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Amazigh : Une première concrétisation des engagements du gouvernement

Le ministère de la justice s’apprête à recruter une soixantaine de cadres maîtrisant l’amazigh qui seront mis à la disposition des tribunaux pour les besoins de traduction.

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Le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, vient de souligner encore une fois l’engagement de l’Exécutif à accélérer les chantiers stratégiques prioritaires de la mise en œuvre du caractère officiel de la langue amazighe. Et ce ne sont pas des paroles en l’air. L’équipe aux commandes vient d’ailleurs de le démontrer, il y a quelques jours. Voici les faits : Cent nouveaux fonctionnaires, dont 60% parlent l’amazigh, seront recrutés et répartis sur les tribunaux ayant besoin d’interprètes de la langue amazighe. C’est une démarche qui a fait l’objet d’une convention signée, mardi dernier, entre le ministère de la justice et l’IRCAM devant le Chef du gouvernement. A cet effet, il a indiqué qu’un concours de recrutement sera ouvert, au cours des deux prochains jours, aux étudiants diplômés en psychologie et sociologie, titulaires d’un master en culture amazighe et lauréats des instituts d’assistance sociale.

Cet accord est considéré comme une étape importante dans le cadre du processus de mise en œuvre du caractère officiel de la langue amazighe. La valorisation du capital humain est, en effet, la solution optimale aux problèmes d’intégration de la langue amazighe dans les différentes institutions. Par conséquent, cet accord est une initiative pragmatique et une étape essentielle dans ce domaine. C’est aussi une concrétisation de l’engagement du gouvernement relatif à cette question.

«Partant du fait que la consécration constitutionnelle de la langue amazighe émane d’une décision et d’une volonté royale, sans laquelle cette étape n’aurait pu être franchie, nous sommes engagés en tant que gouvernement à accélérer les chantiers stratégiques prioritaires stipulés dans la loi organique 26-12 relative à la mise en œuvre du caractère officiel de la langue amazighe et aux modalités de son intégration dans les divers aspects de la vie: enseignement, culture, système judiciaire et administration», a notamment souligné M. Akhannouch. Le Chef du gouvernement a également formé le vœu de voir d’autres mesures se concrétiser progressivement à l’avenir, notamment la garantie de la traduction simultanée de et vers la langue amazighe au sein des tribunaux et de l’administration, l’adoption de l’amazigh dans le domaine judiciaire, y compris la traduction de et vers cette langue lors des procédures d’instruction, de plaidoirie, d’audition des témoins, de notification, outre la possibilité de rendre les verdicts et jugements en langue amazighe.

Il a, par ailleurs, mis l’accent sur l’impératif de mobiliser les efforts et les ressources humaines, logistiques et financières susceptibles de mettre en œuvre les dispositions de cette loi organique, particulièrement en matière de parachèvement des chantiers juridique, organisationnel et institutionnel, permettant de traduire dans les faits les deux lois organiques relatives à l’officialisation de la langue amazighe et du Conseil national des langues et de la culture marocaine.

Il a, de même, relevé que l’officialisation de la langue amazighe et son intégration dans les divers aspects de la vie publique fait partie des priorités du gouvernement, partant de la conviction d’accorder à la langue et à la culture amazighes la place qu’elles méritent dans l’édification de l’identité nationale.

A cet égard, M. Akhannouch a rappelé que le gouvernement a entamé son mandat par la prise de mesures audacieuses et concrètes pour la promotion de la langue amazighe et ce, en allouant 200 millions de DH, dans le cadre de la Loi de finances 2022, pour la mise en œuvre du caractère officiel de la langue amazighe, tout en s’engageant à augmenter progressivement cette enveloppe pour atteindre un milliard de DH en 2025, à créer deux nouveaux prix dans le cadre du Prix du Maroc du livre, à savoir le Prix du Maroc d’encouragement de la créativité amazighe et le Prix du Maroc d’encouragement des études dans le domaine des cultures amazighes.