Sociétés cotées : les espoirs de redressement s’évaporent !

Malgré les prémices de reprise économique, l’activité des sociétés cotées ressort en recul de 5%. La masse bénéficiaire a plongé de plus de 20% en raison principalement du déficit de la Samir qui atteint 3,3 milliards de DH.

L’amélioration de la conjoncture économique nationale a été sans effet sur les résultats des sociétés cotées au premier semestre 2015. Si les secteurs bancaire, agroalimentaire, des assurances, des services de collectivités et informatique s’en sortent plutôt bien, d’autres se portent toujours mal en raison de plusieurs facteurs: méforme du secteur de la construction, conjoncture internationale défavorable… A l’heure où nous mettions sous presse, 61 sociétés avaient publié leurs résultats sur les 75 que compte la bourse. Sachant que sept entreprises ont publié un avertissement sur leurs résultats il y a quelques semaines.

La tendance globale montre un renversement de tendance de l’activité de ces sociétés qui progressait jusqu’à il y a un an. Hormis les 14 sociétés ne figurant pas dans nos calculs et dont le poids n’est pas significatif, le chiffre d’affaires global ressort en baisse de 5,2%. C’est essentiellement la Samir qui en est la cause. Son revenu a amputé le revenu global de la cote de 12 milliards de DH consécutivement à la baisse de son activité. Son chiffre d’affaires est en repli de 32% par rapport à juin 2014. La situation de La Samir a impacté également Total Maroc qui a perdu 1,5 milliard de DH de ses revenus. L’arrêt de la production de la raffinerie a conduit la société à renforcer ses importations. En face de ces 2 sociétés, Maroc Telecom a limité la casse puisque son revenu global est ressorti en amélioration de 2 milliards de DH, se situant à 16,6 milliards de DH. Cela s’explique par l’intégration des six filiales africaines dans le périmètre de consolidation du groupe. Ce qui a boosté le chiffre d’affaires consolidé, sachant que l’activité au Maroc a affiché une baisse de 2%. Parallèlement, Taqa Morocco a enregistré un volume d’affaires de 3,3 milliards de DH, avec un surplus de 1,2 milliard de DH, et ce, grâce à l’amélioration du taux de disponibilité de ses unités 5&6 et du maintien de celui des unités 1 à 4 à un niveau élevé. Le secteur bancaire, avec la BCP et BMCE Bank en tête, a contribué positivement à l’activité commerciale de la cote avec des produits d’exploitation bancaires en progression respectivement de 342 MDH et 280 MDH, atteignant 10,4 et 8,7 milliards de DH. Cela dit, en excluant la Samir, le chiffre d’affaires global aurait enregistré une progression.

La société n’a pas non plus manqué d’entamer la masse bénéficiaire également. Avec un déficit remarquable de 3,3 milliards de DH, le résultat net global de la cote a perdu plus de 20%. Dans une moindre mesure, le bénéfice de Maroc Telecom s’est réduit de 246 MDH pour atteindre 2,8 milliards de DH en raison de la baisse de l’activité au Maroc, des frais liés à l’acquisition de nouvelles filiales, et ce, en dépit de la hausse de 12,4% de la contribution des filiales africaines. La chute de la capacité bénéficiaire aurait pu être davantage prononcée si les banques n’avaient pas sauvé la mise avec un additionnel de 105,6 MDH pour la BCP,  163 MDH pour BMCE Bank et 51 MDH pour Attijariwafa bank.

De même pour Taqa Morocco qui a rapporté une contribution favorable avec 60 MDH supplémentaires. Enfin, Ciments du Maroc et Lafarge, en développant l’activité export et le mix produit, et en poursuivant la politique de maîtrise des coûts opérationnels ont réussi à rajouter au bénéfice global respectivement 46 MDH et 42,7 MDH. Précisons que, hormis Samir, le résultat net total serait resté stable.