Sociétés cotées : premiers résultats encourageants

A dix jours du deadline officiel, seules 8 sociétés sur les 55 cotées avaient annoncé leurs résultats semestriels.
Hausse d’activité dans tous les secteurs.
Managem plonge, Sonasid, SMI et Wafa Assurance réalisent des bénéfices
substantiels.

A mesure que le deadline officiel pour la publication des résultats semestriels avance, les sociétés cotées multiplient les sorties médiatiques pour expliquer leurs réalisations au-delà des chiffres publiés. Si cette année le rythme est plutôt long, la qualité y est. Jusqu’au 20 septembre, seules huit sociétés avaient rendu publiques leurs réalisations. Tour d’horizon.

Wafa Assurance
Les primes émises par Wafa Assurance au terme du premier semestre 2005 sont en évolution de 5,2% par rapport à la même période de 2004. A près de 900 millions de dirhams, elles sont le résultat d’un consolidation aussi bien de la branche «Vie» (+12,8%) que de la branche «Non Vie» (+2,5%).
Côté résultats, et hors plus value réalisée sur l’offre publique d’échange BCM / Wafabank intervenue en 2004, le résultat net s’inscrit en progression de 42%, à 131 MDH.
Dans son communiqué de présentation des résultats, Wafa Assurance fait part de la validation du plan stratégique 2008. Un plan qui s’appuie sur plusieurs projets structurants à savoir le lancement d’un schéma directeur informatique, la réorganisation de la société et l’institution de nouvelles instances de gouvernance. L’objectif n’est ni plus ni moins que de profiter de l’appartenance au groupe Attijariwafa bank pour se positionner en tant que leader de référence sur le marché marocain.

Sonasid
Les ventes semestrielles de Sonasid s’améliorent de 12% comparativement au premier semestre 2004 pour atteindre 2,23 milliards de dirhams. La société défend ainsi très bien ses parts de marché et ce, dans un environnement concurrentiel. Mais l’on ne ressent pas cette progression du chiffre d’affaires au niveau du résultat d’exploitation qui s’inscrit plutôt en retrait de 4%, à 404 MDH. Le management du sidérurgiste explique cela par «la non répercussion de l’intégralité de la hausse des prix d’achat de la matière première sur les prix de vente appliqués sur le marché local». La baisse du résultat financier (-9,4 MDh contre 19,9 un an auparavant) se trouve justifiée par la hausse du dollar.
Cela n’empêche pourtant pas Sonasid d’afficher un résultat net de l’ordre de 301 MDH, en amélioration de 53%. Comment cela a-t-il été possible ? L’exercice 2004 avait simplement supporté une provision non récurrente pour risques d’un montant de 75 MDH, qui avait sensiblement réduit le chiffre à fin juin 2004 et rendu ainsi impressionnante la progression au terme du premier semestre 2005.
D’ailleurs, à la question d’un analyste financier demandant s’il fallait s’attendre à des progressions aussi importantes à la fin de l’année, le président de Sonasid n’a pas hésité à répondre : «Les résultats seront bons, mais peut-être pas au même niveau que ceux du premier semestre». Il faut dire que les réalisations annuelles seront quelque peu plombées par les amortissements (dégressifs) de la nouvelle aciérie de Sonasid. Une aciérie dont le budget d’investissement (y compris des infrastructures externes financées partiellement et à hauteur de 48 MDH par l’Etat dans le cadre de la convention d’investissement) a été bouclé à 1035 MDH, contre 1023 MDH prévus initialement. Une aciérie qui a démarré le 18 août (à 3 h 40 précisément !) avec une première coulée d’acier liquide qui a permis de produire 60 tonnes. Après réglages, la production est montée en flèche : 680 tonnes le 30 août.
Sonasid a deux projets dans son sac. Le premier est en cours de concrétisation avec un opérateur libyen : il vise la production de 500 millions de tonnes de pré-réduit par an. Le second concerne l’intégration en aval par la fabrication d’armatures préfabriquées (poteaux et poutres pré-façonnés). Sur un marché estimé à 240 000 millions de tonnes par an, Sonasid ne vise pas moins de 30%, soit un chiffre d’affaires estimé à 450 MDH pour un investissement de l’ordre de 170 MDH. L’étude de faisabilité de ce projet sera en principe achevée en décembre prochain et la réalisation est programmée pour 2006.

SMI
Dès l’annonce de ses résultats semestriels, l’action SMI (Société métallurgique d’Imiter) a été réservée à la hausse. C’est dire à quel point l’accueil des investisseurs aux chiffres publiés par cette filiale de Managem a été chaleureux (même si le cours a baissé depuis). Il y a de quoi puisque SMI arbore fièrement un résultat net de 128,3 MDH, en augmentation de 166% par rapport au 30 juin 2004. Il est vrai que ce résultat tient compte d’une reprise nette de PRG (provision pour reconstitution de gisement) de 114,6 MDH, mais l’excédent brut d’exploitation est déjà en très bonne forme : à 59,5 MDH, il progresse de 85%.
Ces performances, SMI les doit d’abord à l’amélioration des ventes – les volumes écoulés sur le marché ayant progressé de 16% -, mais aussi à la hausse des cours de vente : d’un semestre à l’autre, le prix de l’argent métal sur le marché est passé de 5,69 $/oz à 6,55 $/oz. Du coup, le chiffre d’affaires progresse de 28% pour atteindre 156 MDH.
La satisfaction du management de SMI est d’autant plus grande que la société a pu découvrir 173 tonnes d’argent métal, ce qui prolonge la durée de vie de la mine de quelques précieux mois.
Les investisseurs doivent s’attendre à un deuxième semestre en ligne avec le premier en ce qui concerne les résultats opérationnels, fait-on remarquer du côté de SMI.

Maroc Telecom
Avec un chiffre d’affaires consolidé de 9,75 milliards de dirhams à fin juin dernier, Maroc Telecom épate les analystes et les investisseurs. Il s’inscrit en hausse de 18,5% par rapport à la même période de 2004 et permet de dégager un résultat d’exploitation de l’ordre de 3,92 milliards de dirhams (+11,4%) et un résultat net part du groupe de 2,64 milliards (+10%). N’eussent été des dépenses non récurrentes liées aux départs volontaires de près de 900 salariés environ, la progression du résultat net aurait été de 22,6% ! Maroc Telecom dispose en outre d’un trésor de guerre d’environ 4 milliards de dirhams rapidement mobilisable pour financer tout projet de développement futur.
Pour la deuxième moitié de 2005, les prévisions sont tout aussi alléchantes. Le management de la société les a en effet revues à la hausse. Le marché devrait ainsi s’attendre à un chiffre d’affaires consolidé en progression de 12 à 14% et à un résultat d’exploitation consolidé en hausse de 10 à 12%.
La Bourse n’a pas tardé à réagir, le cours de Maroc Telecom ayant dépassé les 100 dirhams.

Managem
Quelle lecture faut-il faire des résultats semestriels de Managem ? D’un côté, le bras minier du groupe ONA présente des réalisations commerciales très satisfaisantes avec un chiffre d’affaires de 1 053 MDH (+36%), boostées par la hausse des volumes vendus, l’amélioration des récupérations et des teneurs exploitées ainsi que par la progression des cours de certains métaux (zinc, cuivre et plomb). Mais de l’autre côté, les résultats sont toujours dans le rouge, même si l’excédent brut d’exploitation (EBE), sous l’effet de l’amélioration des coûts opératoires, évolue en terrain positif, à 340 MDH (+28%). Les analystes expliquent le différentiel de hausse entre l’EBE et le CA par «la baisse de près de 40% du cours du cobalt et par le repli de 9% du dollar».
En descendant plus bas dans le tableau des résultats, on s’aperçoit que le résultat d’exploitation marque le pas, ne capitalisant aucunement sur l’amélioration de l’EBE. Et pour cause, il est grevé par le poids des amortissements, notamment ceux relatifs aux mines de Draa Sfar et de Samira Hill. Le résultat financier, sous le poids des charges concernant les emprunts de Draa Sfar, Samira Hill et Akka Gold Mining, s’élève à -2,1 MDH, contre 20,4 millions à fin juin 2004. Le résultat non courant, pour sa part, est sous l’emprise des efforts fournis pour la réduction des engagements de couverture sur l’or et d’une provision pour risques sur les engagements de couvertures de SMI (19,6 MDH) et ce, malgré une reprise sur les provisions pour risques sur les couvertures de Akka.
Les résultats de Managem, et particulièrement son bilan de couverture, toujours pas totalement assaini, laissent perplexes les analystes. Le top management du groupe en est conscient. D’ailleurs, Abdellaziz Abarro, président de Managem, est décidé «à en finir avec cette histoire de couvertures». «Une solution est à l’étude et elle risque d’être mise en application avant la fin de l’année», a-t-il affirmé lors d’un point de presse consacré à la présentation des résultats semestriels.
Managem en «convalescence» donc ? Son résultat net consolidé ressort en repli de 26,4 MDH, à -58,7 MDH. Quant au résultat net part du groupe, il est de 47,5 MDH, en déterioration de près de 33 MDH en un an. «Mitigé», affirment les analystes.

Cimar
Ciments du Maroc a été, comme c’est le cas depuis plusieurs années maintenant, l’une des toutes premières société à avoir publié ses résultats. Et ils sont bons : le chiffre d’affaires semestriel s’élève à 972 MDH et progresse de 8,5% ; l’excédent brut d’exploitation évolue de +8,7% à 488 MDH ; le résultat d’exploitation de 9,9% pour s’inscrire à 419 MDH alors que le résultat net, à 320 MDH, affiche une croissance de 8,8%. La consolidation d’Indusaha, Betomar et Axim Maroc porte le chiffre d’affaires à 1,22 milliard de dirhams, soit 11% de mieux que le premier semestre 2004. Le résultat net consolidé reste, lui, à son niveau de 319 MDH. Sauf surprise, le deuxième semestre de Cimar ne devrait pas être aussi alléchant, la société estimant que «la progression des ventes devrait s’atténuer, mais sans pour autant compromettre l’amélioration du résultat net».

Centrale Laitière
  Nous l’annoncions déjà dans notre Focus du 16 septembre dernier, Centrale Laitière a réalisé un chiffre d’affaires semestriel de 1,67 milliard de dirhams, en léger retrait de 0,6% par rapport au premier semestre 2004. A l’origine de cette stagnation, on cite le dynamisme de la concurrence, le contexte général de stagnation de la consommation ainsi que la sortie de Pingouin du périmètre de consolidation du mastodonte affilié au groupe ONA. Mais le recul n’a pas affecté tous les métiers de Centrale Laitière, il résulte plutôt d’une bonne performance du segment lait (+4,3%) et d’un repli des produits laitiers frais (-3,6%). Le développement de l’UHT et le lancement du lait de croissance contribuent grandement à cette performance. Côté résultats, on pointe du doigt le renchérissement des prix de certaines matières premières et consommables et l’évolution défavorable du mix des ventes entre lait et produits laitiers pour justifier la régression du résultat d’exploitation. A 206 MDH, ce dernier est en effet en déterioration de 5,1%.
Quant au résultat financier, les distributions répétées de dividendes exceptionnels l’ont carrément divisé par deux. Il s’inscrit à 11 MDH contre 24 MDH une année auparavant.
Mais Centrale Laitière affiche tout de même une progression de 1% du résultat net (à 169 MDH) et ce, malgré les baisses du résultat d’exploitation et celle du résultat financier. C’est grâce à la plus- value de 27 MDH générée par la cession de Mobigen qu’elle a pu le faire.
Centrale Laitière maintient des prévisions de croissance de son résultat d’exploitation par rapport à 2004.

Agma Lahlou Tazi
Des huits sociétés qui ont jusque-là publié leurs résultats semestriels, seule Agma Lahlou Tazi est conforme aux disposition du fameux article 17. C’est-à-dire qu’elle ne s’est pas contentée d’un communiqué, mais elle a publié son bilan, son CPC et l’attestation des commissaires aux comptes. Côté réalisations cette fois-ci, Agma Lahlou Tazi a amélioré ses primes émises de quelque 3,1% pour les inscrire à 672,7 MDH. Idem pour les encaissements. Ces derniers se sont élevés à 637,3 MDH à l’issue du premier semestre 2005, marquant ainsi une hausse de 7,9% comparativement à la même période de l’exercice 2004.
Le chiffre d’affaires marque une amélioration de 8% (à 64 MDH), essentiellement tiré par les commissions sur primes encaissées. Le résultat net d’Agma Lahlou Tazi progresse enfin de 9,7%, à 25,7 MDH compte tenu d’une hausse des charges d’exploitation contenue à 2,6%.

Dernière ligne droite la semaine prochaine. Plus de 45 sociétés cotées devraient dévoiler leurs résultats semestriels.