pour les cimenteries cotées

Lafarge a dépassé les attentes avec un bénéfice en hausse de 40%.
Holcim en ligne avec les prévisions avec une croissance de 20%.
Progression des ventes inférieure à  celle du marché et bénéfice part du groupe
en baisse pour Cimar.
Les trois cimenteries se préparent à  l’arrivée des nouveaux opérateurs en augmentant
leurs capacités de production.

Les résultats annuels des cimenteries cotées en Bourse au titre de l’exercice 2007 sont assez disparates d’une société à  l’autre. Si Lafarge Ciments affiche des réalisations dépassant largement les attentes du marché, Holcim a enregistré une croissance en ligne avec les prévisions. Alors que Ciments du Maroc fait état de réalisations mitigés. Néanmoins, les trois cimenteries affichent globalement des résultats satisfaisants, tirant profit du dynamisme du secteur du BTP et de la poursuite des travaux d’infrastructures routières et touristiques.

Lafarge Ciments a dépassé les prévisions des analystes en réalisant un chiffre d’affaires en hausse de 16,7%, à  4,3 milliards de DH. Son résultat net part du groupe s’est apprécié de 40,4%, à  1,45 milliard de DH. Ces réalisations sont le fruit de la capacité de la société a anticiper la progression de la demande du marché et de la bonne maà®trise des charges suite à  l’amélioration de la productivité de l’outil industriel. En témoigne le résultat d’exploitation qui est passé de 1,4 MDH à  1,9 MDH, soit une croissance de 35,5% par rapport à  2006.

Concernant Holcim, elle a enregistré des résultats en ligne avec les attentes des analystes. En effet, la cimenterie a réalisé un chiffre d’affaires en hausse de 19,2%, s’établissant à  2,3 milliards de DH grâce à  la progression de 20% de ses ventes de ciment. Son résultat d’exploitation a marqué pour sa part une croissance de 26,3% par rapport à  l’année 2006 suite à  l’amélioration des performances techniques et à  la réduction des coûts. Dans le même sens, le résultat net part du groupe a atteint 525,8 MDH, en progression de 20,8% par rapport à  l’année 2006.

Quant à  Ciments du Maroc, elle a inscrit des résultats décevants et inférieurs aux prévisions. La société a en effet réalisé une croissance de 11,1% de ses ventes de ciments contre une progression de 12,6% pour l’ensemble du marché. Cet écart s’explique par le positionnement du groupe dans le sud du Maroc, région qui sous-performe largement les autres parties du pays en termes de projets. Le chiffre d’affaires enregistré par Cimar s’est ainsi inscrit en dessous des prévisions, avec 3,08 milliards de DH contre 3,1 milliards de DH. Au niveau des performances techniques, la marge opérationnelle du cimentier s’est effritée de 4,3 points, passant de 36,3% à  32% en raison d’une forte hausse des charges d’exploitation, suite au renchérissement des coûts du combustible et à  l’importation de clinker à  des prix élevés pour faire face à  la demande en raison de problèmes techniques dans les usines. A cet effet, le résultat net part du groupe a baissé de 5,2%, à  709,8 MDH, détériorant au passage la marge nette de 4,8 points pour la ramener à  22,9%.

En ce qui concerne les perspectives, les trois cimenteries sont en phase avec l’évolution sectorielle ainsi qu’avec l’accroissement de la demande suite aux différents projets et chantiers en cours. «Les perspectives optimistes affichées par ces sociétés trouvent leur origine dans une logique de continuité de la dynamique impulsée par la ferme implication du gouvernement marocain dans l’avancement de sa feuille de route», explique un analyste d’Attijari Intermédiation.

Compte tenu de la bataille que le secteur du ciment est sur le point de connaà®tre entre ses opérateurs à  l’occasion de l’arrivée de nouveaux entrants, comme Addoha et Ynna Holding, les trois cimenteries ont pour objectif d’investir dans de nouvelles capacités de production. Ceci, afin de répondre au mieux à  la demande et de réaliser des économies d’échelle qui leur permettront d’offrir un meilleur rapport qualité/prix et une présence régionale très forte.
Ainsi, Lafarge Ciments entend accélérer le rythme de ses investissements pour pouvoir élargir sa capacité de production de trois millions de tonnes supplémentaires dans les années à  venir. Cimar, pour sa part, est en train d’augmenter ses capacités de broyage de ciment et de production de clinker dans sa propre usine et de construire une nouvelle usine dans la région d’Agadir, d’une capacité de production de deux millions de tonnes. De même pour Holcim qui a décidé de doubler sa production de clinker dans son usine de Fès pour atteindre 870 000 tonnes. Ceci lui permettra de porter sa capacité globale de production à  4,7 millions de tonnes par an. L’objectif des stratégies adoptées par les trois cimenteries est de préserver leurs parts de marché et d’assurer l’approvisionnement d’un marché en pleine croissance.