Résultats 2011 : on espère au mieux 4% de croissance

Les télécoms, l’agroalimentaire et les cimenteries limiteront la croissance bénéficiaire de la cote. Les banques, les minières et les immobilières limiteront la casse.

Dans un contexte marqué par la perte de confiance des investisseurs en Bourse, en raison d’un contexte international et national difficile, la publication de résultats satisfaisants par les sociétés cotées serait de nature à rassurer le marché quant à la résilience des secteurs qui sont représentés à la cote. Or, les analystes qui prévoyaient l’année dernière une croissance de près de 10% des bénéfices des sociétés cotées au titre de 2011 ne s’attendent plus désormais qu’à une progression de 4%. Certains disent même que 4% de hausse constituerait un bon cru et craignent plutôt une stagnation des bénéfices par rapport à 2010.
Les professionnels ont revu à la baisse leurs prévisions de croissance en raison des résultats mitigés qu’ont publié les sociétés cotées au titre du premier semestre 2011. En effet, les bénéfices agrégés n’ont évolué que de 4,1% par rapport aux six premiers mois de 2010, alors que le marché s’attendait à une croissance d’au moins 9%.
Dans ces conditions, des sociétés de bourse comme Attijari Intermédiation ou CFG Group tablent sur un résultat net global de 31,5 milliards de DH, en hausse de 4,3% par rapport à 2010.
Pour Attijari Intermédiation, trois principaux secteurs d’activité devraient limiter la croissance des bénéfices de la cote en 2011, à savoir les télécoms, les cimenteries et les industries agroalimentaires. Maroc Telecom devrait en effet réaliser un chiffre d’affaires en recul de 1,1% par rapport à 2010 et dégager un bénéfice net en baisse de 10%, compte tenu de la recrudescence de la concurrence sur le segment du mobile au Maroc qui tire les prix des communications vers le bas.
Dans le ciment, c’est l’arrivée sur le marché de Ciments de l’Atlas qui devrait empêcher les opérateurs historiques du secteur de profiter de la croissance de la consommation nationale de ciment. Lafarge, Holcim et Cimar devraient ainsi, selon Attijari Intermédiation, dégager des bénéfices agrégés en hausse d’à peine 1,8% par rapport à 2010.
Quant aux industries agroalimentaires, elles devraient voir leurs bénéfices chuter de 23,8% au titre de 2011, impactées principalement par les contre-performances de Lesieur suite à l’envolée des cours des matières premières et à la disponibilité d’une huile d’olive à bas prix.
Face à ces secteurs, d’autres devraient permettre de limiter la casse. Il s’agit principalement du secteur bancaire, dont les bénéfices devraient s’inscrire en hausse de 7,6% par rapport à 2010, ainsi que des compagnies minières qui devraient doubler leur résultat net (prévision faite avant l’annonce par la SMI des perturbations au niveau de son usine de traitement d’Imiter). Il y a aussi le secteur de l’énergie, dopé par les réalisations de la Samir, qui devrait augmenter sa capacité bénéficiaire de 23,8%.