Sonasid s’attend à des réalisations décevantes au titre de 2015

Avec une surcapacité mondiale et nationale, l’instauration d’une protection tarifaire dans certains pays, un marché de la construction léthargique…, le sidérurgiste peine à s’en sortir. Il devrait réaliser un résultat net déficitaire.

Sonasid n’a pas clôturé l’exercice 2015 sur une note positive. Les espoirs de redressement de la situation après un premier semestre bénéficiaire ont été rapidement brisés. En effet, le chiffre d’affaires devrait reculer de 17% par rapport à 2014, et ce, en raison de la conjonction de plusieurs facteurs. Sur le plan international, la surcapacité européenne et chinoise entraîne un effondrement du prix de l’acier sur le marché mondial. A côté, l’instauration de mécanismes de protection tarifaire dans plusieurs pays, à l’instar de la Turquie, l’Egypte, la Russie, des Etats-Unis, de l’Australie…, a non seulement limité les débouchés de la production marocaine, mais a également fait du Maroc une destination privilégiée des exportations européennes, en dépit de l’instauration des mesures de sauvegarde. Au niveau national, la situation n’était pas des plus favorables non plus. Le marché marocain reste caractérisé par une surcapacité, surtout avec le démarrage d’un nouvel opérateur. D’autant que le marché de la construction est toujours léthargique, comme l’attestent les mises en chantier qui ressortent en baisse de 3,8% sur une année. Tous ces éléments ont impacté défavorablement le prix de l’acier qui a accusé un retrait de 13%, malgré une consommation nationale qui s’est raffermie de 2,7%.

Ainsi, la marge sur la consommation de la ferraille a subi de plein fouet ce contexte toujours perturbé. Même les progrès affichés en termes de performances industrielles et de maîtrise des coûts de production n’ont pas pu endiguer les effets de cette mauvaise conjoncture. In fine, le résultat net devrait s’inscrire en net retrait par rapport aux réalisations de 2014 et afficher même un déficit.

Ces résultats n’ont pas empêché Sonasid de maintenir son positionnement, porté par le dynamisme de sa politique commerciale axée sur la distribution directe. D’ailleurs, sa filiale Sonasid Distribution a porté sa part dans la distribution globale à 32% au 4e trimestre de l’exercice écoulé contre 26% au 1er trimestre. Le sidérurgiste estime disposer encore de leviers à utiliser en vue de renforcer sa compétitivité. Il devrait ainsi optimiser la gestion des stocks et réorganiser la filière de la ferraille en créant une activité de démantèlement de navires pour pérenniser la production d’acier. De même, il table sur l’extension du modèle de Sonasid Distribution en s’adressant à d’autres segments du marché comme l’auto-construction, ou encore la diversification des sources d’énergie afin de sécuriser une énergie à moindre coût.