Un titre à  garder toujours en fond de portefeuille

Malgré un paysage de plus en plus concurrentiel et une saturation de la production  de ciment dans certaines régions, Lafarge conserve tout de même une longueur d’avance sur ses concurrents. C’est ce qui ressort de la toute dernière note réalisée par Attijari Intermédiation sur la valeur. «Grâce à une stratégie proactive initiée en 2004, le cimentier peut se targuer en effet aujourd’hui de détenir le leadership au niveau national, avec une part de marché de près de 41%, loin devant Ciments du Maroc (27%) et Holcim (26%)», précisent les analystes de la société de Bourse.
Sur le plan de la performance opérationnelle, la facture énergétique, élément-clé de la compétitivité pour un cimentier car représentant près de 60% des charges variables, a été au centre des prises de décisions stratégiques du groupe. «L’extension du parc éolien de 10 MW à 30 MW, l’optimisation du rapport clinker/ciment grâce à une meilleure fiabilité des fours et enfin le doublement du taux d’utilisation des combustibles de substitution ont permis de réduire considérablement la dépendance de Lafarge face aux fluctuations des prix des énergies classiques», explicite Attijari. Cette agressivité économique fait de Lafarge le cimentier à plus bas coût de revient (401 DH par tonne produite contre une moyenne de 455 DH pour le secteur).
Ces éléments ont fait que le groupe affiche en 2008 des performances supérieures à son secteur, notamment une marge opérationnelle de 53% contre 30% pour Cimar et 50% pour Holcim, une marge nette de 34% contre une moyenne de 19% pour les sociétés concurrentes, et un ROE (retour sur fonds propres) de 27%, en ligne avec la moyenne sectorielle. Sur le plan de la solidité financière, Lafarge dispose d’une assise financière confortable lui permettant de renforcer ses capacités de production et d’améliorer son outil indutriel.
Au vu de ses multiples 2009 (un rendement de dividende de 4,5%, en ligne avec celui du secteur et supérieur à celui du marché boursier, et un PER  de 13,3 contre 17,8 pour le marché) et de son niveau de valorisation qu’Attijari Intermédiation situe à  1 543 DH (décote de 8,8% par rapport au cours du 25 mai), la société de Bourse considère l’action Lafarge comme un titre à détenir en fond de portefeuille.
Côté perspectives, le groupe est attendu pour réaliser un chiffre d’affaires consolidé de plus de 5 milliards de DH en 2009, en hausse de 4,1% par rapport à 2008, un résultat d’exploitation de 2,4 milliards de DH, en appréciation de 5%, et un résultat net de 1,76 milliard de DH, en progression de 5%.
En 2010, les indicateurs de Lafarge devraient évoluer plus fortement avec une croissance prévue pour le chiffre d’affaires de 10,2%, à 5,64 milliards de DH, une progression de 11% pour le résultat d’exploitation, à 2,67 milliards de DH, et une hausse de 11% pour le résultat net, à près de 2 milliards de DH.