Vos bijoux en or peuvent rapporter 310 DH/g

Les prix ont augmenté de plus de 16% depuis le début de l’année. Le prix à  l’achat avait même atteint 450 DH le gramme pendant l’été. Les bijoux achetés à  100 DH le gramme il y a sept ans recèlent une plus-value potentielle de 150% à  210% !

L’or confirme encore une fois son statut de placement refuge par excellence. En 2011, les fluctuations des prix du métal jaune ont atteint des pics historiques, tant sur les marchés internationaux qu’au niveau national. En début d’année, le prix du gramme d’or affiché aux vitrines des bijoutiers était de 300 DH. Il a enregistré ensuite une forte hausse pour atteindre les 450 DH en période estivale. Après Ramadan, il s’est stabilisé aux alentours de 350 DH le gramme, niveau pratiqué actuellement. La hausse depuis le début de l’année se situe donc à plus de 16%.
Selon les professionnels du secteur, il ne s’agit nullement de l’état de l’offre et de la demande sur le marché national. «La situation locale de l’offre et de la demande peut affecter le prix de l’or à hauteur de 10% tout au plus», explique un bijoutier. Selon lui, les commerçants veillent continuellement à adapter leurs prix aux cours mondiaux du métal jaune, lesquels se sont appréciés de près de 15% depuis le début de l’année (environ 1 600 dollars l’once actuellement). Rappelons qu’au début du mois de septembre, l’once d’or avait touché le plafond record de 1 900 dollars l’once.
Alors qu’à l’international la demande de l’or, sous toutes ses formes, augmente consécutivement à l’augmentation des prix, la demande marocaine de bijoux en or maintient une tendance baissière, comme le relatent unanimement plusieurs bijoutiers, qu’ils soient établis dans les quartiers populaires ou dans les plus chics galeries commerciales. Mis à part les considérations de baisse de pouvoir d’achat, ce paradoxe se justifie, selon les commerçants, par un changement des habitudes de consommation. Aujourd’hui, c’est l’achat plaisir qui prime, ce qui implique une demande bien plus irrégulière. «On achète un bijou que l’on apprécie sans envisager d’en tirer un bénéfice financier à la revente», précise un autre bijoutier. Quoi qu’il en soit, chaque année, les Marocains achètent en moyenne pour 18 tonnes d’or en bijoux.

Le poinçonnage est passé de 5 à 6 DH le gramme

Au vu de l’attrait de l’or, il continue d’être un placement intéressant. Actuellement, le prix offert aux particuliers souhaitant revendre leurs bijoux varie entre 250 DH le gramme pour les bijoux réservés à la «casse» et jusqu’à 310 DH pour ceux destinés à être revendus en l’état. Pour chaque type de pièce, la plus-value potentielle ressort donc entre 150% et 210% pour les propriétaires de bijoux en or achetés à 100 DH le gramme (prix observé à fin 2004).
Toutefois, les prix proposés aux particuliers vendeurs restent inférieurs aux prix d’achat. Si l’usure et/ou les nouvelles modes expliquent en partie cette différence de prix dans le cas des bijoux destinés à la revente en l’état, il en est autrement pour ceux devant être refondus. Leur dévaluation est à lier à une décote qu’appliquent les bijoutiers systématiquement et qui est de l’ordre de 30% de la valeur à l’achat. Cette décote se justifie par la structure de prix de tout bijou en or. En effet, le prix payé pour l’achat d’un bijou englobe d’abord le coût de l’or brut (de 250 DH à 310 DH le gramme). Vient ensuite le prix de la main-d’œuvre, incluant la marge du bijoutier, qui peut aller jusqu’à 50 DH/g. Enfin, le troisième élément concerne le poinçonnage (autorisation de vente de l’administration des douanes) dont le coût est passé de 5 DH/g à 6 DH actuellement.
Pour la reprise d’une pièce de casse, les bijoutiers n’offrent donc que le prix de l’or brut. Ils suppriment tous les autres coûts, la fabrication de nouveaux bijoux donnant lieu à une nouvelle charge de travail et à un nouveau contrôle des douanes. Mais de cette base, les bijoutiers retranchent encore l’équivalent de 10% de la valeur du bijou. Cela en prévision de la dépréciation que subit généralement l’or refondu, notamment à cause des impuretés qu’il peut contenir.
A ce stade, il faut bien noter que pour les bijoux destinés à la casse, il n’y a pas de différence entre l’or jaune, rouge et blanc en termes de valeur marchande, car, après tout, les trois types d’or ont le même nombre de carats (18 carats, soit 75% d’or pur). Ainsi, seule la nature de l’alliage (cuivre, argent…) diffère et donne sa couleur à l’or. Cela n’empêche pas certains bijoutiers de profiter de l’ignorance des citoyens pour leur racheter leurs bijoux à un moindre prix. Quoi qu’il en soit, si on s’inscrit dans une logique de placement à moyen terme, il est préférable d’opter pour des bijoux simples, qui comportent un minimum de pierres et de soudures.
Notons, par ailleurs, que le secteur n’est pas à l’abri des pratiques frauduleuses. Celles-ci passent généralement inaperçues lorsqu’il s’agit des bijoux volumineux. Par exemple, le façonnier risque d’intégrer des soudures en plomb, notamment au niveau des coins peu visibles de la pièce, pour ainsi augmenter son poids et la revendre à un prix plus élevé. Ces pratiques n’échappent tout de même pas à l’œil de l’administration des douanes. Cette dernière entame des analyses pointues au moment du poinçonnage du bijou pour détecter les impuretés, que ce soit au niveau des matériaux utilisés pour son montage ou encore le calibre utilisé pour avoir les 18 carats autorisés.