Sociétés cotées : les bénéfices se redressent

En dépit d’un contexte économique mitigé, les revenus de la cote se sont améliorés de 5,8% pour atteindre 138,2 milliards de DH. La bonne tenue de l’activité des banques et du secteur de l’énergie y a favorablement contribué. La masse bénéficiaire progresse de 3%, à  14,3 milliards de DH.

Les résultats publiés au titre du premier semestre de cette année ont largement dépassé les prévisions des analystes qui étaient partagés entre la poursuite de la baisse et une légère hausse. En effet, la situation des sociétés cotées s’est redressée, avec une masse bénéficiaire en hausse de 3%, soit un additionnel de 403,5 MDH,  totalisant 14,3 milliards de DH, sachant qu’une année auparavant, elle avait fait du surplace (-0,2%). L’activité commerciale, elle, ressort en amélioration de 5,8% à 138 milliards de DH avec un additionnel de 7,6 milliards de DH. Il faut dire que la conjoncture économique qui montre les premiers signes de redressement y est pour beaucoup. Amélioration de la consommation nationale du secteur énergétique, allègement du déficit de liquidité pour les banques, maîtrise  des effets de la recrudescence de la concurrence dans les télécommunications… Cependant, la chute continue des cours des métaux précieux à l’international, le tassement de la demande sur les crédits personnels, la montée du coût du risque ainsi que la poursuite de la contraction de la consommation des ciments ont miné les réalisations de nombre de sociétés cotées.
Quoi qu’il en soit, l’activité a été portée notamment par les secteurs bancaire et énergétique.

Grâce au bon comportement de leurs activités commerciales, les banques ont enregistré un chiffre d’affaires de 39,7 milliards de DH, avec un surplus de 3,3 milliards de DH. Le secteur énergétique, lui, a tiré profit du bon comportement de la demande nationale sur les carburants et le gaz pour hisser le niveau de ses revenus de 2 milliards de DH. Les promoteurs immobiliers et les compagnies d’assurances ont également amélioré leurs revenus de 586 MDH et de 426 MDH respectivement. Les premiers en raison de l’amélioration des ventes et les seconds grâce à la bonne tenue de l’activité vie et non vie. Notons aussi que le secteur des télécommunications a limité la baisse des revenus globaux de la cote puisque son chiffre d’affaires a augmenté de 96 MDH sur une année glissante suite à la montée soutenue de ses filiales africaines et à la reprise progressive des activités sur le plan national. Cependant, le secteur agroalimentaire a amputé le chiffre d’affaires global de 136 MDH en raison de la non-répercussion du renchérissement du prix du fuel sur les prix de vente (Lesieur) ou encore la diminution des ventes causée par la progression des prix (Brasseries du Maroc).

Le secteur bancaire demeure le plus gros contributeur dans le résultat des sociétés cotées

Cette performance commerciale globale s’est répercutée favorablement sur le résultat d’exploitation de la cote, qui s’est propulsé de 2,1 milliards de DH, pour atteindre 29,9 milliards de DH. Le secteur bancaire demeure le plus gros contributeur avec un additionnel de 1,8 milliard de DH grâce notamment à la stratégie de maîtrise des coûts adoptée par Attijariwafa bank, la BCP ainsi que la BMCE qui a permis de réaliser un surplus de 520 MDH, 750 MDH et 624 MDH respectivement. Cette politique de contrôle des charges opérationnelles a été bénéfique pour le secteur de l’énergie également qui a réussi à rajouter 214,6 MDH au résultat d’exploitation de la cote. Le secteur des assurances n’est pas en reste puisqu’il a enregistré un additionnel de 127 MDH consécutivement à la performance du marché boursier durant le semestre écoulé, ce qui a ainsi amélioré le portefeuille de placement des assureurs. En face, l’aggravation des dotations aux amortissements consécutivement aux programmes d’investissements réalisés par l’opérateur des télécommunications coté a miné son résultat opérationnel de 489 MDH. Pour sa part, le secteur des mines a dû faire face à l’accroissement des charges d’exploitation. A cet effet, son résultat d’exploitation a accusé une perte de 489 MDH.

Dans ces conditions, les bénéfices de la cote se sont élevés de 403,5 MDH pour s’établir à 14,3 milliards de DH. Les banques de la place y ont contribué positivement avec un surplus de 353,5 MDH. Notons que la croissance de leurs bénéfices aurait pu être bien meilleure si le coût du risque global ne s’était pas alourdi de 50% dans l’ensemble. A côté, les secteurs de l’énergie et des assurances ont affiché des profits en croissance de 114 et 112 MDH. Notons que le secteur des BTP a réussi à apporter une contribution favorable avec un additionnel de 75,7 MDH grâce surtout à la performance de Sonasid dont le résultat a doublé sur une année et de celle de Holcim (+94,8 MDH). A contrario, Maroc Telecom, qui occupe toujours la place du premier contributeur à la formation de la masse bénéficiaire avec un poids de 24% actuellement, a plombé le bénéfice final de 448 MDH, le secteur des mines de 218,7 MDH et l’immobilier de 69,7 MDH.