Rachat d’actions : 12 millions de titres achetés et vendus à  fin novembre 2009

18 programmes de rachat ont été actifs cette année sur les 20 autorisés par le CDVM.
Ceux de BMCE Bank, Atlanta, Maroc Telecom et Samir ont été les plus animés.
Malgré la baisse de leurs cours, certaines sociétés n’ont acquis aucune de leurs actions dans le cadre de leurs programmes.

Les programmes de rachat d’actions en vue de réguler les cours ont été plébiscités par les sociétés cotées cette année. Plus de 12 millions de titres ont été achetés et vendus dans le cadre de ces opérations jusqu’à fin novembre, soit le niveau le plus  élevé historiquement ayant généré un volume de près de 4 milliards de DH.
Cet engouement s’explique par trois principaux facteurs. Le premier est relatif au nombre de programmes de rachat autorisés par le Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM) cette année. A fin novembre, on comptait 20 programmes en vigueur, alors qu’ils n’étaient que 12 un an auparavant. Le deuxième facteur est plutôt lié à la tendance du marché boursier. La baisse quasi généralisée des cours depuis le début de l’année a, en effet, poussé plusieurs sociétés disposant de programmes de rachat à acquérir leurs propres actions pour limiter la chute de leurs cours. Quant au troisième facteur expliquant cet engouement, il concerne une seule société, BMCE Bank, qui a cédé 6,35 millions de ses actions détenues dans le cadre de son programme de rachat à la Banque fédérative du Crédit Mutuel (BFCM), holding détenant le groupe CIC.
Il est clair qu’en neutralisant l’effet exceptionnel de cette opération, le volume des programmes de rachat traité jusqu’à fin novembre tombe à moins de 6 millions de titres échangés. Mais il n’en demeure pas moins que le recours par les sociétés cotées à cet instrument de régulation a été plus marqué cette année par rapport aux exercices précédents.
Sur les 20 programmes qui étaient en exercice durant les onze premiers mois de 2009, 18 ont été actifs, c’est-à-dire ayant enregistré au moins une opération d’achat ou de vente. Ceux de la BCP et de la Snep n’ont, en revanche, donné lieu à aucune transaction. Et parmi ces 18 programmes actifs, celui de BMCE Bank a été le plus dynamique. Même en annulant les 6,35 millions actions cédées au groupe CIC, la banque se maintient en première position. Elle a de fait acquis durant l’année 2,75 millions de ses propres titres, dont plus de la moitié pendant le mois de novembre. Au cours moyen pondéré de 220 DH sur les onze mois de 2009, le volume à l’achat généré par BMCE se monte à plus de 600 MDH. Un niveau important que les analystes expliquent par la volonté de la banque de contrer la pression vendeuse sur ses titres après le retrait de la valeur de la composition d’un indice international très répliqué par les investisseurs étrangers (le Morgan Stanley Capital International-MSCI).
L’opérateur Maroc Telecom a également été très actif sur son programme de rachat. Il a acquis tout au long de l’année plus de 620 000 actions et il en a cédé 611 000. L’assureur Atlanta a, de son côté, acheté près de 300 000 de ses actions et en a vendu 120 000, et Samir, qui a démarré son programme en mars, a acquis plus de 170 000 de ses propres titres pour seulement 3 000 actions vendues. En outre, plusieurs petites valeurs se sont aussi montrées dynamiques. C’est le cas par exemple de Cartier Saâda qui détenait 20 000 actions début janvier et qui en a acheté plus de 66 000 durant l’année, de Timar qui a porté ses propres actions détenues de 1 300 à 10 900, et de Label’Vie qui a soutenu son cours en achetant près de 30 000 de ses actions.
En face, il y a des sociétés qui, malgré la baisse de leurs cours, n’ont pas activé leurs programmes de rachat. C’est le cas en particulier de la Snep, qui a baissé de 8% cette année et qui n’a effectué aucune opération de rachat, et d’Addoha dont le cours a reculé fortement suite aux rumeurs qui circulaient sur sa santé financière et qui, au lieu de racheter ses titres, a procédé à la cession de 500 000 actions.
Pour la CGI, son cours a certes baissé significativement en novembre en raison de son retrait, à l’instar de BMCE Bank, de l’indice international MSCI. Mais la société ne pouvait agir sur ses actions vu que son programme avait pris fin en juin dernier. Enfin, en ce qui concerne la BCP, les analystes expliquent que la stabilité et la bonne tenue de son cours ne justifiaient pas une intervention via son programme de rachat.