certain nombre de dispositions. Une cellule interministérielle se charge, après, du suivi de l’exécution des instructions royales. La suite découle de soi. Réunions, suivi de l’état des lieux et élaboration de feuilles de route. Cela tout en mettant en place les moyens financiers, matériels et humains nécessaires.


COMMENT SONT ORGANISÉES LES INTERVENTIONS ?
Depuis 2007, un Centre de veille et de coordination (CVC) a été mis en place au sein du ministère de l’Intérieur. C’est lui qui assure le rôle de coordination des actions de réponse avec l’ensemble des départements au niveau national.

Les moyens de la Protection civile ont été réorganisés et renforcés en parallèle avec la création de commandements régionaux et provinciaux, d’unités mobiles d’intervention, et de bases logistiques réparties sur tout le territoire. D’autres ministères et services ont également consolidé leurs approches de gestion de crise comme le ministère de l’Équipement, ou les opérateurs d’infrastructures.
Les principales missions du plan ORSEC sont les liaisons et transmissions assurées par les services des télécommunications, le maintien de l’ordre géré par la police et la gendarmerie, le secours et le sauvetage, une mission dont sont investies la Protection civile, les FAR et les Forces auxiliaires. En même temps, les soins médicaux avec l’intervention du ministère de la Santé et du Croissant Rouge, et les travaux et les équipements assurés par le ministère de l’Équipement et les opérateurs d’infrastructures. Les opérations d’accueil et d’hébergement sont menées conjointement par la Protection civile, le Croissant Rouge marocain et les associations.