Pourquoi il faut préférer les OPCVM à  l’investissement direct en Bourse

Produit grand public par excellence, de nombreux épargnants ignorent tout de son fonctionnement et de ses avantages.
Liquidité totale, diversification et gestion professionnelle expliquent son succès.
Ses sous-jacents sont adaptés à différents profils de risque.

On ne vantera jamais assez les mérites des Organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM). Ces instruments de la gestion collective ont rapidement conquis les cœurs et surtout les portefeuilles des épargnants. Et leur succès continue encore. Depuis le début de l’année, l’actif géré a évolué en moyenne de 37 %, s’établissant, au 25 juin dernier, à 81,2 milliards de dirhams. L’embellie de la Bourse aidant, mais pas seulement.
Toutefois, plusieurs investisseurs, pourtant habitués aux rouages du marché, ne cernent pas parfaitement le fonctionnement d’un OPCVM pour ne pas dire qu’ils n’en connaissent que le nom. La confusion est parfois totale avec d’autres instruments de placement et si le terme OPCVM jouit d’une présence certaine dans toutes les agences bancaires, journaux spécialisés (et de plus en plus généralistes), ce n’est pas pour autant que le pari de la vulgarisation est gagné.

Plus besoin de suivre vos placements au quotidien
Si les OPCVM s’imposent aujourd’hui comme vecteur d’investissement par excellence, c’est grâce à la réponse qu’ils donnent aux préoccupations des investisseurs. Ces derniers se trouvent confrontés à un manque d’informations sur le marché et sur les sociétés qui le composent. Ils n’ont ni le temps ni la technicité nécessaires pour suivre, au quotidien, l’évolution des cours des sociétés qui composent leur portefeuille. Ils ont besoin d’un matelas de sécurité et d’une bonne assise financière pour détenir directement des titres en Bourse tout en diversifiant au maximum pour réduire le risque d’exposition. Ils craignent de se retrouver «coïncés» avec une action illiquide… Un OPCVM répond à la majorité de ces préoccupations puisqu’il est géré par des professionnels dont le seul métier est le suivi du marché et l’optimisation du couple risque/rentabilité. Face à l’accroissement du volume des informations à caractère économique et de la vitesse de leur diffusion, l’investisseur risque d’être rapidement dépassé. De plus, « pour pouvoir bien utiliser une information il faut d’abord se la procurer, avoir le temps d’en prendre connaissance, disposer de l’expérience nécessaire pour en apprécier la portée et avoir les connaissances techniques des produits financiers de plus en plus sophistiqués. Toutes ces contraintes incitent au recours à des gestionnaires professionnels », commente Abdelhak Boumehraz, président de l’ASFIM, l’Association des gestionnaires d’OPCVM. Des gestionnaires qui invoquent souvent la diversification comme argument de sécurité des capitaux investis. Le vieil adage dit bien qu’il ne faut jamais mettre tous ses œufs dans le même panier. Idem pour l’investissement. Tous les traders vous diront que le fait de miser sur une seule valeur peut ruiner un épargnant si, par malheur, cette dernière arrive à s’effondrer. Dans le cas des OPCVM, c’est même une obligation. Les règles prudentielles imposées aux gérants de ces instruments d’épargne les obligent en effet à diversifier les investissements afin de diminuer le risque du portefeuille. Elle leur interdit par exemple d’investir plus d’un certain pourcentage (10 %) de l’actif de l’OPCVM dans les actifs d’une même société ou de détenir une participation trop importante du capital d’une société… En réduisant le degré d’exposition aux aléas du marché, la diversification rend possible une compensation entre les pertes des uns et les gains des autres. Seul hic, ce n’est pas toujours possible de le faire car diversification signifie aussi, souvent, l’obligation d’avoir de gros moyens financiers. Les OPCVM répondent parfaitement à ce point puisqu’ils « mutualisent » les moyens de plusieurs investisseurs et diversifient, en leur nom, le portefeuille.
« Les épargnants ne disposant pas de capitaux suffisamment importants se tournent vers les organismes de gestion collective dans lesquels, tout en bénéficiant des services de professionnels de haut niveau et de la sécurité qu’apporte la diversification d’un portefeuille, ils peuvent intervenir pour des montants beaucoup plus faibles en achetant une fraction d’un actif pouvant valoir des milliards de dirhams», appuie M. Boumehraz. Il faut dire qu’il est possible d’accéder à ce genre d’investissement à partir d’une mise initiale de… 100 dirhams. Rien que ça ! Et comme les OPCVM sont gérés dans le cadre d’une communauté d’intérêts, les petits épargnants ont la garantie d’être aussi bien servis que les gros.

Des frais raisonnables compte tenu du degré de technicité requis
C’est certainement là l’un des facteurs du succès des OPCVM. Selon les dernières statistiques disponibles, le nombre de parts ou d’actions des OPCVM actuellement commercialisés est de l’ordre de 53,8 millions. Elles sont détenues par quelque 22 000 investisseurs. L’autre élément de succès est, bien entendu, la liquidité de l’investissement. Un OPCVM est par définition liquide en effet. Son capital est variable, ce qui veut dire que vous pouvez à tout moment acquérir des fractions de capital ou en rétrocéder. Le gestionnaire (l’OPCVM lui-même en réalité) est obligé de vous racheter vos parts si vous souhaitez vous en débarrasser ou de vous en vendre si vous désirez intégrer la communauté des souscripteurs de son fonds.
C’est là un avantage énorme que vous n’êtes pas certain de trouver dans le cas d’un investissement direct en Bourse où l’on compte par dizaine le nombre des valeurs illiquides.
Question frais, les coûts de courtage et les droits de garde sont plutôt faibles. Il faut également s’acquitter de droits à l’occasion de chaque entrée ou sortie d’un fonds. Toute transaction sur l’OPCVM (achat ou vente) se fait sur la base d’une valeur liquidative, calculée hebdomadairement ou, le cas échéant, quotidiennement. Laquelle valeur sera majorée d’une commission de souscription appelée droit d’entrée ou minorée d’une commission de rachat appelée droit de sortie. « Ces droits ont pour but de faire payer au nouvel actionnaire ou à l’actionnaire sortant les frais qu’entraîne son arrivée ou sa sortie, et qu’il serait injuste de faire supporter aux anciens actionnaires seuls », justifie un gestionnaire de la place.
Mais, là aussi, ces frais sont réduits. Ils vont de 0 à 3 % de l’investissement et sont souvent nuls pour les OPCVM monétaires et court terme

Plus de 22 000 personnes ont fait confiance aux OPCVM. Elles détiennent plus de 53 millions de titres ou parts en circulation, qui forment un actif géré de plus de 80 milliards de dirhams.