Rachat de crédit : ce n’est pas toujours intéressant

L’opération doit être réalisée durant la première moitié de la durée et seulement si le différentiel de taux est important. Le rachat est possible qu’il s’agisse d’un seul ou de plusieurs crédits.

Avec la montée de la concurrence sur le marché du crédit, le rachat de prêts a tendance à se démocratiser.
Dans sa formule de base, ce service accessible auprès de la plupart des banques et des sociétés de financement consiste à regrouper des prêts, éventuellement contractés auprès de différents établissements, pour ne supporter qu’une seule mensualité, jusqu’à 50% inférieure à la somme de toutes les mensualités prises séparément.

Naturellement, pour aboutir à cela, la durée du nouveau crédit est fixée au maximum proposé sur le marché : 84 mois en règle générale et jusqu’à 120 mois chez certains établissements pour les prêts à la consommation. Cela fait nécessairement augmenter le coût global du prêt, mais la formule reste très avantageuse pour une personne dont le souci majeur est de réduire le niveau de ses mensualités.
Cela dit, le rachat de crédit est aussi accessible aux clients qui n’ont qu’un seul crédit, en ce sens que ces derniers pourraient faire baisser leur mensualité en faisant racheter le prêt par un autre établissement. Cette opération donne nécessairement droit à des conditions plus avantageuses, ne serait-ce que parce que les offres actuelles du marché, en termes de plafond, de taux et de durée, sont plus favorables qu’auparavant.

Cependant, pour tirer pleinement avantage d’un rachat de crédit, certains paramètres se doivent d’être bien étudiés. Il y a d’abord la durée écoulée du crédit en cours. Si l’on considère l’exemple d’un crédit à long terme, tel un emprunt immobilier contracté sur 20 ans, le rachat n’est vraiment intéressant que pendant les sept premières années, selon les conseillers bancaires. La raison en est que c’est sur les premières mensualités du prêt que le plus gros des intérêts est payé, la part revenant aux intérêts étant prédominante durant cette phase et elle a par la suite tendance à se réduire au fur et à mesure des remboursements. Sachant cela, une personne ayant honoré ses échéances pendant la phase initiale de son crédit n’a que très peu intérêt à le faire racheter par la suite, l’économie sur le différentiel de taux n’étant plus aussi intéressante.
Le différentiel de taux est justement un autre point à observer de près. Les professionnels estiment qu’il doit être au minimum de 150 points de base. C’est qu’avant d’en venir à l’économie réalisée grâce à l’opération, il y a lieu de couvrir certains coûts.
Il faut en effet savoir que le rachat de crédit donne lieu à un nouveau prêt, et donc à de nouveaux frais annexes. Dans le cas spécifique d’un crédit immobilier, la liste des charges s’allonge. En effet, en cas de rachat d’un prêt immobilier il faut payer une seconde fois les frais d’hypothèque, la taxe notariale, les honoraires du notaire et les frais de dossier et d’assurance du nouveau crédit. Réaliser une simulation de l’opération de rachat avec tous les paramètres est donc plus qu’indiqué avant de franchir le pas.