Résultats 2014 : les sociétés cotées déçoivent encore !

Elles n’ont pas toutes su profiter de l’amélioration de la conjoncture nationale.
L’activité ressort en quasi-stagnation à  283,6 milliards de DH.
Les déficits de la Samir et d’Alliances ont plongé le résultat net global de 12,8%, à  22,6 milliards de DH.

Les résultats des sociétés cotées au titre de l’exercice 2014 ont déçu plus d’un. Alors que le bon cru du 1er semestre avait redonné espoir aux analystes, les six derniers mois ont complètement renversé la tendance. Les 9 profits warnings publiés ces dernières semaines ont d’ailleurs averti les investisseurs sur une dégradation notable des résultats (Samir, CMT, Managem, SMI, Alliances, Jet Contractors, Fenié Brossette, SRM et Zellidja). A fin 2014, le bénéfice net global de la cote a chuté de 12,8% par rapport à 2013 pour totaliser 22,6 milliards de DH. L’activité des sociétés cotées a, elle, généré un chiffre d’affaires de 283,6 milliards de DH, soit une petite hausse de 0,7%.

Tous les opérateurs de la place pensaient, au cours de l’année dernière, que l’amélioration de la conjoncture économique allait avoir un impact favorable sur la rentabilité des sociétés cotées. Mais des facteurs non pris en compte ont complètement changé la donne. Des secteurs comme l’énergie et les mines ont été pénalisés par les fluctuations des cours des matières premières à l’international. D’autres comme l’immobilier ont dû faire face au ralentissement de la demande et à des difficultés financières. Les mauvais résultats de ces secteurs n’ont pu être compensés par les performances de certains compartiments qui ont su profiter du redressement de la situation économique.

En tout cas, les réalisations commerciales des sociétés cotées ont été dopées surtout par l’activité des banques qui a généré un additionnel de 5,9 milliards de DH pour un chiffre d’affaires (produits d’exploitation) de 79,8 milliards. Quasiment toutes les banques ont contribué à cette performance (à l’exception de CDM), avec à leur tête Attijariwafa bank et la BCP qui ont réalisé un chiffre d’affaires en hausse de 2,2 et 2 milliards de DH respectivement. Ensuite, le secteur des assurances a tiré profit de la progression de l’activité sur les branches Vie et Non-Vie pour situer leur chiffre d’affaires à 13 milliards de DH, en croissance de 763 MDH. Le secteur des télécommunications n’est pas en reste. Il a contribué positivement cette fois-ci à la formation du chiffre d’affaires de la cote avec des revenus de 29 milliards de DH, en progression de 585 MDH grâce à la bonne tenue des filiales africaines et à l’atténuation de la baisse sur le marché marocain.
Mais en face, les secteurs de l’énergie et de l’immobilier ont rogné le revenu global respectivement de 4,9 et 3,9 milliards de DH. Le premier en raison du recul du volume de ventes couplé à la chute du prix du pétrole ; le second à cause de la baisse des ventes d’Addoha et de la méforme du pôle construction, résidentiel et golfique du promoteur Alliances Développement.

Et bien que la maîtrise des coûts opérationnels fut le mot d’ordre de l’ensemble des sociétés cotées, le résultat d’exploitation a perdu 2,8 milliards de DH pour se situer à 51,3 milliards. En cause encore une fois, La Samir qui, en raison de la baisse de ses marges de raffinage et de la dépréciation de ses stocks, a réalisé un résultat d’exploitation déficitaire de 2,6 milliards de DH, sachant qu’il pointait à 354,3 MDH un exercice auparavant. Aussi, les promoteurs immobiliers cotés ont vu leur résultat d’exploitation global baisser de 3 milliards de DH à 1,5 milliard et ce, en raison surtout du déficit d’exploitation d’Alliances avec 496 MDH et la diminution du résultat opérationnel de la CGI et d’Addoha de 411 MDH et 772 MDH respectivement. Ce repli a été partiellement compensé par le secteur bancaire qui a dégagé 3,3 milliards de DH de plus que l’année dernière grâce à la poursuite de la stratégie de contrôle des charges des banques cotées.
Dans ce contexte, le bénéfice de la cote a plongé de 12,8%, soit 3,3 milliards de DH en moins. Les secteurs de l’immobilier, de l’énergie et des mines l’ont conjointement amputé de 5,2 milliards de DH. Les déficits de la Samir de 2,5 milliards de DH et d’alliances de près de 1 milliard de DH y sont pour beaucoup. S’ajoute à cela l’effritement du résultat net des sociétés minières de 676 MDH à 598 MDH.

Il faut souligner que la masse bénéficiaire aurait pu s’effondrer davantage si les secteurs bancaire et des télécommunications n’avaient pas sauvé la mise. En effet, les banques ont participé avec 821 MDH de plus au résultat de la cote, situant leurs bénéfices à 9,6 milliards de DH, malgré la hausse du coût du risque global de 40%, à 11,5 milliards de DH. Maroc Telecom a lui aussi augmenté la masse bénéficiaire de 310 MDH, à 5,8 milliards de DH suite à la non-récurrence d’une charge exceptionnelle constatée en 2013, liée au règlement d’un litige fiscal. Et malgré un contexte toujours défavorable, le secteur des matériaux de construction a réussi à hisser son résultat net de 177,5 MDH, à 2,9 milliards de DH et ce, grâce à la performance de Sonasid et de Holcim, avec des hausses de 43,6 MDH pour la première et 227 MDH pour la seconde. Notons qu’en neutralisant l’effet des déficits de La Samir et d’Alliances, le résultat global de la cote ressort en stagnation par rapport à 2013.