TCN : l’encours s’épaissit de 17 milliards à fin août

Le montant des émissions est pourtant en baisse. Les émetteurs continuent de s’orienter vers les obligations subordonnées et perpétuelles dont la rémunération est plus intéressante. Le marché de la dette devrait reprendre des couleurs vers la fin de l’année, selon les professionnels.

Le marché de la dette privée est bien orienté depuis ces deux dernières années. Il faut dire que l’engouement des souscripteurs pour les compartiments de ce marché, notamment les obligations subordonnées et perpétuelles, est nettement motivé par une rémunération plus intéressante que celle offerte par les bons du Trésor.

TCN
Evolution de la structure de l’investissement
étranger en titres de créance

Toutefois, pour l’un des directeurs d’une société de gestion de la place, «la progression de ce marché n’est pas assez forte, puisque l’offre est nettement plus faible que la demande qui, elle, est très importante; une demande motivée notamment par la croissance de l’épargne nationale, la réforme du marché financier, etc.».

Les souscripteurs sont plus friands pour les émissions des établissements financiers, des certificats de dépôt et des certificats bancaires. En revanche, ils manifestent moins d’intérêt pour les émissions des Corporates. «Ils sont plus regardants par rapport à la nature de ce type d’émetteurs et préfèrent naturellement des structures adossées à l’Etat (le groupe Al Omrane par exemple)», enchaîne notre interlocuteur.

Ceci dit le compartiment des TCN, lui, peine à retrouver des couleurs. La baisse de régime est encore plus palpable cette année. «Mais l’on pourrait s’attendre à un effet de rattrapage durant les deux derniers mois de l’année», relativise un autre professionnel.

Baisse de la production des certificats de dépôt

En tout cas, sur la base des dernières statistiques disponibles auprès de Bank Al-Maghrib, les émissions de TCN n’ont totalisé que 1,9 milliard de DH à fin août, contre 3,3 milliards sur les huit premiers mois de 2018. Une chute exclusivement due à la régression des certificats de dépôt qui sont passés de 3,1 milliards de DH à 1,2 milliard cette année.

Sur ce compartiment du marché, deux établissements bancaires ont levé des fonds à fin mars (contre six l’année dernière), en l’occurrence le Crédit Agricole (1 milliard de DH) et BMCE Bank of Africa (230 MDH). Les OPCVM et les établissements de crédit ont souscrit respectivement à hauteur de 880 MDH et 350 MDH.

Le gros des levées a été fait à court et moyen terme avec des taux variant de 2,6% pour la maturité comprise entre 366 jours à 2 ans à 2,74% pour celle entre 183 et 365 jours. A noter qu’à la même période de l’année dernière, le taux d’émission était de 2,95%.

Les émissions de billets de trésorerie (souscrits entièrement par les OPCVM) ont progressé à 215,5 MDH, alors qu’elles ne dépassaient pas 65 MDH l’année dernière. Ce sont Jet Contractors (7,5 MDH), Résidences Dar Saada (60 MDH) et Addoha (148 MDH) qui ont été actives cette année. Les émissions ont porté sur des durées de 32 jours à 365 jours, assorties d’un taux d’émission de 5%. Ce taux est resté inchangé par rapport à la même période en 2018.
Les bons des sociétés de financement affichent 480 MDH au compteur contre 200 MDH en 2018. Ils ont été émis par deux établissements Sofac (80 MDH) et Wafasalaf (400 MDH), contre une seule émission de Wafasalaf l’année dernière (200 MDH). Tout le montant est souscrit par les OPCVM.

Les OPCVM sont les plus gros souscripteurs de certificat de dépôt

Dans ces conditions, l’encours global des titres de créances négociables a augmenté à près de 86 milliards de DH (+24% par rapport à fin août 2018). Il est principalement constitué des certificats de dépôt dont le poids est de plus de 68%, et dont l’encours a augmenté de 22%, à 49,15 milliards de DH. Les bons de sociétés de financement pèsent pour leur part 27%, avec un encours de 24 milliards de DH, en hausse de 34%. Quant aux billets de trésorerie, leur encours s’est déprécié de 11,8%, passant de 2,3 à 2 milliards de DH.

L’encours des certificats de dépôt est composé des titres de quasiment toutes les principales banques de la place. C’est Attijariwafa bank qui dispose du plus grand stock avec près de 12 milliards de DH, suivie de Société générale Maroc avec 9 milliards de DH, BBOA avec 8,2 milliards, Crédit Agricole (7,3 milliards), BMCI (6,9 milliards), CIH (6,5 milliards), BCP (3 milliards), Crédit du Maroc (2,4 milliards), le FEC (1,8 milliard), CFG Bank (1,6 milliard) et CDG Capital (940 MDH). Le gros est souscrit par les OPCVM à hauteur de 71% et les établissements de crédit avec 20,3% du montant global. Les particuliers détiennent une part de 7,6% et les assurances et les organismes de prévoyance 1,1%.

L’encours des billets de trésorerie est, lui, constitué des titres de Jet Contractors (76,3 MDH), Label’Vie (200 MDH), Résidences Dar Saada (330 MDH), Addoha (423 MDH),et Managem (1 milliard DH). Là aussi les gros souscripteurs sont les OPCVM avec un poids de plus de 98%, le reste est capté par les assurances et organismes de prévoyance.

Enfin, l’encours des bons de sociétés de financement relève principalement des gros du secteur, notamment Eqdom (5,6 milliards de DH), Maghrebail (4,8 milliards), Wafasalaf (4 milliards) et Sofac (2,5 milliard). Ce sont toujours les OPCVM qui arrivent en tête des investisseurs (71%), suivis des établissements de crédit et de CDG.

A fin juillet 2019, le besoin en liquidité des banques s’est accentué à 78,6 milliards de DH en moyenne hebdomadaire contre 77,5 milliards le mois précédent. Dans ce contexte, Bank Al-Maghrib a injecté 75,4 milliards sous forme d’avances à 7 jours, outre un montant de 2,3 milliards accordé au titre des prêts garantis accordés dans le cadre du programme de soutien au financement de la TPME. L’encours global de ses interventions est ressorti ainsi à 77,7 milliards. Dans ces conditions, le taux interbancaire s’est situé à 2,26% en moyenne, demeurant proche du taux directeur.
Sur les autres marchés, les taux des bons du Trésor n’ont pas connu de variation significative en juillet, aussi bien sur le marché primaire que secondaire. Parallèlement, les taux de rémunération des dépôts à terme ont enregistré en juin des hausses d’un point de base à 2,70% pour ceux à 6 mois et de 5 points à 3,05% pour ceux à un an.

 

Sur le marché de la dette souveraine, les émissions du Trésor se sont établies à 4,8 milliards DH en juillet contre 8,1 milliards un mois auparavant, soit un cumul de 68,4 milliards depuis le début de l’année, en hausse de 5,7% par rapport à la même période de l’année précédente. Les souscriptions du mois ont porté sur les maturités longues à hauteur de 59%, de 35% sur celles moyennes et de 6% sur le court terme avec des taux qui n’ont pas connu de variations significatives pour l’ensemble des maturités. Tenant compte des remboursements, d’un montant de 3,2 milliards, l’encours des bons du Trésor a atteint 559,8 milliards, en progression de 2,5% par rapport à son niveau de décembre 2018.

 

 

Au niveau du marché obligataire, les émissions se montent, en juin, à 2,3 milliards de DH, soit 4,3 milliards depuis le début de l’année, contre 13 milliards durant la même période de l’année précédente. Tenant compte des remboursements, l’encours des obligations privées s’est chiffré à 123,7 milliards, en baisse de 0,1% depuis le mois de décembre 2018.

 

A fin 2018, l’encours des titres de créance détenus par les étrangers et les MRE s’est élevé à 2,04 milliards de DH. Presque 84% de l’encours appartient aux personnes morales étrangères non résidentes, suivies des personnes physiques résidentes (7,3%). Concernant la répartition de l’encours par type d’instruments, les positions des étrangers sur les titres de créance concernent exclusivement des valeurs non cotées en bourse dont 72% investis en obligations, 13% en certificats de dépôt et 15% en bons du Trésor.