Sociétés cotées : 3 milliards de bénéfices en plus malgré les redressements fiscaux !

La croissance du résultat net agrégé en 2016 est de 12%, un niveau conforme aux prévisions des analystes. L’immobilier, les banques, l’agroalimentaire…, plusieurs secteurs ont contribué à cette performance. La croissance bénéficiaire en 2017 devrait s’établir entre 7% et 8%.

Résilience. C’est le terme que l’on peut retenir à la lecture des résultats des sociétés cotées relatifs à l’année 2016. Malgré un contexte macroéconomique peu encourageant, caractérisé par une faible croissance économique, les sociétés cotées ont pu réaliser de bonnes performances aussi bien commerciales que financières.

C’est ainsi que le chiffre d’affaires de la cote s’est établi à 228,6 milliards de DH, en croissance de 5% par rapport à 2015. Une cinquantaine de sociétés sur les 72 ayant publié leurs résultats ont contribué positivement à cette progression. Par secteur, c’est l’immobilier qui y a contribué le plus (+30,2%, à 12,7 milliards de DH). Une performance due principalement au redressement d’Alliances dont les revenus ont quasiment quadruplé ! Le secteur bancaire occupe la deuxième place en termes de contribution à l’évolution de l’activité globale. Témoignant de leur résilience dans un contexte marqué par une contraction des marges d’intermédiation, les banques arrivent à capter le dynamisme des marchés africains sur lesquels elles sont présentes et affichent un PNB global en hausse de 4%, à 55,3 milliards de DH.

Cependant, la croissance du chiffre d’affaires global a été limitée par les baisses accusées par certains secteurs, notamment celui de l’électricité, représenté par sa seule valeur Taqa Morocco. La société a vu ses revenus baisser de 9,4% après avoir subi de plein fouet la diminution des cours du charbon à l’international (-14%). Le secteur de l’ingénierie et biens d’équipements a également traîné des pieds en 2016, impacté par les contre-performances de ses deux valeurs: Delattre Levivier Maroc (-398,5 MDH) et Stroc Industries (-76 MDH). Pour sa part, le secteur Pétrole et Gaz a été affecté par le recul du chiffre d’affaires de Total Maroc (-291 MDH) suite à la baisse des prix des carburants.

Net redressement d’Alliances

Sur le volet opérationnel, le résultat d’exploitation de la cote a marqué un bond de 9,7%, à 60,6 milliards de DH, reflétant une meilleure optimisation des charges opérationnelles de la part de l’ensemble des sociétés cotées. Cette évolution intègre notamment un redressement du résultat d’alliances qui a contribué à hauteur de 1,8 milliard de DH à la croissance du REX global ; le raffermissement du résultat d’exploitation de Total Maroc (+648,6 MDH) qui a bénéficié, entre autres, d’un effet prix sur stock lié à la hausse des cours en 2016 et d’une  amélioration de la marge pétrolière favorisée par des facteurs conjoncturels ; et enfin Marsa Maroc qui a participé à hauteur de 207,7 MDH suite à une bonne maîtrise des charges opératoires dont le poids par rapport aux revenus passe de 72% en 2015 à 68,7% en 2016.

Dans ces conditions, la masse bénéficiaire de la cote s’est bonifiée de 12%, à 28,6 milliards de DH, soit 3 milliards de plus qu’en 2015 et ce malgré les redressements fiscaux dont ont fait l’objet certaines grandes capitalisations de la place. Cette bonne performance est le résultat d’un accroissement des revenus et d’une meilleure maîtrise des charges financières et de structure. Le secteur immobilier a fortement contribué à cette hausse avec 2,1 milliards de DH, un exploit rendu possible grâce à Alliance qui a bénéficié cette année d’un effet de base positif. La société immobilière a ainsi fait basculer son RNPG en territoire positif, à 144,3 MDH contre un déficit de 1,8 milliard de DH l’année dernière. Le secteur agroalimentaire a quant à lui tiré profit des résultats de Cosumar (+291,8 MDH), en raison d’une bonne campagne sucrière couplée à une hausse du chiffre d’affaires à l’export. Pour sa part, Marsa Maroc a contribué à hauteur de 204,7 MDH à la formation de la masse bénéficiaire globale.

Toutefois, l’amélioration du RNPG a été limitée par le secteur du bâtiment et matériaux de construction qui a vu son résultat net s’effriter de 1,2 milliard de DH, en raison de la chute des résultats de Ciments du Maroc, suite à la dépréciation de sa participation en Egypte, induite par la dévaluation de 55% de la livre égyptienne en 2016.

Tout compte fait, si certains résultats ont déçu, d’autres ont agréablement surpris le marché. Globalement, ils restent en ligne avec les prévisions de certains analystes de la place qui ont tablé sur ce niveau de hausse de la masse bénéficiaire (+12%). Les jours qui viennent détermineront, à travers le comportement de l’indice Masi, à quel point le marché a bien accueilli les réalisations 2016. D’ici là, certains analystes demeurent confiants et maintiennent leurs prévisions pour 2017 avec une croissance de la masse bénéficiaire entre 7 et 8%.