Sociétés cotées : les bénéfices font du surplace à  fin juin

La recrudescence de la concurrence, le recul de la demande nationale et la chute des cours des matières premières ont fait baisser le chiffre d’affaires de 2%. Le résultat d’exploitation global ressort en hausse de 2,2% grà¢ce au secteur bancaire et aux télécoms. Le résultat net global s’établit à  13,8 milliards de DH.

La situation des sociétés cotées semble se redresser. C’est en tout cas ce qui se dégage de leurs résultats au titre du premier semestre de cette année. En effet, après avoir clôturé l’année 2012 sur une baisse de 10% par rapport à 2011, la masse bénéficiaire de la cote a limité sa baisse à 0,2% comparativement au même semestre de 2012, totalisant ainsi 13,8 milliards de DH. Toutefois, le volume d’activité ressort à 128 milliards de DH, en repli de 2%, soit 2,5 milliards de DH en moins. Il faut dire que même si certains secteurs montrent quelques signes de redressement, ils demeurent minés par une conjoncture économique globale difficile, marquée par le manque persistant des liquidités et l’accroissement du coût du risque pour les sociétés financières, par la chute des cours des matières premières pour les opérateurs industriels et miniers et par la recrudescence de la concurrence constatée auprès de l’opérateur télécoms.

Quoi qu’il en soit, l’activité globale des sociétés cotées a été plombée notamment par le secteur énergétique. Ce dernier a évolué dans un contexte défavorable de diminution des ventes des produits pétroliers, ce qui s’est traduit par un chiffre d’affaires sectoriel en recul de 5 milliards de DH. Maroc Telecom a également contribué à la contraction du chiffre d’affaires global puisque le groupe a perdu 704 MDH sur une année glissante en raison de la baisse des tarifs du mobile engendrée par une concurrence de plus en plus accrue. D’ailleurs, c’est grâce à la hausse continue de l’activité des filiales que le groupe a pu limiter la contraction de ses revenus.
Pour sa part, le secteur du bâtiment et des matériaux de construction a enregistré une baisse de 5,3%, à 9,6 milliards de DH, soit 543 MDH de chiffre d’affaires en moins. En cause, une baisse continue de la consommation nationale de ciment et la montée en force du dernier entrant dans le secteur, Ciments de l’Atlas. Parallèlement, le secteur minier a fait les frais de la chute des cours des métaux sur les marchés internationaux. Ainsi, en dépit de l’amélioration du volume des ventes, le chiffre d’affaires s’est délesté de 70 MDH.

Maroc Telecom génère 25% du bénéfice global de la cote

Cette baisse de l’activité globale aurait pu être plus prononcée si les revenus des banques ne s’étaient pas appréciés de 2,4 milliards de DH grâce au bon comportement de leur activité commerciale. Les compagnies d’assurance et les promoteurs immobiliers ont également amélioré leur chiffre d’affaires respectivement de 231 MDH et 482 MDH. Les premières, grâce principalement à l’amélioration de l’activité non-vie, et les secondes en raison de la progression des ventes dans le segment social.

En tout cas, cette baisse des revenus globaux de la cote ne s’est pas répercutée négativement sur le résultat d’exploitation. Ce dernier s’est en effet hissé à 27,5 milliards de DH, enregistrant un additionnel de près de 600 MDH.
Cette performance est redevable à Maroc Telecom dont le résultat opérationnel a progressé de 796 MDH sous l’effet de la réduction des coûts engendrée par le programme de départ volontaire. Les banques ont également amélioré leur résultat d’exploitation de 742 MDH grâce aux performances de BMCE Bank, de la BCP et du CIH, consécutivement à leur politique de maîtrise des charges.

A l’inverse, les opérateurs du BTP et du secteur énergétique ont dû faire face au tassement de la demande et aux pressions exercées sur les prix. A cet effet, leur résultat d’exploitation a diminué respectivement de 260 MDH et 291 MDH. La même situation prévaut pour les assureurs qui ont affiché une baisse de leur résultat d’exploitation de 213 MDH du fait de la contre-performance du marché boursier et son impact sur leur portefeuille de placement.

Conjuguant ces éléments, la masse bénéficiaire ressort au même niveau qu’au premier semestre de l’année dernière, soit 13,8 milliards de DH. Le secteur des télécoms, qui accapare 25% du résultat net global, est le premier contributeur avec un additionnel de 393 MDH. Les secteurs bancaire et immobilier ne sont pas en reste, puisque leur bénéfice semestriel a augmenté respectivement de 94 MDH et 42 MDH. La rentabilité globale des sociétés cotées aurait pu enregistrer une progression si les secteurs du BTP et des mines n’étaient pas impactés par la conjoncture nationale et internationale morose. En effet, le premier a grevé la capacité bénéficiaire de la cote de 144 MDH à cause de la contraction du volume d’activité des cimentières.
Notons au passage que Sonasid a réussi à sortir du rouge après un exercice déficitaire, mais cela n’a pas empêché le secteur de plonger dans la baisse. De son côté, le secteur minier a privé le résultat net global de 56 MDH au moment où le secteur énergétique l’a plombé de 222 MDH.