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Culture

Mehdi Qotbi : «Le chemin parcouru n’est qu’un point de départ prometteur»

Depuis son lancement en 2014, la FNM affiche une grande ambition : celle de doter toutes les villes du Royaume d’un musée. Le président de la Fondation brosse le tableau.

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Pour Mehdi Qotbi, les réalisations et les réussites obtenues ne sont pas une fin en soi, mais une source de motivation pour aller plus loin. L’objectif étant de repousser les limites et ouvrir de nouvelles perspectives. Il confie que la préoccupation première de la Fondation réside dans la volonté de continuer à enrichir son parcours d’accomplissements. Avec un engagement : construire un avenir où l’art, la culture et le patrimoine continueront d’être célébrés, partagés et préservés pour les générations à venir.

Quel regard portez-vous sur le chemin parcouru par la Fondation jusqu’à aujourd’hui ?
Depuis sa création sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la FNM œuvre pour la démocratisation et l’accessibilité à tous du patrimoine culturel. Elle contribue au partage de notre héritage, riche et ancestral, par la rénovation et l’ouverture des musées. La Fondation a révolutionné le paysage muséal au Maroc, avec la volonté d’ouvrir un musée dans chaque ville et région du Royaume afin de permettre aux Marocains de découvrir et de s’approprier ce patrimoine qui est le leur. Ils ont ainsi retrouvé le chemin des musées et se sont rapprochés de leur culture et de leur histoire. Tétouan, Tanger, Meknès, Rabat, Safi, Marrakech et Agadir disposent d’une palette culturelle variée. Aujourd’hui, les espaces muséaux marocains sont des passeurs de mémoire et des catalyseurs d’émotions qui connaissent une fréquentation de plus en plus évolutive par un public de tout âge.

Vous êtes donc globalement satisfait…
Dans l’ensemble, le chemin parcouru depuis la création de la Fondation est marqué par des réalisations significatives et une reconnaissance de l’importance des musées dans notre société. Cela constitue une base solide pour continuer à aller de l’avant et susciter l’émerveillement des visiteurs.

S’il fallait retenir certains moments de ces années, qu’est-ce qui vous parlerait le plus ?
À vrai dire, chaque moment de cette aventure a forgé notre identité et a nourri notre détermination pour poursuivre notre mission avec passion et persévérance, tout en étant conscient que la culture est l’affaire de tous. Ces années ont été marquées par de nombreux évènements, expositions, rencontres, rénovations et ouvertures de nouveaux musées aux quatre coins du Royaume. Il y a eu des grands rendez-vous avec l’Histoire, comme l’inauguration du musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain en 2014 par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, un moment dont on se souvient tous et qui a ouvert la voie à une nouvelle dynamique culturelle au Maroc. Des grands noms de l’art ont été exposés dans ce musée, à l’instar de Picasso, Giacometti, César, Goya, Delacroix, Sidibé, Henri Cartier-Bresson… permettant ainsi au MMVI de se placer comme un haut-lieu de la culture sur le continent africain et dans le monde arabe. La Fondation est aujourd’hui citée en exemple à travers le monde, grâce, entre autres, à la collaboration avec des institutions nationales et internationales qui ont permis de continuer de faire rayonner l’art et la culture au-delà de nos frontières. On doit aussi beaucoup aux généreux donateurs et mécènes qui nous font confiance.

Le mot «Fondation des Musées» évoque le passé. Comment la Fondation parvient-elle à garder un ancrage fort dans le présent et à se projeter dans le futur ?
Les musées ont comme rôle de préserver le patrimoine culturel et artistique du passé, mais cela ne signifie pas pour autant que nous sommes uniquement tournés vers ce passé. Au contraire, nous avons également un devoir important à jouer dans le présent et dans la construction de l’avenir. Nous cherchons à rendre les musées vivants et pertinents pour les visiteurs, en organisant des expositions, des programmes éducatifs et des événements qui abordent des thèmes et des questions au cœur de l’actualité. Nous investissons dans la modernisation de nos infrastructures, à travers la promotion des artistes émergents et l’utilisation des nouvelles technologies pour rendre nos musées interactifs et innovants. Notre objectif est de nourrir la passion pour l’art et de favoriser un dialogue entre les générations.

Quelles orientations imaginez-vous pour les années à venir pour davantage de proximité avec les publics, notamment les jeunes, pour qu’ils puissent mieux appréhender l’importance d’une culture muséale ?
La FNM accorde une attention particulière à l’épanouissement culturel du jeune public. Si les musées sont avant tout des lieux de préservation et de conservation du patrimoine, ils sont surtout des lieux de transmission. Nous accordons la gratuité chaque mercredi et vendredi pour les élèves et les étudiants. Nous organisons également des visites scolaires guidées grâce à nos médiateurs ainsi que des ateliers pédagogiques. Nous prévoyons de développer davantage des programmes éducatifs innovants, adaptés aux besoins et aux intérêts des jeunes. Nous nous engageons à renforcer les partenariats avec les établissements scolaires, les universités et les associations de jeunesse. Des collaborations étroites qui permettront, je l’espère, d’intégrer la culture muséale dans l’esprit des jeunes.

Pensez-vous que cette culture pourrait être un autre levier de soft power pour le rayonnement du Royaume à l’international ? Existe-t-il des passerelles à promouvoir dans le cadre d’une stratégie de tourisme culturel ?
La culture marocaine a effectivement un immense potentiel pour servir de levier de soft power et véhiculer le rayonnement du Royaume à l’international. Le Maroc possède une histoire riche, une diversité culturelle et un patrimoine exceptionnel qui peuvent attirer les visiteurs du monde entier. Les musées marocains sont devenus des lieux de vie et d’épanouissement qui offrent une opportunité unique de découvrir et d’apprécier les trésors culturels du pays, et les créations artistiques riches et diversifiées. Ce sont là des aspects qui peuvent renforcer le développement du Maroc à l’échelle internationale et promouvoir une stratégie de tourisme culturel attrayante et ouverte à tous.

Quid des partenariats avec des institutions à l’international ?
Nous développons beaucoup de partenariats avec les institutions internationales, en phase avec la stratégie adoptée par le Royaume, afin de tisser des liens et d’établir un climat de confiance propice à des coopérations culturelles. Toute culture ne peut être viable ni s’épanouir que dans la mesure où elle s’ouvre en permanence sur son environnement international et s’ancre dans l’histoire humaine. Les actions mises en place se nourrissent d’un engagement mutuel, à long terme, où chaque projet s’appuie sur la reconnaissance des compétences et des spécificités de chacun.

Comment faire plus et mieux dans les années à venir ?
La préoccupation première de la FNM réside dans sa volonté de continuer à enrichir son parcours d’accomplissements, en poursuivant son engagement envers les Marocains. Le chemin parcouru jusqu’à présent n’est qu’un point de départ prometteur pour une histoire qui ne fait que commencer. Les réalisations et les réussites obtenues au fil des années ne sont pas considérées comme une fin en soi, mais plutôt comme une motivation pour aller plus loin, pour repousser les limites et pour ouvrir de nouvelles perspectives. Dans un monde en constante évolution, la Fondation est résolue à se renouveler et à rester à l’avant-garde des pratiques muséales. Elle s’engage à construire un avenir où l’art, la culture et le patrimoine continueront d’être célébrés, partagés et préservés pour les générations à venir.

Comment arrivez-vous à concilier le statut de président de la Fondation et celui d’artiste ?
Grâce à la passion, j’ai su trouver l’équilibre entre mon travail d’artiste et mes responsabilités en tant que président de la Fondation nationale des musées. Cette conciliation harmonieuse me permet de m’épanouir pleinement dans ces deux rôles qui me tiennent à cœur. En tant qu’artiste, je stimule mon inspiration et ma créativité pour donner vie à mes œuvres. C’est un domaine où je peux m’exprimer librement. Mon travail d’artiste nourrit ma passion et ma vision en tant que président de la Fondation. C’est une mission qui guide mes actions au quotidien.

Un dernier mot pour la fin ?
Que la culture continue de nous inspirer, de nous émouvoir et de nous guider vers un avenir empreint de beauté, de lumière et de compréhension mutuelle.