Une année 2018 globalement satisfaisante pour la Bourse des valeurs de l’UEMAO

La croissance économique de la zone économique maintenue à 6,6%. Le secteur tertiaire catalyseur de la croissance du PIB. Les services publics et la distribution limitent la casse du résultat opérationnel.

Le marché de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) commune aux huit pays (Bénin, Burkina Faso, Guinée-Bissau, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Sénégal et Togo) de l’Union monétaire et économique et économique de l’Afrique de l’ouest (UMEOA) a enregistré, à fin mai, 36 publications annuelles 2018 de sociétés cotées sur les 45 valeurs qu’il compte sur ses différents compartiments et qui représentent plus de 97% de la capitalisation globale du marché. C’est ce que rapportent les analystes de BMCE Capital Research ( BKR), dans leur récente analyse de la place boursière dont le siège est à Abidjan.
La performance affichée par ces valeurs, au terme de 2018, reste globalement mitigée par rapport à l’orientation macroéconomique de la zone, laissant ressortir une croissance économique toujours vigoureuse et qui se maintient à 6,6%.

Hausse de 4,6% du CA global

Le secteur tertiaire demeure, lui, en tête des secteurs qui tirent la croissance du PIB avec un niveau de contribution qui atteint 4% (idem qu’en 2017). Il est suivi par les secteurs secondaire et primaire avec une contribution respective de 1,6% et de 1,2%.
Sur le plan opérationnel, les sociétés cotées sur la BRVM ont réalisé à fin 2018 des revenus en hausse de 4,6% à 5 587,9 milliards de FCFA, boostés principalement par la bonne tenue du secteur Pétrole qui enregistre une progression de 23,5% du chiffre d’affaires à 941,4 milliards de FCFA, impulsée par la Smb CI dont le chiffre d’affaires affiche une hausse de 48,7% sous l’effet de l’ascension de ses ventes sur le marché local et de la reprise de ses exportations au Nigéria. De même, les filiales du groupe français Total au Sénégal et en Côte d’Ivoire enregistrent des progressions respectives de 23,4% et 17,4% de leur chiffre d’affaires. Même constat pour les secteurs Distribution et Télécoms dont les CA se sont hissés respectivement de 5,2% et 4%, soutenus par les bonnes réalisations de Cfao CI (+8,8% à 97,9 milliards de FCFA), Bernabe Ci (+7,3 à 44,3 milliards de FCFA) et Sonatel Sn (+5,0% à 1 021,9 milliards de FCFA).
Cette amélioration des revenus globaux est tout de même contrebalancée par les valeurs agro-industrielles qui, dans leur ensemble, enregistrent un fort repli de leur chiffre d’affaires, notamment Palm Ci (-25,2% à 100,8 milliards de FCFA), Saph Ci (-14,6% à 129,8 milliards de FCFA) et Sogb Ci (-19% à 56,7 milliards de FCFA), en lien avec la baisse des cours des matières premières à l’international.
Contrebalançant cette tendance haussière du CA global, le résultat d’exploitation global affiche un repli de -1,7% à 1 147,5 milliards de FCFA tenant compte de l’effet conjugué de la hausse du REX de différents secteurs, à savoir celui des services publics (+85,4% à 10,8 milliards de FCFA), la Distribution (+34,9% à 16,5 milliards de FCFA) impulsée par Servair Abidjan Ci, le secteur pétrolier (+10,4% à 37,5 milliards de FCFA), les Télécoms (+2,2% à 358,2 milliards de FCFA) et les financières (+3,3% à 714,2 milliards de FCFA). Ainsi que du fort recul du REX du secteur des Transports de 52,4% sous l’effet de la hausse des charges d’exploitation de Bollore Transports & logistics, de l’Agro-industrie qui passe de 44,9 milliards de FCFA à -5,1 milliards, imputable à la baisse des cours à l’international des Commodities et du secteur Agro-Alimentaire & Boissons qui enregistre une contre-performance de 24,9% à 8,6 milliards de FCFA à mettre à l’actif notamment de Solibra qui continue de subir la concurrence qui l’oppose à Brassivoire, avec un alourdissement de ses charges d’exploitation, notamment en matière de marketing et de publicité.

Plusieurs secteurs boostent la masse bénéficiaire

Dans ces conditions, la capacité bénéficiaire ressort en hausse de 5,3% à 618,9 milliards de FCFA. Cette embellie est soutenue par les résultats satisfaisants de nombreux secteurs, tels que la Distribution qui a connu une nette amélioration de 48,7% pour se situer à 11,7 milliards de FCFA. Et le Pétrole et les Services Publics qui ont enregistré des progressions respectives de 16,6% et de 65,5% pour se situer à 25,7 milliards de FCFA et 7,8 milliards de FCFA.
A noter que la capacité bénéficiaire des financières s’est renforcée de 23,2% à 362,7 milliards de FCFA, boostée par Ecobank Tg, laquelle progresse de 46,5%, contribuant ainsi fortement à propulser le secteur qui subit de plein fouet la liquidation de la société de négoce Saf Cacao. Hors Ecobank TG, les financières auraient affiché une hausse limitée à 11,4% de leur RNPG à 219,3 milliards de FCFA. Retraitée d’Ecobank TG, la capacité bénéficiaire globale ressortirait en dégradation de 3,1% à 473,5 milliards de FCFA.