Schizophrénie des marchés

En cette fin d’année, les banquiers d’investissement entament la tournée de leurs clients pour présenter le bilan de leurs recommandations en 2010 et leurs perspectives pour 2011. Et certains d’entre eux sont bien gênés. Car après avoir prédit la catastrophe économique tout au long de cette année, force est de constater que le bilan est étonnamment positif. Selon le consensus, la croissance mondiale a enregistré une progression confortable de 3,8%. Aux Etats-Unis, bien que le pays ne soit maintenu à flot que grâce aux aides étatiques, qui creusent le déficit à près de 10%, la croissance a été plus qu’honorable, à 2,9%. Même l’Europe, pourtant en pleine crise budgétaire et accablée par sa dette, reste sur une progression raisonnable à 1,7%. Malgré leurs soubresauts, les actions finissent aussi sur une bonne note. L’indice mondial FTSE affiche une performance de 8%, au-dessus de sa moyenne à long terme, et la plupart des grands indices ont retrouvé leurs niveaux d’avant 2008. Or, cuivre, énergie…, les matières premières profitent également de la croissance pour afficher de très belles performances.
Au final, les pessimistes ont eu globalement tort. Les turbulences ont été fréquentes, et les inquiétudes sur l’état du monde n’ont cessé de progresser. Pourtant, cette incertitude extrême a malgré tout accouché de résultats financiers plutôt positifs. Anticiper l’avenir est un exercice bien compliqué. La seule évidence est que l’on commencera 2011 avec de l’espoir, mais avec au moins autant d’incertitudes et de doutes…