Quels placements privilégier au second semestre

La bourse et les fonds actions sont recommandés en dépit de la méforme du marché.
La rémunération des produits de taux ne devrait pas se rétablir.
Les dépôts à  terme demeurent toutefois un placement intéressant.

Les rendements des placements financiers continuent de subir des pressions. Après un début d’année favorable en bourse, la donne a complètement changé. Le marché a effacé ses gains à la fin du premier semestre, décevant l’ensemble de la communauté financière. Actuellement, nombre de professionnels ont revu leurs recommandations. Certains conseillent les investisseurs de s’orienter vers d’autres produits d’épargne au moment où d’autres gardent espoir et préconisent de rester en bourse.

Sur le marché des taux, la situation n’est guère reluisante. Les taux des bons de Trésor ont atteint lors du premier semestre leur plus bas historique. Malgré quelques corrections techniques à la hausse, initiées par des institutionnels exigeant un rendement plus élevé, ils ont fini par renouer avec la baisse. Cette situation n’a pas manqué de peser sur la rémunération des comptes sur carnet, sachant qu’elle est indexée sur la courbe primaire des taux des bons de Trésor (échéance 52 semaines). Il en est de même pour les OPCVM investis en obligations. Du reste, les dépôts à terme, dont les taux sont librement fixés par les banques, rapportent toujours une rémunération intéressante et l’assurance-vie demeure un placement avantageux mais réservé à une clientèle avec un horizon de placement à long terme (voir encadré).
Dans ce contexte, vers quels placements faudrait-il s’orienter durant ce second semestre ?
L’on peut d’ores et déjà affirmer que les investisseurs qui auront opté pour les bons du Trésor ou les comptes sur carnet auront droit à des rendements faibles. Par contre, les placements risqués devraient proposer des rémunérations satisfaisantes.
Si l’investissement en bourse ne semble plus intéressant pour certains analystes, d’autres estiment que le marché a de fortes chances de se ressaisir au terme de cette année.

La volatilité de la bourse divise les analystes

La première catégorie, plus méfiante et plus pessimiste qu’auparavant, considère que la bourse réagit plus fortement aux mauvaises nouvelles qu’aux bonnes. En effet, l’introduction en bourse de Total Maroc a maintenu le marché en hausse pendant seulement quelques semaines, alors que le recul de la masse bénéficiaire à fin 2014 l’a plombée pendant des mois. Et comme les introductions en bourse se font rares et les réformes tant réclamées, pouvant dynamiser le marché, tardent à être enclenchées, le marché devrait clôturer l’année, selon ces professionnels, sur une note légèrement négative à nulle. Elle serait toutefois ponctuée par des rebonds techniques ; mais qui seraient annulés par des mouvements de prises de bénéfices…, bref, rien de surprenant !

Ces prévisions ne conviennent pas à la seconde poignée d’analystes qui croit dur comme fer que le marché devrait finir l’année sur une note appréciable. Cet avis tient compte notamment des résultats au titre du premier semestre 2015 qui devraient ressortir en hausse, ne serait-ce qu’en tenant compte de la non-récurrence de quelques éléments défavorables ayant pénalisé de grandes sociétés cotées en 2014. En effet, l’impact des mauvaises prestations des compagnies immobilières devrait être totalement consommé, avec le retrait de la cote de la CGI et le redressement des deux autres promoteurs. Parallèlement, la tendance baissière du marché devrait être renversée par les introductions en bourse attendues durant le semestre courant, à savoir celles de Marsa Maroc, Mutandis… En tout cas, selon leurs estimations, le Masi devrait réaliser une performance comprise entre 5 et 10%.

Cela dit, le placement direct en bourse est réservé aux investisseurs risquophiles et qui ont un horizon de placement assez long, de 4 ans au minimum. Il leur est ainsi recommandé de s’y positionner dès à présent d’une manière progressive, et ce, en misant sur quelques valeurs (voir encadré). Néanmoins, pour les investisseurs qui ont une certaine aversion au risque, mais qui cherchent un bon couple rendement/risque, il est préférable qu’ils s’orientent vers les OPCVM actions. En plus d’une gestion professionnelle de l’épargne, l’investisseur bénéficierait d’un rendement plus intéressant s’il recourt directement au marché actions. D’ailleurs, les OPCVM actions font nettement mieux que le marché. Selon les dernières statistiques du CDVM, l’indice de performance des fonds actions est en progression de 2% alors que le Masi est en quasi-stagnation (+0,4%).

Plus que 1,5% net de rendement pour les comptes sur carnet

En ce qui concerne les produits de taux, les rendements devraient rester bas, conformément à la tendance des derniers mois. Ainsi, les analystes déconseillent le placement dans les bons de Trésor, du moins d’ici la fin de cette année en raison des besoins de financement de plus en plus réduits du Trésor. Ce qui pousse les analystes à écarter le placement dans les bons du Trésor, ce sont également les prochaines rentrées de cash que devrait recevoir l’argentier du Royaume, aussi bien au titre du 2e et 3e acompte de l’Impôt sur les sociétés qu’au titre des différents dons provenant de divers pays. Ceci devrait tirer les taux vers le bas ou du moins les maintenir à leur niveau actuel. Cela sans évoquer une probable sortie du Trésor à l’international. Du coup, l’investissement dans les nouveaux titres impliquerait un rendement bas.

Cette situation devrait, de facto, affecter le rendement des OPCVM obligataires. Toujours est-il que le rendement des fonds à long terme devrait rester parmi les plus intéressants dans la catégorie des produits de taux. Il est prévu qu’ils rapportent entre 3% et 3,5% d’ici à la fin de l’année. Pour les investisseurs averses au risque, préférant une rémunération certaine bien que faible avec un risque nul et une liquidité immédiate, ce rendement reste plus attractif que ceux des fonds obligations court terme ou monétaires qui, eux, devraient finir l’année sur une performance comprise entre 2 et 2,5%. Cette dernière rémunération reste à son tour plus intéressante que celle des comptes sur carnet. Ces derniers rapporteront au second semestre 2,12%, un taux en baisse de 31 points de base sur un semestre, soit même pas 1,5% net de la TPPRF.

Enfin, s’agissant des dépôts à terme, même si la rémunération est sur une tendance baissière depuis le début de l’année, avec 42 points de base de moins pour les comptes bloqués sur 6 mois (3,5% en moyenne à fin avril selon les dernières données de Bank Al-Maghrib), il n’en demeure pas moins qu’elle reste parmi les plus intéressantes. Notons que les DAT sur 12 mois offrent un rendement assez stable tournant autour de 3,88%.

Il faut dire que les banques ne fournissent plus autant d’efforts qu’il y a deux ans pour attirer les gros déposants en leur offrant des taux d’intérêt alléchants. Si effort il y a, il est fourni pour la clientèle acquise et non pour les nouveaux déposants. En cause, l’amélioration du déficit de liquidité du secteur. En outre, le coût de refinancement des banques auprès de Bank Al-Maghrib a considérablement diminué consécutivement aux 2 abaissements du taux directeur à 2,5%. Ceci a poussé les banques à lever le pied dans la course aux DAT.