Sociétés cotées : les bénéfices chutent de 10% à  fin 2012

L’activité a généré un chiffre d’affaires agrégé en hausse de 4,5% en raison des performances des banques et de la hausse du prix du pétrole. La rentabilité opérationnelle a baissé de 1,8%, plombée par Maroc Telecom, les cimenteries et la Samir. Le bénéfice net se limite à  26,7 milliards de DH.

Les sociétés cotées sont toujours malmenées par la conjoncture économique qui ne montre aucun signe de redressement. Après des résultats annuels en stagnation en 2011 et des bénéfices en baisse de 11,3% au titre du premier semestre de 2012, la rentabilité des sociétés de la cote a encore reculé au terme de l’exercice dernier.

En effet, la masse bénéficiaire a totalisé 26,7 milliards de DH, enregistrant un retrait de 10% par rapport à 2011. Ceci, abstraction faite des résultats de Cartier Saada dont l’exercice fiscal prend fin en mars, et ceux de Diac Salaf, Mediaco et Ennakl qui n’ont toujours pas publié leurs états financiers. Il faut dire que les effets de la crise internationale se ressentent toujours au niveau de la place de Casablanca, en plus des difficultés intrinsèques à l’économie nationale et à certains secteurs en particulier : ralentissement économique dans les pays partenaires du Maroc, difficultés d’écoulement de la production, volatilité des matières premières, manque de liquidités…, tous les facteurs semblent réunis pour que la rentabilité des sociétés de la cote se dégrade.

Pourtant, leur volume d’activité progresse toujours et atteint 274 milliards de DH, soit une hausse de 4,5% ou un additionnel de 11,8 milliards de DH par rapport à 2011. Ce surplus est généré essentiellement par l’ensemble des banques dont les revenus (produits d’exploitation bancaire) ont augmenté de 5,6 milliards de DH grâce à des réalisations commerciales appréciables malgré un déficit de liquidités persistant. Le secteur énergétique a également contribué à cette croissance, à hauteur de 6,1 milliards de DH du fait de l’amélioration du chiffre d’affaires de la Samair sous l’effet de la hausse des prix du pétrole. L’immobilier a pour sa part cantonné son évolution à 0,5%, soit 84 MDH de plus qu’en 2011. Les réalisations commerciales des compagnies immobilières ont été bridées par le recul de l’activité d’Alliances.

Cette progression des revenus de la cote aurait été plus importante si certains secteurs n’avaient pas enregistré des reculs, avec à leur tête celui des télécoms. En effet, à cause d’une forte concurrence qui engendre une baisse des prix de communication sur le mobile, Maroc Telecom a perdu 988 MDH de chiffre d’affaires par rapport à 2011. Les sociétés du secteur des matériaux de construction, notamment les cimenteries, ont elles aussi réalisé un chiffre d’affaires en baisse de 1,7 milliard de DH en raison de la montée en régime du nouvel opérateur Ciments de l’Atlas, couplée à une baisse des ventes de ciment.

Quoi qu’il en soit, cette amélioration du volume d’affaires ne s’est pas traduite par une hausse du résultat d’exploitation de la cote. Ce dernier s’est, au contraire, inscrit en recul de 1,8% par rapport à 2011, à 51,6 milliards de DH. Ce retrait s’explique par la baisse du résultat opérationnel de Maroc Telecom de 11,5%, soit 1,4 milliard de DH de moins en raison, d’une part, de ses investissements en Afrique et, d’autre part, de son programme de départ volontaire au profit de ses salariés. Les industriels du BTP et de l’énergie, eux, ont été affectés par le ralentissement économique conjugué à une tension sur les prix de vente ainsi que le renchérissement des matières premières. Ainsi, les cimentiers, au même titre que Sonasid, affichent une baisse de la rentabilité opérationnelle de 1,4 milliard de DH. Samir, à elle seule, a dégagé un résultat inférieur de 667 MDH par rapport à 2011.

En face, les banques ont limité la baisse de cet indicateur en réalisant un additionnel de 2,2 milliards de DH, grâce aux performance d’Attijariwafa bank, la BCP et BMCE Bank. Ces dernières ont pu, en effet, contenir leurs charges opérationnelles, induisant par la même occasion une progression de quelques points de base de leur marge d’exploitation.
Dans ces conditions, le résultat net global ressort en recul de 10%, à 26,7 milliards de DH, soit près de 3 milliards de DH de moins qu’en 2011 et cela, compte tenu d’un résultat déficitaire de 130 MDH de la Samir en raison de l’alourdissement de son coût d’endettement. Ainsi, le secteur énergétique a privé la cote de 570 MDH de capacité bénéficiaire. Maroc Telecom, elle, a vu ses résultats baisser de 1,4 milliard de DH. Les bénéfices des sociétés du BTP ont diminué de 981 DH pour atteindre 2,4 milliards de DH consécutivement à la contraction de leur volume d’affaires et à l’augmentation de leurs investissements. Heureusement que les trois banques précitées ont limité la casse avec une amélioration de leurs bénéficies de 290 MDH, à 8,9 milliards de DH, et ce, en dépit d’un accroissement considérable de leur coût du risque.