Une bonne dynamique de croissance et une valorisation correcte

C’est dans une volumineuse note de recherche de 28 pages que le département analyse et recherche d’Attijari Intermédiation s’est attardé à évaluer le potentiel de la valeur Banque centrale populaire (BCP). Les auteurs de la note recommandent de conserver le titre, qu’ils jugent «correctement évalué», avec un cours cible de 256 DH. Tout juste le cours de la valeur BCP au 20 avril. Ce cours n’a d’ailleurs pas sensiblement varié sur un mois. Depuis le 20 mars, l’action se sera dépréciée de tout juste 1,7%, avec toutefois des fluctuations qui l’auront enfoncé jusqu’au prix de 250 DH.   
Les analystes d’Attijari Intermédiation n’en croient pas moins en la BCP. Ils relèvent d’abord le dynamisme commercial de la banque sur les quatre dernières années. Sur la période, la croissance des dé´pôˆts de la clientè`le et de l’activité´ de cré´dit ont enregistré dans l’ordre des croissances annuelles moyennes de 69,3% et 54,3%.
Une telle progression témoigne surtout d’une profonde  mutation du core business de la BCP. Cantonnée, il y a quelques années encore, à son métier de gestion et de placement des excédents des Banques populaires régionales (BPR), la BCP a œuvré pour se positionner au niveau de l’activité´ corporate avec un statut de banque universelle. Deux raisons expliquent ce changement de stratégie : la constante baisse du rendement du portefeuille obligataire, obligeant la banque à` diversifier ses sources de revenus, ainsi que la conjoncture macroé´conomique favorable durant ces quatre dernières anné´es.
En tout cas, ce positionnement au niveau de l’activité´ corporate a été´ marqué´ par une course aux parts de marché´, entraînant de fait un renché´rissement du coûˆt des ressources ainsi qu’une lé´gè`re baisse du rendement des emplois, dans un contexte de faibles marges. Ceci en appelle à un défi pour la banque. «Le vé´ritable challenge pour la BCP sera de consolider ces performances, dans un contexte de hausse du coûˆt du risque et de conjoncture é´conomique nationale moins euphorique», explicite Attijari Intermédiation. Il n’empêche, l’é´tablissement bancaire a les moyens de ses ambitions, à` savoir une assise financiè`re solide lui permettant de diversifier ses activité´s tout en se conformant aux exigences réglementaires.
Sur la base de tous ces éléments, l’évolution des agré´gats de la banque devrait s’améliorer à l’avenir quoiqu’à` un rythme «beaucoup moins é´levé´ que par le passé´», relativisent les analystes. Ainsi, les pronostics d’Attijari Intermédiation tablent en 2009 sur un PNB consolidé´ de 2 milliards de DH, en hausse de 13,8%, et un résultat net part du groupe (RNPG) de 900 MDH, en hausse de 9%. Sur la pé´riode 2009-2011, une croissance moyenne du PNB consolidé´ de 9,4% est attendue, pour atteindre 2,4 milliards de DH en 2011. Le  RNPG, lui, devrait se hisser à 1,1 milliard de DH en fin de période.